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COMMUNION

Grec koïnônia, de koïnos, adj. qui signifie : commun à plusieurs personnes.

1. Koïnônia, comme le subst. koïnônos, a d'abord le sens d'associé, de compagnon, d'ami. Les apôtres de Jérusalem donnent à Paul et Barnabas « la main d'association » (Ga 2:9) ; Paul en appelle à l'amitié de Philémon (Phm 1:17) ; Jacques et Jean sont les associés de Simon (Lu 5:10). D'où l'idée de participation à un effort, à une oeuvre, à un crime (Mt 23:30, cf. 2Jn 11,1Ti 5:22, comp. aussi 2Co 6:14).

2.

Dans plusieurs textes, koïnônia désigne la participation des chrétiens à « l'assistance que l'on doit aux saints » (Ro 15:26). Il s'agit ici du devoir des chrétiens aisés de faire part de leurs biens aux chrétiens déshérités. Par ceux-ci, on entendait avant tout, à l'origine, les membres de l'Église de Jérusalem, que leur excommunication de la synagogue avait mis au ban de la société et privés des moyens de gagner leur vie. On disait : « communion dans la diaconie », c'est-à-dire participation au service fraternel, aux distributions charitables (2Co 8:4). A lui tout seul le mot koïnônia est quelquefois l'équivalent de « libéralité », « contribution », « collecte » (2Co 9:13) et suffit pour désigner le devoir d'assistance (Heb 13:16, cf. Ro 12:13, Ga 6:6, Php 4:16). Le chrétien doit être koïnônikos, c'est-à-dire prompt à donner (1Ti 6:18).

3.

Inversement, koïnônia, au sens philosophique et religieux, indique la participation d'un individu aux caractères de la nature humaine ou de la nature divine, ainsi qu'aux biens spirituels (Ro 15:27). Jésus a participé au sang et à la chair (Heb 2:14). Dans les Mystères païens, le repas sacré faisait de l'initié le participant de l'énergie de son dieu. L'initié se nourrissait matériellement de son dieu. Ainsi, dans un texte magique il est dit à la coupe : « Tu es du vin et tu n'es pas du vin, mais tu es les entrailles d'Osiris. » C'est à cette communion que Paul fait allusion quand il dit aux Corinthiens : « Je ne veux pas que vous entriez dans la koïnônia des démons » (1Co 10:20). Quant à la koïnônia obtenue par la participation au repas du Christ, le repas de la Cène, elle est d'un autre ordre. D'abord parce que le Christ est une victime réelle, qui a donné, dans l'histoire, sa chair et son sang pour la rédemption des pécheurs, et qui a annoncé lui-même son sacrifice avant de l'accomplir (Mt 16:21-23, Mr 14:21, Lu 20:9-19 etc.) ; ensuite parce qu'après avoir dit : qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, il a ajouté que ces paroles étaient d'ordre spirituel et que la chair en elle-même ne sert de rien. Ainsi pouvons-nous comprendre que la communion à laquelle Jésus appelle ses disciples dans le repas de la sainte Cène est une communion à son Esprit, une participation à sa vie divine, mystiquement liée au geste symbolique qu'il accomplit lorsqu'étant là, à table, présent et vivant dans son corps, il dit en langue araméenne : « Ceci, mon corps » (Mr 14:22 ; voir Cène). La représentation de son corps par le pain et de son sang par la coupe enseigne aux chrétiens que la communion à laquelle ils sont appelés par leur Maître est une commémoration de sa mort, une acceptation de la rançon qu'il a payée, un engagement dans leur devoir de rachetés, devoir ainsi formulé par saint Paul : « Je vous exhorte, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps en sacrifice vivant, saint, acceptable par Dieu, ce qui est votre culte rationnel » (Ro 12:1). La communion de la chambre haute s'accomplit au-dessus de toute matérialité, dans l'ordre de la moralité la plus élevée. C'est la communion spirituelle où se réalise le culte en esprit du Dieu qui est Esprit (Jn 4:23 et suivant).

4.

Nous atteignons ici au sens de koïnônia =communion de la nouvelle créature avec la divinité : la communion en Jésus (1Co 1:9), au sang de Jésus (1Co 10:16), aux souffrances du Christ (Php 3:10,1Pi 4:13), avec le Dieu qui est lumière (1Jn 1:6 et suivant), avec le Père et le Fils (1Jn 1:3) et par le don du Saint-Esprit (2Co 13:13), participation à la nature divine (2Pi 1:4) et à la gloire `qui doit apparaître (1Pi 5:1). Tous ces traits, qui caractérisent la communion chrétienne avec Dieu et Jésus, sont résumés dans cette définition de Paul aux Éphésiens : la koïnônia du mystère de Christ, mystère caché de toute éternité en Dieu, le créateur de toutes choses (Eph 3:4-9, comp. Col 1:27 2:2 4:3). Ce mystère, c'était l'oeuvre de la rédemption et du rétablissement de l'humanité dans la filialité divine. Nul n'a mieux compris et retenu l'enseignement du Christ sur cette koïnônia que l'apôtre Jean, qui en expose les conditions et les effets dans les pages où il rapporte les entretiens de la chambre haute (Jn 14 Jean 15 Jean 16). Méditer ici l'image du cep et des sarments (Jn 15:1,11), avec la parole centrale : « Demeurez en moi et je demeurerai en vous ». (cf. Jn 14:21,23) A ces déclarations répondent les affirmations de Paul : « Christ est ma vie » (Php 1:21), « ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi » (Ga 2:20). On voit par là que cette koïnônia n'est pas un état de passivité, une extase mystique, mais qu'elle garde à tous ses degrés son caractère primordial de « participation ». Dans ses conditions comme dans ses privilèges, elle manifeste chez le chrétien qui en jouit des bénédictions reçues et des devoirs à accomplir. L'humain et le divin ne se pénètrent que par une action réciproque. Dieu se donne à l'homme par la grâce de Jésus-Christ, l'homme se donne à Dieu par la foi en vue du service chrétien. Aussi la communion avec la divinité n'existe-t-elle réellement que là où elle porte ses fruits dans la communion fraternelle (1Jn 3:10 4:21).

5.

La communion fraternelle est la koïnônia où s'exprime la réalité de notre communion avec Dieu et Jésus. Aussi le Maître et ses apôtres reviennent-ils sans cesse sur ce sujet. (cf. 1Jn 3:16, Php 2:1 1:5, Phm 1:6,1Jn 1:3, Heb 10:33) Jésus donne les principes de cette communion dans le Sermon sur la montagne (Mt 5 Matthieu 6 Matthieu 7). Paul en formule les conditions dans 1Co 13. Jean lui consacre toute sa grande épître (1 Jn). Dans la prière sacerdotale, elle est l'objet central de l'intercession du Christ : « Qu'ils soient un, comme nous sommes un » (Jn 17:11,20 et suivant). Pour Jésus, la « communion des saints », que proclamera plus tard le Symbole des apôtres, est l'argument décisif qui convaincra le monde de la réalité de la rédemption. En effet, les divisions au sein de la famille humaine sont le fruit direct de la chute ; de même, la communion fraternelle rétablie parmi les chrétiens de tous temps, de tous peuples, de toute opinion, est la preuve qu'une force régénératrice est entrée dans l'humanité, que le racheté du Christ est vraiment une nouvelle créature et que le Royaume de Dieu est reconstitué sur la terre usurpée par Satan. Un croyant qui sait à quel prix Jésus l'a aimé et qui a vraiment conscience de ce que Jésus a fait pour lui, ne peut pas ne pas éprouver de la joie a vivre en commun avec ceux qui ont expérimenté les mêmes grâces et qui sont l'objet du même amour. Ce qui peut séparer : notion ou forme du service, lui apparaît secondaire auprès de ce qui unit : le service lui-même. C'est ce qu'avaient compris les apôtres de Jérusalem quand ils admirent Paul dans leur koïnônia (Ac 15, Ga 2:9). La grande hérésie dans le monde chrétien n'est pas d'ordre intellectuel, elle est d'ordre moral ; elle est dans le fait que les disciples qui se réclament du même Sauveur et participent aux mêmes bénédictions spirituelles se refusent à s'aimer, à se comprendre, à se supporter, à s'entr'aider les uns les autres, et qu'ils en viennent même, sous prétexte de zèle, à haïr et à persécuter des frères (Php 2:1 et suivant, 1Co 1:10,16, Ga 5:13-15 Mc 3:24).

Au contraire de cet état de choses, que nous voyons sévir dans toute l'histoire de l'Église à travers les siècles et qui suffirait à expliquer la grande pitié du Royaume de Dieu sur la terre après dix-neuf siècles de prédication de l'Évangile, nous voyons dans l'Église primitive de Jérusalem la communion fraternelle s'exprimer spontanément en communauté des biens. Les prophètes messianiques avaient déjà dit à l'Israélite fidèle : « Partage ton pain avec celui qui a faim » (Esa 58:7). La première communauté de Jérusalem, dans l'enthousiasme de la fraternité en Christ et aidée dans son geste par la conviction que Jésus allait bientôt reparaître, poussa la solidarité chrétienne jusqu'à mettre tout en commun (Ac 2:42,47). C'était la koïnônia sociale dans sa réalisation la plus émouvante : « Personne ne disait que ce qu'il possédait fût à lui en particulier » (Ac 4:32). Mais ne faisons pas dire aux textes ce qu'ils ne renferment pas. La communauté des biens qui manifesta la communion fraternelle à l'aurore de l'Église n'avait rien du bouleversement économique que le communisme préconise de nos jours. Tout y était volontaire et individuelle expression des sentiments du coeur. Le droit de propriété comme le droit pour chacun de disposer de ce qui lui appartient n'était pas contesté. Nous en avons la preuve éclatante dans ces paroles de Pierre à Ananias : « Si tu n'avais pas vendu ton champ, ne te serait-il pas resté ? et après l'avoir vendu, n'étais-tu pas libre d'en garder le prix ? » (Ac 5:4). C'est pourquoi nous voyons bientôt, dans les Actes (Ac 6), les nécessités imposées par le développement de l'Église et par les persécutions qu'elle souffrait, amener la koïnônia à s'exprimer dans la diakonia, le service fraternel où les chrétiens qui ont des biens temporels se montrent empressés à subvenir aux besoins. des frères dans le dénuement. De ce que la diakonia s'est pervertie dans la suite en aumône, laissant subsister le paupérisme et même l'entretenant au sein de l'Église, il ne faut point conclure que les chrétiens ont trahi le christianisme en abandonnant la primitive communauté des biens, mais simplement qu'ils sont devenus incapables de la communion fraternelle qui inspire le véritable amour des grands pour les petits, des heureux pour les malheureux et qui permet, dans la liberté des initiatives, l'organisation familiale du Royaume de Dieu fondé par Jésus-Christ. Alex. W.

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      Esaïe 58

      7 N'est-ce pas que tu partages ton pain avec l'affamé ; que tu fasses entrer dans ta maison les malheureux errants ; que tu revêtes ceux que tu vois nus, et ne te détournes pas de ton semblable ?

      Matthieu 5

      1 Or Jésus, voyant la multitude, monta sur une montagne ; et lorsqu'il fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.
      2 Et ouvrant sa bouche, il les enseignait, en disant :
      3 Heureux les pauvres en esprit ; car le royaume des cieux est à eux.
      4 Heureux ceux qui sont dans l'affliction ; car ils seront consolés.
      5 Heureux les débonnaires ; car ils hériteront de la terre.
      6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice ; car ils seront rassasiés.
      7 Heureux les miséricordieux ; car ils obtiendront miséricorde.
      8 Heureux ceux qui ont le coeur pur ; car ils verront Dieu.
      9 Heureux les pacifiques ; car ils seront appelés enfants de Dieu.
      10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice ; car le royaume des cieux est à eux.
      11 Vous serez heureux lorsqu'à cause de moi on vous dira des injures, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte de mal.
      12 Réjouissez-vous et tressaillez de joie, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car on a ainsi persécuté les prophètes qui ont été avant vous.
      13 Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? Il ne vaut plus rien qu'à être jeté dehors, et à être foulé aux pieds par les hommes.
      14 Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée ;
      15 Et on n'allume point une lampe pour la mettre sous un boisseau, mais sur un chandelier ; et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
      16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes ouvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.
      17 Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
      18 Car je vous le dis en vérité, jusqu'à ce que le ciel et la terre aient passé, il ne passera pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre que tout ne soit accompli.
      19 Celui donc qui aura violé l'un de ces plus petits commandements, et qui aura ainsi enseigné les hommes, sera estimé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les aura observés et enseignés, celui-là sera estimé grand dans le royaume des cieux.
      20 Car je vous dis que si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.
      21 Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; et celui qui tuera sera punissable par les juges.
      22 Mais moi je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sans cause, sera punissable par le tribunal ; et celui qui dira à son frère : Raca (homme de rien), sera punissable par le conseil ; et celui qui lui dira : Fou, sera punissable par la géhenne du feu.
      23 Si donc tu apportes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,
      24 Laisse là ton offrande devant l'autel, et va-t'en premièrement te réconcilier avec ton frère ; et après cela viens, et présente ton offrande.
      25 Accorde-toi au plus tôt avec ta partie adverse, pendant que tu es en chemin avec elle, de peur que ta partie adverse ne te livre au juge, et que le juge ne te livre au sergent, et que tu ne sois mis en prison.
      26 Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là, que tu n'aies payé le dernier quadrin.
      27 Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras point d'adultère.
      28 Mais moi je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis un adultère avec elle dans son cour.
      29 Que si ton oeil droit te fait tomber dans le péché, arrache-le, et jette-le loin de toi ; car il vaut mieux pour toi qu'un de tes membres périsse, que si tout ton corps était jeté dans la géhenne.
      30 Et si ta main droite te fait tomber dans le péché, coupe-la, et jette-la loin de toi ; car il vaut mieux pour toi qu'un de tes membres périsse, que si tout ton corps était jeté dans la géhenne.
      31 Il a été dit aussi : Si quelqu'un répudie sa femme, qu'il lui donne une lettre de divorce.
      32 Mais moi je vous dis que quiconque répudiera sa femme, si ce n'est pour cause d'adultère, la fait devenir adultère ; et que quiconque se mariera à la femme répudiée, commettra un adultère.
      33 Vous avez encore entendu qu'il a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras point, mais tu garderas tes serments envers le Seigneur.
      34 Mais moi je vous dis : Ne jurez point du tout, ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu ;
      35 Ni par la terre, car c'est le marchepied de ses pieds ; ni par Jérusalem, car c'est la ville du grand Roi.
      36 Ne jure pas non plus par ta tête ; car tu ne peux faire devenir un seul cheveu blanc ou noir.
      37 Mais que votre parole soit : Oui, oui, Non, non ; ce qu'on dit de plus, vient du Malin.
      38 Vous avez entendu qu'il a été dit : Oeil pour oeil, et dent pour dent.
      39 Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant ; mais si quelqu'un te frappe à la joue droite, présente-lui aussi l'autre.
      40 Et si quelqu'un veut plaider contre toi, et t'ôter ta robe, laisse-lui encore le manteau.
      41 Et si quelqu'un te contraint d'aller une lieue avec lui, vas-en deux.
      42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne point de celui qui veut emprunter de toi.
      43 Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.
      44 Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent ; faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous outragent et qui vous persécutent ;
      45 Afin que vous soyez des enfants de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.
      46 Car si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, quelle récompense en aurez-vous ? Les péagers même n'en font-ils pas autant ?
      47 Et si vous ne faites accueil qu'à vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les péagers même n'en font-ils pas autant ?
      48 Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est dans les cieux est parfait.

      Matthieu 6

      1 Prenez garde de ne pas faire votre aumône devant les hommes, afin d'en être vus ; autrement vous n'en aurez point de récompense de votre Père qui est aux cieux.
      2 Quand donc tu feras l'aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin qu'ils en soient honorés des hommes. Je vous dis en vérité qu'ils reçoivent leur récompense.
      3 Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite ;
      4 Afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père qui voit dans le secret te le rendra publiquement.
      5 Et quand tu prieras, ne fais pas comme les hypocrites ; car ils aiment à prier en se tenant debout dans les synagogues et aux coins des rues, afin d'être vus des hommes. Je vous dis en vérité qu'ils reçoivent leur récompense.
      6 Mais toi, quand tu pries, entre dans ton cabinet, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est dans ce lieu secret ; et ton Père qui voit dans le secret te le rendra publiquement.
      7 Or, quand vous priez, n'usez pas de vaines redites, comme les païens ; car ils croient qu'ils seront exaucés en parlant beaucoup.
      8 Ne leur ressemblez donc pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous lui demandiez.
      9 Vous donc priez ainsi : Notre Père qui es aux cieux, ton nom soit sanctifié ; ton règne vienne ;
      10 Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ;
      11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien ;
      12 Pardonne-nous nos péchés, comme aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés,
      13 Et ne nous induis point en tentation, mais délivre-nous du Malin ; car à toi appartiennent le règne, la puissance, et la gloire à jamais. Amen !
      14 Car si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
      15 Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père ne pardonnera pas non plus les vôtres.
      16 Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites ; car ils se rendent le visage tout défait, afin qu'il paraisse aux hommes qu'ils jeûnent. Je vous dis en vérité qu'ils reçoivent leur récompense.
      17 Mais toi, quand tu jeûnes, oins ta tête et lave ton visage ;
      18 Afin qu'il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes, mais seulement à ton Père qui est présent en secret ; et ton Père qui voit dans le secret te récompensera publiquement.
      19 Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où les vers et la rouille gâtent tout, et où les larrons percent et dérobent ;
      20 Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les vers ni la rouille ne gâtent rien, et où les larrons ne percent ni ne dérobent point ;
      21 Car où est votre trésor, là sera aussi votre coeur.
      22 L'oeil est la lumière du corps : si donc ton oeil est sain, tout ton corps sera éclairé ;
      23 Mais si ton oeil est mauvais, tout ton corps sera ténébreux. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres !
      24 Nul ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.
      25 C'est pourquoi je vous dis : Ne soyez point en souci pour votre vie, de ce que vous mangerez, et de ce que vous boirez ; ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?
      26 Regardez les oiseaux de l'air ; car ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni n'amassent dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. N'êtes-vous pas beaucoup plus qu'eux ?
      27 Et qui est-ce d'entre vous qui par son souci puisse ajouter une coudée à sa taille ?
      28 Et pour ce qui est du vêtement, pourquoi en êtes-vous en souci ? Observez comment les lis des champs croissent ; ils ne travaillent, ni ne filent.
      29 Cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a point été vêtu comme l'un d'eux.
      30 Si donc Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui est aujourd'hui, et qui demain sera jetée dans le four, ne vous revêtira-t-il pas beaucoup plutôt, ô gens de petite foi ?
      31 Ne soyez donc point en souci, disant : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus
      32 Car ce sont les païens qui recherchent toutes ces choses ; et votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses-là.
      33 Mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
      34 Ne soyez donc point en souci pour le lendemain ; car le lendemain aura souci de ce qui le regarde. A chaque jour suffit sa peine.

      Matthieu 7

      1 Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés ;
      2 Car on vous jugera du même jugement dont vous jugez ; et on vous mesurera de la même mesure dont vous mesurez.
      3 Et pourquoi regardes-tu la paille dans l'oeil de ton frère, tandis que tu ne vois pas la poutre dans ton oeil ?
      4 Ou comment dis-tu à ton frère : Permets que j'ôte cette paille de ton oeil, et voici une poutre est dans le tien ?
      5 Hypocrite ! ôte premièrement de ton oeil la poutre, et alors tu penseras à ôter la paille de l'oeil de ton frère.
      6 Ne donnez point les choses saintes aux chiens, et ne jetez point vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent à leurs pieds, et que, se tournant, ils ne vous déchirent.
      7 Demandez, et on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et on vous ouvrira.
      8 Car quiconque demande, reçoit ; et qui cherche, trouve ; et l'on ouvre à celui qui heurte.
      9 Et quel est l'homme d'entre vous qui donne une pierre à son fils, s'il lui demande du pain ?
      10 Et s'il demande du poisson, lui donnera-t-il un serpent ?
      11 Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner à vos enfants de bonnes choses, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui les lui demandent !
      12 Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent faites-les-leur aussi de même ; car c'est là la loi et les prophètes.
      13 Entrez par la porte étroite ; car large est la porte et spacieuse est la voie qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui y entrent.
      14 Car étroite est la porte et resserrée la voie qui mènent à la vie, et il y en a peu qui la trouvent.
      15 Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous en habits de brebis, mais qui au-dedans sont des loups ravissants.
      16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ?
      17 Ainsi tout bon arbre porte de bons fruits ; mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits.
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