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DANIEL (livre de)

Ce livre se divise en deux parties, de longueur à peu près égale, mais distinctes à un double point de vue : la première (chap. 1-6) contient six anecdotes relatives à Daniel et ses compagnons, Daniel étant nommé à la troisième personne ; la deuxième (ch. 7-12) relate quatre visions où Daniel parle de lui-même à la première personne. En outre, une moitié du livre est écrite en araméen (Da 2 4-7:28), le reste en hébreu.

--Au I er chapitre Daniel et ses trois compagnons, emmenés en captivité à Babylone, séjournent à la cour du roi Nébucadnetsar en qualité de pages. Ils observent la loi juive concernant les aliments et sont considérés par le roi comme supérieurs à tous les sages de son royaume.

Le ch. 2 relate un songe du roi : il voit une statue colossale brisée par une pierre qui se détache sans aucune intervention humaine. Daniel réussit à deviner et à interpréter le songe, ce que les devins païens sont incapables de faire : les quatre métaux dont se compose la statue représentent quatre empires qui se suivront et dont la puissance ira diminuant, jusqu'à ce qu'un empire d'une durée éternelle (le Royaume des saints) vienne les remplacer. Daniel et ses amis sont récompensés par le roi, qui leur confère des charges élevées.

D'après Da 3:1-30 les trois amis sont jetés dans une fournaise ardente pour avoir refusé d'adorer une statue érigée par le roi. Secourus par un ange, ils sont préservés du feu. Nébucadnetsar reconnaît la supériorité du Dieu des Juifs.

De Da 3:30 à Da 4 c'est encore un songe de Nébucadnetsar, qui rêve d'un arbre puissant coupé au ras du sol. Daniel explique que le roi tombera en démence et vivra pendant sept ans comme les bêtes jusqu'à ce qu'il se repente. La prédiction se réalise, et Nébucadnetsar, ayant recouvré la raison, fait part de l'événement à ses sujets et exalte le roi du ciel.

Dans le cinquième récit (Da 5:1-6:1) le nom du roi change. A la place de Nébucadnetsar on introduit son fils Belsatsar. Lors d'un festin où celui-ci veut faire usage des vases sacrés enlevés au temple de Jérusalem, une main mystérieuse trace des signes sur la muraille ; Daniel interprète l'inscription (mené, mené, tékel, oupharsin), comme l'annonce de la ruine prochaine du royaume babylonien ; il est promu à la plus haute dignité, mais Belsatsar est mis à mort dans la même nuit et Darius, le Mède, lui succède.

Le dernier récit (Da 6:2-28) raconte que les courtisans du roi, jaloux de Daniel, font promulguer un édit interdisant d'adresser pendant trente jours des prières à n'importe qui, si ce n'est au roi ; Daniel ne s'étant point conformé à cet ordre, est surpris, tandis qu'il prie Dieu selon son habitude, et jeté dans une fosse à lions ; mais les bêtes ne lui ayant fait aucun mal, Darius ordonne de le retirer de la fosse et d'y jeter ses adversaires. Encore une fois il est question d'un édit royal prescrivant à tous les peuples d'adorer le Dieu de Daniel.

Aux récits succèdent des visions à partir du ch. 7.

Dans la première, quatre bêtes terribles sortent de la mer. La quatrième, la plus formidable, a dix cornes ; une autre petite corne s'élève du milieu d'elles et tient des discours pleins d'arrogance. Puis l'Ancien (la Tête) des Jours (voir art.), vêtu de blanc, s'assied sur le trône et procède au jugement qui met fin aux agissements de la quatrième bête et de la petite corne. L'interprétation de la vision, donnée par un ange, identifie les quatre bêtes à quatre empires, les cornes à dix rois et fixe la durée du dernier règne à 3 temps 1 /2, après quoi commencera le règne des saints du Très-Haut. Dans la même vision apparaît, après le jugement sur les nuées du ciel, un personnage semblable à un fils d'homme, auquel est donnée la domination sans fin. --La deuxième vision est celle d'un bélier à deux cornes, (les rois des Mèdes et des Perses d'après l'explication de l'ange). Un bouc arrive d'Occident (de Grèce), il a une corne unique (Alexandre le Gd) et renverse le bélier. De la corne du bouc sortent quatre autres cornes (les successeurs d'Alexandre). Du milieu de ces dernières surgit une corne (Antiochus Épiphane) qui s'acharne sur l'armée des saints, son sanctuaire et ses offrandes. L'oppression durera 2.300 soirs et matins.

--Dans la vision suivante (Da 9) Daniel se tourmente au sujet de la prédiction de Jer 25 : les 70 ans auxquels le prophète avait fixé la durée de la dévastation de Jérusalem sont écoulés depuis longtemps. L'ange Gabriel explique les 70 ans comme des semaines d'années, c-à-d. 7 fois 70 ou 490 années. Dans la dernière semaine la persécution atteindra le point culminant et le sanctuaire sera profané pendant une demi-semaine.

--La dernière vision (ch. 10-12) retrace le cours de l'histoire depuis les rois de Perse. C'est une description détaillée des luttes des rois du Nord (Syrie) et du Sud (Egypte) jusqu'au dernier roi du Nord (Antiochus Épiphane), dont l'auteur connaît les guerres, les violences et les blasphèmes. Après l'extermination de ce monstre, il y aura une résurrection pour plusieurs. Le temps de l'épreuve finale est fixé derechef à 1.290 jours (3 ans 1/2).

L'arrière-plan historique du livre est double.

D'une part les récits font vivre Daniel en Orient à la cour des rois de Babylone et de Médie jusqu'à Cyrus, c-à-d. au VI e siècle avant l'ère chrétienne.

D'autre part les visions témoignent de la connaissance chez l'auteur de toute l'histoire politique jusqu'au II e siècle pré-chrétien.

A plusieurs reprises le voyant insiste sur les persécutions d'Antiochus Épiphane, qui mirent le peuple juif à deux doigts de sa perte. Peu d'événements ont marqué aussi profondément dans l'histoire du judaïsme. C'est alors qu'eut lieu le soulèvement connu sous le nom des Macchabées (voir art.).

Ému par les malheurs de son peuple, un écrivain juif d'une piété sincère, versé dans l'étude des livres saints, surtout des prophètes, résolut d'encourager ses compatriotes à résister à l'intrusion des cultes païens, en composant un livre en tête duquel il inscrivit le nom d'un voyant d'autrefois, réputé dans les cercles pieux de la nation. Il choisit Daniel qui vécut dans les jours sombres de l'exil, ainsi que l'indique le livre lui-même, et qui laissa une grande réputation de sagesse dont la mémoire s'est conservée aussi dans quelques passages attribués au prophète Ézéchiel. Son nom même (Daniel signifie : Dieu est juge) n'est pas rare dans les inscriptions et les annales du judaïsme. Mais il ne faut point confondre notre Daniel avec les personnages de second rang cités dans les livres d'Esdras et de Néhémie (voir art. précéd.). Si donc le rédacteur a antidaté son livre, il ne faut pas oublier que la publication d'ouvrages pseudonymes était un usage constant à son époque. La prophétie passait alors pour morte et l'on cherchait à assurer plus d'autorité aux livres nouveaux en les plaçant sous l'égide des grands initiés d'autrefois.

Il n'est pas possible d'attribuer la rédaction du livre, tel que nous le lisons aujourd'hui, à un auteur du VI e siècle, contemporain des monarques qui y sont nommés. Bien des arguments s'opposent à cette opinion, que l'Église chrétienne a partagée avec la tradition juive. En effet, si l'auteur avait vécu à la cour de Nébucadnetsar et de ses successeurs, il n'aurait pu commettre les erreurs multiples que le livre renferme par rapport à la prise de Jérusalem, la succession des rois, etc.

Les quatre royaumes du chap. 7 sont ceux de Babylone, de la Médie, de la Perse et de la Grèce. Les visions des chap. suivants, qui font ouvertement allusion aux tribulations des Juifs sous Antiochus, ne laissent aucun doute à cet égard. Les passages Da 11:31-30 7:8,24, sont particulièrement instructifs. Ils ne sont prophétiques qu'en apparence, ils décrivent en style apocalyptique la situation présente de l'écrivain et de ses contemporains. C'est pourquoi il est également impossible d'entendre par le quatrième royaume l'empire romain, comme l'Église chrétienne était portée à le faire, pour obtenir une coïncidence entre l'époque du salut, placée par Daniel à la fin de ce royaume, et l'avènement du christianisme.

Si la date de la composition du livre fut celle que nous lui assignons, il ne s'ensuit nullement que les récits insérés dans la première partie de l'ouvrage soient de pures fictions. Ils reposent sur des traditions soit orales, soit écrites. Autrement on aurait peine à comprendre pourquoi le rédacteur eut recours aux vieilles histoires des empires d'Orient pour en faire les prototypes des événements de son temps. Le choix des monarques du temps de l'exil par lesquels il prélude à l'histoire d'Antiochus n'eût pas été heureux. Et pourquoi quatre monarques dont l'un, Cyrus, se prêtait si peu à son but ? La différence des situations est flagrante : dans les récits de l'exil il ne s'agit que d'une petite diaspora (voir ce mot) juive dans un cadre païen ; à l'époque macchabéenne c'est le judaïsme tout entier et le paganisme qui s'affrontent. Si le rédacteur désirait montrer seulement la fidélité de Daniel à la religion juive et sa constance dans les persécutions, pourquoi rappelait-il d'autre part qu'il existait entre lui et les rois idolâtres des rapports d'estime, de confiance et même d'amitié ?

Tout autre est le cas si l'auteur s'est trouvé en présence de quelques souvenirs qu'il mit à profit pour composer son apocalypse. Sans doute ces souvenirs s'étaient teintés de légendes dans le cours des ans. Mais il n'y a pas lieu de douter de l'existence d'un Daniel remarquablement doué, qui a joué un rôle important dans les cours de l'Orient.

Nous avons d'autres exemples de Juifs qui, à l'époque hellénistique, sont parvenus à des situations élevées grâce à leurs relations avec les princes et les gouverneurs étrangers. Des récits sur l'Orient, ses moeurs, ses croyances, sur la vie des cours orientales, circulaient depuis l'exil au sein du judaïsme. Les histoires merveilleuses de Daniel y étaient répandues et lues, ainsi que cela ressort de la prière de Mattathias dans 1Ma 2:59 et suivant. Bien que cet ouvrage fût écrit après Daniel, il ne lui a cependant pas emprunté ses notices, puisqu'il ne se réfère point à sa seconde partie, c-à-d. aux visions, qui auraient été d'une haute actualité dans les circonstances dont il parle. Selon toute vraisemblance, le rédacteur du livre de Daniel s'est donc servi de traditions anciennes sur un voyant de ce nom. Ce serait la justification du titre qu'on donna au livre, lorsqu'on décida de l'admettre dans le Canon.

Divers indices cependant révèlent que tout en le canonisant on avait le sentiment que les droits du livre à cet honneur n'étaient pas d'une authenticité parfaite. Il restait des doutes sur son antiquité, d'autant plus que certains éléments de son contenu, tels que l'angélologie, l'idée de la résurrection, l'emploi de la langue araméenne, la transcendance de Dieu, etc., avaient une apparence de modernité. Surtout l'introduction du Fils de l'homme dans la théologie juive était une innovation vue de mauvais oeil par les docteurs et les dirigeants de la nation, comme en fait foi, entre autres, le procès de Jésus.

L'étude attentive du texte même de Daniel enseigne que le concept du Fils de l'homme était un élément moderniste qui n'avait pas encore obtenu un droit de cité complet dans l'eschatologie traditionnelle. Pour toutes ces raisons le livre de Daniel ne pénétra d'abord que dans la dernière classe du Canon hébraïque, celle des ketoubim (voir Canon de l'A.T.), et ce n'est que dans la traduction grecque de l'A.T. qu'il obtint d'être agrégé au canon des prophètes, place qu'il conserva dans la Vulgate et les traductions modernes. La version grec des LXX ayant paru inexacte, l'Église chrétienne la remplaça dès le II e siècle par une autre qui contenait les suppléments connus sous les noms : la prière d'Azarias, l'histoire de Suzanne, le récit de Bel et le Dragon (voir Apocryphes de l'A.T.).

Le livre de Daniel eut une fortune peu ordinaire. Son influence sur le christianisme et sa théologie fut grande, ainsi qu'il appert des écrits du N.T. où il est cité, et en particulier de l'Apocalypse johannique (voir art.) qui lui emprunta une grande partie de ses idées et de ses images. Il imprima à l'eschatologie du judaïsme un caractère nouveau par l'accent qu'il mit sur les mystères divins, la révélation de l'avenir et la précision des calculs de l'ère messianique où les chiffres 7, 4, 10, 3 1 /2, 70, figurent à chaque page. Il fut le promoteur de ce genre littéraire spécial, appelé l'Apocalyptique (voir Apocalypses). Il passe lui-même pour le premier document en date de l'Apocalyptique juive. Il est resté dans l'Église, à travers les siècles, la lecture favorite de ceux que hante la pensée du retour du Christ. Souvent, dans les temps difficiles, les âmes simples et croyantes ont puisé encouragements et consolations dans les anecdotes qui dépeignent d'une façon si vivante la constance et la délivrance miraculeuse de Daniel. G. B.

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      Lévitique 2

      1 « Si quelqu’un veut offrir au SEIGNEUR un produit de la terre, il doit prendre de la farine. Il met de l’huile dessus avec de l’encens.
      2 Puis il l’apporte aux prêtres, fils d’Aaron. L’un des prêtres prend une poignée de farine mélangée à l’huile, et tout l’encens. Un prêtre fait brûler sur l’autel cette partie de l’offrande qu’on appelle “souvenir”. C’est une offrande brûlée, et sa fumée de bonne odeur plaît au SEIGNEUR.
      3 Ce qui en reste est pour Aaron et ses fils. C’est une part uniquement réservée au SEIGNEUR. En effet, elle vient d’une offrande brûlée pour le SEIGNEUR.
      4 « Si c’est une offrande cuite au four, la pâte doit être sans levain. Vous apportez alors des gâteaux à l’huile ou des galettes arrosées d’huile.
      5 Si c’est une offrande cuite sur une plaque, elle doit être faite de farine mélangée avec de l’huile, mais sans levain.
      6 Celui qui apporte l’offrande la partage et verse encore de l’huile sur les morceaux. C’est une offrande tirée de la terre.
      7 Si c’est une offrande cuite dans une poêle, la farine doit être préparée dans l’huile.
      8 L’homme apporte l’offrande préparée de cette façon pour le SEIGNEUR. Il la présente à un prêtre qui approche de l’autel.
      9 Le prêtre prend la part qu’on appelle “souvenir” et il la brûle sur l’autel. C’est une offrande brûlée, et sa fumée de bonne odeur plaît au SEIGNEUR.
      10 Ce qui reste de l’offrande est pour Aaron et ses fils. C’est une part uniquement réservée au SEIGNEUR. En effet, elle vient d’une offrande brûlée pour le SEIGNEUR.
      11 « Vous n’offrirez jamais au SEIGNEUR une offrande préparée avec du levain. En effet, vous ne ferez jamais brûler pour le SEIGNEUR une offrande préparée avec du levain ou du miel.
      12 Vous pourrez en apporter au SEIGNEUR quand vous lui offrirez les premiers produits de la terre. Mais vous ne devez pas les brûler sur l’autel dans un sacrifice à la fumée de bonne odeur.
      13 « Vous mettrez du sel sur chaque offrande tirée de la terre. Vous n’oublierez jamais le sel sur votre offrande. En effet, il représente l’alliance que Dieu a établie avec vous. C’est pourquoi vous offrirez toujours du sel avec vos offrandes.
      14 « Quand vous apporterez au SEIGNEUR une offrande des premiers produits de la terre, vous commencerez par griller les épis au feu. Puis vous écraserez les grains. Au moment de les apporter,
      15 vous verserez de l’huile et vous mettrez de l’encens dessus. C’est une offrande tirée de la terre.
      16 Ensuite le prêtre brûlera la part qu’on appelle “souvenir” : une partie des grains et de l’huile avec tout l’encens. Ce qui est brûlé de cette façon appartient au SEIGNEUR. »

      Jérémie 25

      1 La quatrième année où Yoaquim, fils de Josias, était roi, le SEIGNEUR a adressé sa parole à Jérémie au sujet de tout le peuple de Juda. C’était la première année où Nabucodonosor était roi de Babylone.
      2 Le prophète Jérémie a dit aux habitants de Jérusalem et aux autres Judéens :
      3 « Depuis la treizième année où Josias, fils d’Amon, était roi de Juda jusqu’à aujourd’hui, j’ai passé mon temps à vous répéter la parole du SEIGNEUR. Cela fait 23 ans que je vous parle, mais vous n’avez pas écouté.
      4 Le SEIGNEUR a passé son temps à vous envoyer l’un après l’autre ses serviteurs les prophètes. Mais vous n’avez pas tendu l’oreille pour écouter.
      5 Il vous a dit : “Chacun de vous doit abandonner sa conduite mauvaise et le mal qu’il commet. Alors vous pourrez vivre dans le pays que je vous ai donné, à vos ancêtres et à vous, depuis toujours et pour toujours.
      6 Ne suivez pas d’autres dieux pour les adorer et vous mettre à genoux devant eux. Ne me mettez pas en colère en vous fabriquant des statues de faux dieux. Ainsi je ne vous ferai aucun mal.”
      7 Mais vous ne m’avez pas écouté, déclare le SEIGNEUR. Au contraire, vous m’avez mis en colère en vous fabriquant des statues de faux dieux, qui font votre malheur.
      8 « Eh bien, voici le message du SEIGNEUR de l’univers : “Puisque vous n’avez pas écouté mes paroles,
      9 j’envoie chercher tous les peuples du nord, je vais appeler mon serviteur, Nabucodonosor, le roi de Babylone. Je vais les faire venir contre ce pays, contre ses habitants et contre les pays voisins. Je vous détruirai tous, eux et vous. Je ferai de ce pays un lieu horrible, un tas de ruines pour toujours. Les gens pousseront des cris d’horreur, je le déclare, moi, le SEIGNEUR.
      10 Chez vous, je ferai taire les bruits de fête, les cris de joie et les chants des jeunes mariés. J’arrêterai le bruit des pierres qui écrasent les grains, j’éteindrai la lumière de la lampe.
      11 Le pays entier deviendra un tas de ruines, un lieu horrible. Pendant 70 ans, tous ces peuples seront sous le pouvoir du roi de Babylone.”
      12 « Le SEIGNEUR déclare : “Quand ces 70 années seront finies, j’agirai contre le roi de Babylone et contre son peuple, à cause de leurs crimes. J’agirai contre le pays des Babyloniens et j’en ferai un désert de tristesse.
      13 Je ferai tomber sur ce pays-là tous les malheurs que j’ai annoncés, qui sont écrits dans ce livre. C’est ce que le prophète Jérémie a annoncé de ma part contre tous les peuples.
      14 À leur tour, les Babyloniens seront sous le pouvoir de pays puissants et de grands rois. Ainsi je leur ferai payer leurs actes, tout le mal qu’ils ont commis.” »
      15 Voici ce que le SEIGNEUR, Dieu d’Israël, m’a dit : « Prends de ma main cette coupe pour le vin, qui est remplie de ma colère. Donne-la à boire à tous les peuples vers lesquels je t’envoie.
      16 Ils boiront, ils tomberont, ils deviendront fous quand ils verront tout ce que je vais détruire au milieu d’eux. »
      17 J’ai donc pris la coupe de la main du SEIGNEUR. Je l’ai fait boire à tous les peuples vers lesquels le SEIGNEUR m’a envoyé,
      18 en commençant par Jérusalem et les autres villes de Juda, avec les rois et les ministres. J’ai transformé ces villes en un tas de ruines, en un lieu horrible. Cela devait faire pousser aux gens des cris d’horreur et servir d’exemple pour lancer une malédiction. C’est ce qui se passe aujourd’hui.
      19 Ensuite, c’était le tour des autres peuples : – le Pharaon, roi d’Égypte, avec ses officiers, ses ministres et tout son peuple,
      20 ainsi que tous les autres peuples qui vivent en Égypte ; – les rois du pays d’Ous ; – les rois des Philistins : ceux d’Ascalon, de Gaza, d’Écron et de ce qui reste d’Asdod ;
      21 – les Édomites, les Moabites et les Ammonites ;
      22 – tous les rois de Tyr, de Sidon et du territoire au-delà de la mer ;
      23 – les habitants de Dédan, Téma, Bouz et ceux qui se rasent le visage sur les côtés ;
      24 – les rois d’Arabie et les peuples qui vivent dans le désert ;
      25 – tous les rois de Zimri, d’Élam et des Mèdes ;
      26 – tous les rois du nord, proches ou éloignés. Tous les royaumes du monde qui sont sur la surface de la terre devaient boire à cette coupe, l’un après l’autre. Le roi de Chéchak devait boire après eux tous.
      27 Le SEIGNEUR m’a demandé de leur dire : « Voici les paroles du SEIGNEUR de l’univers, Dieu d’Israël : Buvez ! Devenez ivres et vomissez ! Tombez et restez par terre en voyant tous ceux que je vais détruire au milieu de vous. »
      28 Il a ajouté : « Certains refuseront peut-être de prendre la coupe de ta main et d’y boire. Alors tu leur diras : “Vous y boirez quand même, c’est le SEIGNEUR de l’univers qui le dit.”
      29 J’envoie en effet le malheur en commençant par la ville qui m’est consacrée, et vous, je vous laisserais de côté ? Non, vous ne serez pas laissés de côté. J’envoie la guerre contre tous les habitants du pays, je le déclare, moi, le SEIGNEUR de l’univers. »
      30 Le SEIGNEUR m’a encore dit : « Annonce-leur ce message de ma part et dis-leur : De là-haut, le SEIGNEUR rugit. De la maison qui lui est consacrée, il élève la voix. Il rugit contre sa propriété. Il pousse des cris contre tous les habitants du pays, comme ceux qui écrasent le raisin pour obtenir du vin.
      31 Le bruit qu’il fait arrive jusqu’au bout du monde. Le SEIGNEUR est en procès contre les peuples, il appelle tous les êtres humains à son tribunal. Les gens mauvais, le SEIGNEUR va les faire mourir de mort violente, c’est lui qui le déclare. »
      32 Voici les paroles du SEIGNEUR de l’univers : « Le malheur se répand d’un pays à l’autre, une tempête se lève depuis le bout du monde. »
      33 À cause du SEIGNEUR, il y aura des morts d’un bout du pays à l’autre. Quand ces choses arriveront, personne ne pleurera ces morts, personne ne ramassera leurs corps, personne ne les enterrera. Ils deviendront comme du fumier sur le sol.
      34 Vous les chefs, bergers du troupeau, chantez un chant de deuil, poussez des cris, roulez-vous par terre. Oui, c’est votre tour d’être tués. Vous tomberez et vous serez brisés comme un plat précieux.
      35 Pour les chefs, il n’y a pas d’abri, les bergers du troupeau ne peuvent pas fuir.
      36 J’entends leurs cris, j’entends leurs plaintes. En effet, le SEIGNEUR détruit leur pâturage.
      37 À cause de sa violente colère, un silence de mort couvre les champs paisibles.
      38 Le lion a quitté ses buissons. Leur pays est devenu un désert, à cause de la guerre sans pitié et de la violente colère du SEIGNEUR.

      Daniel 2

      4 Les voyants répondent au roi en araméen : « Longue vie à toi, notre roi ! Raconte-nous ton rêve, et nous te l’expliquerons. »
      5 Le roi répond : « J’ai décidé ceci : si vous ne me dites pas ce que j’ai rêvé et si vous ne m’expliquez pas ce rêve, je vous ferai couper en morceaux, et vos maisons deviendront des tas d’ordures.
      6 Au contraire, si vous me racontez mon rêve et si vous me l’expliquez, je vous donnerai beaucoup de cadeaux et de grands honneurs. Racontez-moi donc mon rêve et dites-moi ce qu’il signifie. »
      7 Les voyants disent encore une fois au roi : « Notre roi, raconte-nous ton rêve, et nous l’expliquerons. »
      8 Mais le roi répond : « Vous voulez gagner du temps, je le vois bien. En effet, vous savez que ma décision est vraiment prise.
      9 Si vous ne me racontez pas mon rêve, le jugement sera le même pour tous. Vous vous êtes mis d’accord pour me dire des paroles fausses et des mensonges. Vous attendez que la situation change. Or, je veux que vous me racontiez mon rêve. Ainsi, je saurai que vous pouvez l’expliquer. »
      10 Les voyants répondent : « Notre roi, personne sur la terre n’est capable de donner la réponse que tu demandes. Et aucun roi, même grand et puissant, n’a jamais demandé une chose pareille à un devin, un magicien ou un voyant.
      11 Ce que tu demandes est difficile, et personne ne peut te donner la réponse, sauf les dieux. Mais ils n’habitent pas parmi les humains. »
      12 Alors le roi se met dans une violente colère et il commande de faire mourir tous les sages de Babylone.
      13 La décision du roi devient officielle, et les sages doivent être mis à mort. On cherche aussi Daniel et ses amis pour qu’ils soient tués.
      14 Ariok, le chef des gardes du roi, est en route pour tuer les sages de Babylone. Daniel lui parle avec sagesse et prudence. Il dit à Ariok, officier du roi : « Le roi a pris une décision très dure. Pourquoi donc ? » Ariok lui explique ce qui s’est passé.
      16 Daniel va tout de suite trouver le roi. Il lui demande de lui laisser un peu de temps pour pouvoir lui expliquer son rêve.
      17 Daniel rentre chez lui. Il raconte ce qui s’est passé à ses amis Hanania, Michaël et Azaria.
      18 Il leur demande : « Priez le Dieu qui est au ciel pour que, dans sa bonté, il nous fasse connaître ce rêve mystérieux. Ainsi, nous ne mourrons pas avec les autres sages de Babylone. »
      19 Alors pendant la nuit, une vision fait connaître à Daniel le sens du rêve mystérieux. Et Daniel se met à chanter la louange du Dieu qui est au ciel.
      20 Il dit : « Chantons la louange de Dieu en tout temps ! La sagesse et la puissance sont à lui.
      21 C’est lui qui transforme les temps et les événements, c’est lui qui renverse les rois et qui les établit. Il donne la sagesse aux sages et la connaissance à ceux qui sont capables de comprendre.
      22 C’est lui qui fait connaître les secrets les plus difficiles. Il sait ce qui est caché dans la nuit, et la lumière brille auprès de lui.
      23 « Toi, le Dieu de mes ancêtres, je te remercie et je chante ta louange. Tu m’as donné la sagesse et la force. Tu m’as fait connaître ce que nous t’avons demandé. Oui, tu nous as fait comprendre ce qui inquiète le roi. »
      24 Ensuite, Daniel va chez Ariok qui doit faire mourir les sages de Babylone, sur l’ordre du roi. Il entre et lui dit : « Ne fais pas mourir les sages de Babylone ! Conduis-moi devant le roi, et je lui expliquerai son rêve. »
      25 Aussitôt, Ariok conduit Daniel auprès du roi et il lui dit : « Mon roi, parmi les exilés de Juda, j’ai trouvé un homme qui peut t’expliquer ton rêve. »
      26 Le roi demande à Daniel, appelé aussi Beltassar : « Est-ce que tu peux me raconter le rêve que j’ai eu et me l’expliquer ? »
      27 Daniel lui répond : « Mon roi, aucun sage, aucun magicien, aucun devin, aucun de ceux qui lisent dans les étoiles n’est capable de raconter le rêve mystérieux que tu demandes d’expliquer.
      28 Mais dans le ciel, il y a un Dieu qui donne l’explication des mystères. Roi Nabucodonosor, c’est lui qui te fait connaître ce qui arrivera plus tard. Voici ce que tu as vu en rêve pendant que tu dormais :
      29 Quand tu t’es couché, mon roi, tu t’es mis à penser à ce qui arrivera plus tard. Et celui qui donne l’explication des mystères t’a fait connaître cela.
      30 J’ai reçu l’explication de ton rêve mystérieux. Pourtant je ne suis pas plus sage qu’un autre. Mais il faut bien que quelqu’un t’explique le sens de ton rêve et que tu connaisses ainsi ce qui trouble ton esprit.
      31 Mon roi, voici ce que tu as vu dans ton rêve : Une statue était devant toi. Elle était immense, très brillante et elle faisait peur.
      32 Sa tête était en or fin, sa poitrine et ses bras en argent, son ventre et ses cuisses en bronze.
      33 Ses jambes étaient en fer, et ses pieds étaient moitié en fer et moitié en terre cuite.
      34 Tu étais en train de regarder la statue : tout à coup, une pierre s’est détachée toute seule d’une montagne. Elle est venue frapper les pieds en fer et en terre cuite de la statue et elle les a écrasés.
      35 Alors elle a écrasé ensemble le fer, la terre cuite, le bronze, l’argent et l’or. Ils sont devenus de la poussière qui s’est envolée comme la paille s’envole au moment où on bat les grains. Le vent les a emportés sans laisser de traces. Et la pierre qui a frappé la statue est devenue une grande montagne qui a rempli toute la terre.
      36 « Voilà ce que tu as vu en rêve, mon roi. Maintenant, voici le sens de ce rêve :
      37 Tu es le plus grand de tous les rois. Le Dieu qui est au ciel t’a donné le pouvoir royal, la puissance, la force et l’honneur.
      38 Il a placé sous ton autorité les êtres humains, les animaux et les oiseaux, partout où ils habitent. Il t’a établi comme maître sur eux tous. La tête en or, c’est toi !
      39 Un autre royaume moins puissant que le tien viendra après toi. Puis un troisième royaume, représenté par le bronze, s’étendra sur toute la terre.
      40 Un quatrième royaume, dur comme le fer, viendra ensuite. Le fer casse tout, il écrase tout et réduit tout en poussière. Eh bien, ce royaume écrasera et brisera tous les autres royaumes.
      41 Tu as vu les pieds et les doigts de pieds de la statue : une partie était en terre cuite et l’autre partie en fer. Cela veut dire que ce royaume sera divisé. Il aura en partie la force du fer, comme le fer que tu as vu mélangé à la terre cuite.
      42 Mais les doigts de pieds, moitié en fer et moitié en terre cuite, signifient qu’une partie de ce royaume sera forte et l’autre faible.
      43 L’union du fer et de la terre cuite n’est pas solide. De même, dans ce royaume divisé, des rois s’uniront par des mariages, mais ces unions ne seront pas solides.
      44 À l’époque où ces rois auront le pouvoir, le Dieu qui est au ciel établira un royaume qui ne sera jamais détruit. Le pouvoir de ce royaume ne passera jamais à un autre peuple. Il écrasera tous les autres royaumes et les détruira. Mais lui, il durera toujours.
      45 Tu as vu la pierre qui s’est détachée toute seule de la montagne. Elle a écrasé le fer, le bronze, la terre cuite, l’argent et l’or de la statue. Eh bien, c’est elle qui représente ce royaume. Le grand Dieu t’a fait connaître ce qui arrivera plus tard. Ton rêve représente vraiment la réalité, et mon interprétation est digne de confiance. »
      46 Alors le roi Nabucodonosor s’incline jusqu’à terre devant Daniel pour l’honorer. Il commande de présenter à Daniel des offrandes et du parfum.
      47 Puis le roi lui dit : « Oui, votre Dieu est le plus grand de tous les dieux. Il est le maître des rois. Il fait comprendre ce qui est mystérieux, puisque tu as pu m’expliquer le mystère de mon rêve. »
      48 Ensuite, le roi couvre Daniel d’honneurs. Il lui offre beaucoup de cadeaux, des cadeaux magnifiques. Il l’établit comme gouverneur de toute la province de Babylone et comme chef de tous les sages.
      49 À la demande de Daniel, le roi désigne Chadrac, Méchak et Abed-Négo pour administrer la province de Babylone. Daniel, lui, reste à la cour du roi.
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