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FÊTES

Dans toutes les religions et chez tous les peuples, on trouve des jours spéciaux consacrés à la divinité et destinés, d'une façon ou de l'autre, à unir les membres d'une famille, d'un clan, d'une tribu ou d'un peuple tout entier dans une commune manifestation de leurs sentiments religieux. Les cérémonies qui les accompagnent doivent rendre plus sensible la présence du Dieu ou des dieux qu'on adore, effacer les souillures qui attireraient le mauvais vouloir de la puissance supérieure, exprimer la reconnaissance pour les biens reçus et en assurer la continuation pour l'avenir, maintenir ainsi la communauté cultuelle dans ses privilèges comme dans les obligations qui lui incombent. Les fêtes ne pouvaient donc pas manquer en Israël, comme elles ne manquent pas non plus dans l'Église chrétienne. Mais il va sans dire que, malgré la ténacité des coutumes religieuses, elles ont évolué à travers les âges. Nous ne savons pas très bien ce qu'elles pouvaient être dans les différentes tribus avant l'époque mosaïque. Nous verrons tout à l'heure qu'il y avait déjà alors une fête du printemps, mais les rites n'en sont décrits nulle part. Il y avait sans doute d'autres fêtes à côté de celle-là ; nous les connaissons encore moins.

A partir de l'époque mosaïque, nous distinguons trois stades, d'après les trois couches de la législation, et même un quatrième pour tenir compte

des renseignements spéciaux que nous avons dans le N.T. et les écrits juifs postérieurs.

I Dans l'ancien Israël.

Les premières législations mentionnent la Pâque et les trois grandes fêtes annuelles : la fête des pains sans levain (Matsoth), la fête de la moisson (plus tard fête des Semaines ou Pentecôte) et la fête des récoltes (plus tard fête des Tabernacles).

1.

Pâque.

Nous commençons par parler de la Pâque seule, car, quoique unie très intimement à la fête des pains sans levain qui se célébrait à la même époque, elle est traitée à part dans l'Exode (voir ch. 12). Elle ne figure pas dans le Code de l'Alliance (Ex 21 Ex 22 Ex 23), et Ex 34 n'en parle pas en même temps que des trois grandes fêtes annuelles (verset 1,8 et v. 22 - 24), mais ne la mentionne qu'en passant v. 25, et cette mention pourrait bien être de rédaction postérieure : le passage parallèle Ex 23:18 a un sens plus général.

La Pâque est cependant une très ancienne fête. Sous une forme que nous ne connaissons pas, elle existait déjà avant Moïse : c'est probablement la fête qu'il demande pour son peuple la permission d'aller célébrer au désert, quand il se présente pour la première fois devant Pharaon (Ex 5:1-3, voir Ex 4:18 8:24 10 7,11,24-26). La signification primitive du nom est incertaine. Dans Ex 12:13, ce nom, pèsakh, est mis en rapport avec un verbe de même racine qui doit signifier « passer en épargnant », mais on conteste que ce soit là le vrai sens du verbe. Dans 1Ro 18:21, il signifie boiter, sauter en boitant, et désigne une danse sacrée ; donc pèsakh signifiait fête sacrée. D'autres rapprochent ce mot de l'assyr. pasakhu =apaiser, c'est-à-dire apaisement de la colère des dieux ; d'autres de l'égypt. pôsekh-- moisson. En tout cas, on ne peut rien tirer de là pour l'ancienne signification de la fête, qui était probablement, comme les fêtes du printemps qu'on rencontre chez d'autres peuples, une cérémonie de purification et de propitiation qui devait, au début d'une nouvelle année agricole, mettre les sacrifiants en règle avec le passé et leur assurer de nouvelles bénédictions divines.

La Pâque est dans l'Exode en rapport étroit avec la sortie d'Egypte, et nous n'avons aucune raison de contester la part qu'elle a eue dans les événements. C'est ce qui explique que, dans la suite, elle soit toujours demeurée exclusivement un mémorial de la grande délivrance du peuple à ce moment-là. Sa signification première a complètement disparu devant cette signification plus haute, qui devait, avec le temps, lui assurer la première place parmi les fêtes juives.

Le cérémonial de la fête (Ex 12) est rapporté à peu près de la même façon par les documents employés (P, v. 1-13 ; JE, v. 21-24) : immolation de l'agneau pascal le quatorzième jour du premier mois entre les deux soirs (=avant le coucher du soleil) ; aspersion des portes de la maison avec le sang de l'agneau, dont la valeur propitiatoire écartera l'ange destructeur, quand il passera pour frapper les premiers-nés des Égyptiens ; repas comprenant la chair de l'agneau rôti tout entier, la tête et les jambes repliées sur le corps, des pains sans levain et des herbes amères ; les participants seront en tenue de départ et ils mangeront à la hâte. La seconde partie du cérémonial (repas) manque dans JE, mais ne devait pas faire défaut dans la célébration de la fête, qui a été dès l'origine une fête de famille ; on la célébrait dans chaque maison, à moins que les habitants de la maison ne fussent pas en nombre suffisant pour manger l'agneau pascal, dont il ne devait rien rester. Dans ce cas, deux maisons se réunissaient pour la fête.

Si nous faisons abstraction des Chroniques, la Pâque n'est nulle part mentionnée dans les livres historiques (sauf Jos 5:10-12, qui vient de P) jusqu'à l'époque de Josias (2Ro 23:21,23). Nous ne savons donc pas dans quelle mesure le cérémonial normatif était observé, avec tous les détails, avant la réforme deutéronomique, ni si la fête était célébrée partout. Il faut dire que les autres fêtes ne sont pas mentionnées non plus, sauf celle des récoltes.

2.

Fête des Pains sans levain (Matsoth)

Avant d'en parler spécialement, disons que les trois grandes fêtes annuelles, à côté de la Pâque, sont commandées ensemble (Ex 23:14-17 et Ex 34:18,22-24) La règle est posée : (Ex 23:14 34:23) « Trois fois par année tu célébreras des fêtes en mon honneur », ou : « Trois fois par année les mâles se présenteront devant le Seigneur, l'Éternel, le Dieu d'Israël. » Le rituel et la durée ne sont indiqués que pour la première. L'époque est fixée d'une façon approximative (mois des épis, moisson, automne), non pas à une date exactement déterminée. On peut conclure de là qu'elles ne se célébraient pas dans toutes les parties du pays les mêmes jours et pas nécessairement de la même façon. Ce n'étaient plus, comme la Pâque, des fêtes de famille ; c'étaient des fêtes de la communauté, mais avant la concentration du culte à Jérusalem elles étaient célébrées aux sanctuaires locaux les plus importants.

La première de ces fêtes, Matsoth, unie très étroitement à la Pâque sans doute déjà dans l'ancien Israël, en tout cas dans les législations postérieures, est mise, comme la Pâque, en rapport étroit avec la sortie d'Egypte. Elle devait rappeler les pains sans levain que les Israélites avaient mangés dans la hâte de leur départ, la nuit où ils furent renvoyés par les Égyptiens (Ex 12:33,39), et, d'une manière plus générale, la grande délivrance que l'Éternel, au mois des épis, avait accordée à son peuple. Une autre signification n'est pas indiquée dans les anciennes législations. Mais des passages postérieurs, comme De 16:9 (Matsoth est le moment où la faucille est mise dans les blés) et Le 23:8-14 (rite de la gerbe), montrent que cette fête était aussi, comme les suivantes, en rapport avec le cycle agricole de la Palestine : elle marquait le commencement de la moisson (moisson des orges). On peut admettre qu'une fête spécifiquement israélite et ayant une portée historique s'est combinée avec une fête agricole existant en Canaan. Il y a, du reste, dans les rapports entre Pâque et Matsoth, rappelant toutes deux la sortie d'Egypte, quelque chose de mal établi que l'état de nos connaissances ne nous permet pas d'expliquer complètement.

3.

Fête de la Moisson.

Appelée déjà (Ex 34:22) fête des semaines (Chebouoth), elle marquait la fin de la moisson des blés. Ex 23:16 dit qu'elle est la fête des prémices du travail de l'agriculteur. Cela ne signifie pas qu'on offrait alors les prémices de la moisson (cela se faisait à Matsoth), mais que la moisson elle-même était le premier des fruits de la terre. La moisson venait avant les autres récoltes. Encore dans D et P la fête de la moisson ne dure qu'un jour ; elle avait évidemment la même durée à l'ancienne époque. Elle n'est jamais mise, dans l'A.T., en rapport avec un événement quelconque de la sortie d'Egypte. Ce n'est que plus tard qu'on l'a envisagée comme mémorial du don de la loi sur le Sinaï (Ex 19:1 et suivants). C'était donc une fête purement agricole, et il y a tout lieu de penser qu'elle existait déjà en Canaan avant l'arrivée des Israélites.

4.

Fête des Récoltes.

C'était la fête la plus importante dans l'ancien Israël, car c'est la seule qui soit mentionnée dans les écrits historiques (Jug 9:27 21:19 et suivant, 1Ro 8:2,65 12:32), et c'est d'elle qu'il s'agit également dans 1Sa 1:1-20. Aussi est-elle appelée simplement « la fête » dans 1Ro 8. Elle était, comme la précédente, une fête d'actions de grâces, mais d'actions de grâces pour toutes les récoltes de l'année, car elle venait après la cueillette des olives, la vendange et sans doute aussi le battage du blé sur l'aire. C'était une fête particulièrement joyeuse, dans laquelle on ne craignait pas de passer les bornes de la modération. (cf. 1Sa 1:13-15, Esa 28:7) Les cris de joie ne manquaient pas (La 2:7), et les cantiques non plus (Esa 30:29 : d'autres pensent ici à la fête de Pâque ; Am 5:23). Malgré l'excès des réjouissances, la fête n'en était pas moins, avant tout, un hommage du peuple à l'Éternel qui avait béni les travaux de l'année et qui avait manifesté ainsi qu'il était bien vraiment le Dieu d'Israël.

Au temps de la royauté, la fête était célébrée en Juda le septième mois de l'année ; en Israël, le huitième mois, sans doute parce qu'ici les récoltes étaient un peu plus tardives que dans le royaume du sud (1Ro 12:32). Les anciennes législations (Ex 23:16 34:22) ne fixent pas le mois et indiquent seulement comme date la fin de l'année. L'année se terminait alors en automne. Il est très probable que la fête des récoltes marquait le commencement de l'année nouvelle et était une fête de Nouvel An, comme il en existait une à Babylone et en Perse. On a supposé qu'il y avait alors une cérémonie d'intronisation de l'Éternel, c-à-d, une procession solennelle renouvelée chaque année, avec l'arche en tête, qui était comme une nouvelle prise de possession de la royauté de l'Éternel sur Israël pour l'année commençante. C'est possible, mais si certains psaumes peuvent être interprétés dans ce sens (voir spéct Ps 47), les livres historiques n'en disent absolument rien. Plus tard le Nouvel An d'automne fut. distingué de la fête des récoltes (voir parag. III).

La durée de la fête n'est pas indiquée dans les anciennes législations, mais 1Ro 8:65 suppose qu'elle était la même que plus tard. Jusqu'à la législation sacerdotale, la fête des récoltes n'est pas mise en rapport avec l'histoire du passé. Elle était donc, dans l'ancien Israël, une fête agricole, inspirée par la reconnaissance pour les biens de la terre, dont l'Éternel était le souverain dispensateur (Os 2:7-15), comme autrefois il avait été le grand libérateur de son peuple. De même que la précédente, la fête des récoltes existait en Canaan avant l'arrivée des Israélites. Les Cananéens rendaient alors hommage à leurs Baals (Jug 9:27).

5.

Autres fêtes.

La fête de la Nouvelle Lune, qui appartient du reste au cercle sabbatique plutôt qu'à celui des grandes fêtes annuelles, ne figure nulle part dans les premières lois. Mais elle existait sûrement dans l'ancien Israël, car elle est mentionnée à plusieurs reprises dans les livres historiques (1Sa 20:5,18,29,2Ro 4:23, Esa 1:13 et suivant, Am 8:5, Eze 46:1). Il résulte de ces passages que le premier jour du mois était un jour de sacrifices, avec grand repas, que les affaires, mais non pas les travaux des champs, étaient interrompues (Am 8:5) et que l'on profitait volontiers de ce demi-repos pour faire visite aux « hommes de Dieu » = prophètes (2Ro 4:23). Dans certaines maisons, un jour de nouvelle lune était mis en réserve pour le sacrifice annuel qui réunissait tous les membres de la famille (1Sa 20:6).

La fête de la Tonte des brebis, importée du désert et mentionnée 1Sa 25:2 et suivants, 2Sa 13:23, (comp. Ge 38:12) n'était pas générale. Elle n'est mentionnée dans aucune législation, car elle ne concernait évidemment qu'une partie des familles du peuple, et elle n'avait sans doute rien de spécifiquement religieux. Peut-être, du reste, a-t-elle disparu d'assez bonne heure.

D'autres fêtes analogues, concernant des faits particuliers de la vie des Israélites, ont certainement existé, mais nous ne les connaissons pas.

II Législation deutéronomique.

Le Deutéronome (De 16:1-17) n'introduit pas de fêtes nouvelles ; il laisse subsister les rites anciens, sauf sur des points de détail ; il précise en revanche la date de la fête de la moisson, qui est maintenant appelée fête des Semaines Chebouoth, en disant qu'elle doit être célébrée sept semaines après que la faucille aura été mise dans les blés (c-à-d, après la fête du printemps, Matsoth) et il fixe à sept le nombre des jours de la fête des récoltes qu'il appelle fête des Tabernacles (Soukkoth) , parce que l'habitude était introduite d'habiter pendant la fête dans les huttes de feuillage, comme cela se faisait en temps de vendanges. Il insiste sur le caractère joyeux que devaient avoir la fête des Tabernacles et celle des Semaines : « Tu te réjouiras, toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, et le lévite, l'étranger, l'orphelin et la veuve qui sont dans tes portes. Tu célébreras la fête en l'honneur de l'Éternel, car l'Éternel ton Dieu te bénira dans toutes tes récoltes et dans le travail de tes mains ; tu te livreras donc entièrement à la joie » (v. 15). On reconnaît ici le grand souffle de piété et la bienveillance pour les pauvres et les petits, qui animent le Deutéronome.

Nous notons en passant que les versets relatifs à Pâque-Matsoth (verset 1-8) soulèvent des difficultés d'interprétation, mais nous ne nous y arrêtons pas. Tout cela n'a qu'une importance secondaire.

En revanche, le Deutéronome a amené une modification profonde dans l'organisation des trois grandes fêtes annuelles, y compris la Pâque, en ordonnant qu'elles soient désormais célébrées au seul sanctuaire de Jérusalem. Jusqu'alors on les célébrait dans les sanctuaires locaux, où elles demeuraient en connexion étroite avec les travaux de la terre. Transportées à Jérusalem, elles ont en partie perdu leur ancien caractère et sont devenues, sans doute sous des formes différentes mais avec la même portée générale, des oeuvres de piété que l'on devait pratiquer pour servir l'Éternel comme il l'avait commandé. Dans la pratique, la célébration était rendue plus difficile, puisque l'Israélite devait se transporter avec sa famille, le bétail pour les sacrifices et ses autres offrandes, souvent loin de sa demeure. Le législateur y avait pourvu dans une certaine mesure en permettant à l'Israélite, pour la dîme tout au moins, de vendre chez lui ce qu'il destinait à l'Éternel et de racheter le nécessaire à Jérusalem (De 14:22-29). Ce ne devait pas être toujours d'une exécution facile, et surtout le législateur ne dit rien de la manière dont il faudra célébrer à l'avenir la fête de Pâque proprement dite, le soir du 14 du premier mois (abib ou nisan), fête essentiellement familiale transformée en fête de la communauté et transportée à Jérusalem.

Les Chroniques, dans des récits qui sont plutôt des explications postérieures que de l'histoire (2Ch 30 et 2Ch 35), ont heureusement pourvu à ce que le Deutéronome ne dit pas : 2Ch 30 raconte qu'au temps d'Ézéchias le roi ordonna la célébration d'une grande fête de Pâque. Mais les participants n'étant pas tous purs, les lévites se chargèrent pour eux de l'immolation de l'agneau, dont la chair leur fut ensuite rendue, toute préparée, pour qu'ils la mangeassent selon leurs maisons paternelles. (cf. 2Ch 35:13) C'est sans doute d'une façon analogue que fut célébrée la Pâque commandée par Josias, après l'adoption du Deutéronome, et dont il est dit qu'aucune Pâque semblable n'avait été célébrée depuis le temps des Juges (2Ro 23:21-23).

Les auteurs du Deu. tenaient beaucoup à ce que le peuple connût exactement la loi qui lui avait été donnée ; de là la prescription de De 31:9-13, d'après laquelle tous les sept ans (lors de l'année de relâche), la loi devait être lue devant le peuple à la fête des Tabernacles.

III Législation sacerdotale (P).

C'est ici que nous trouvons les prescriptions les plus détaillées relatives aux fêtes annuelles. Celles-ci sont définitivement devenues des fêtes de la communauté dans son ensemble, qui doit les célébrer le même jour, selon les rites établis, au seul sanctuaire légitime (temple de Jérusalem). P en fixe donc exactement la date (mois et jours), la durée et le rituel (voir Le 23 et No 28-29). Ces derniers chapitres indiquent spécialement les différents sacrifices à offrir chaque jour de fête. Voir, en outre, pour la Pâque : Ex 12:1-13,43-49, No 9:1-14 ; pour Matsoth : Ex 12:14-20.

La Pâque, fixée au 14 nisan (autrefois abib =mars-avril), ne perd pas dans P, quoique étroitement unie à Matsoth, son caractère de fête familiale, car P ne change rien aux prescriptions données Ex 12 pour la première Pâque, qui fut célébrée dans les « maisons paternelles ». Et la Pâque a effectivement conservé jusqu'à la fin son caractère de fête de famille, malgré la concentration du culte à Jérusalem (voir parag. V). P ne dit pas comment, dans la pratique, on le sauvegardait de son temps ; on faisait sans doute intervenir les règles posées par 2Ch 30 et 2Ch 35, qui sont d'origine sacerdotale.

P accorde à ceux qui sont impurs ou en voyage le 14 nisan, la liberté de célébrer la Pâque le 14 du mois suivant, avec le même rituel (No 9:1,14).

La fête des Pains sans levain (Matsoth), qui suivait immédiatement la Pâque, est fixée du 15 au 21 nisan ; elle durait donc sept jours, comme déjà dans les temps anciens. Le premier jour et le septième étaient plus sacrés que les autres : le travail était interdit comme en un jour de sabbat, et il y avait sainte convocation, c-à-d, réunion solennelle dans le temple, sans doute avec lecture de la loi, prières et cantiques. Pendant toute la durée de la fête on ne devait manger que des pains sans levain, et aucun levain ne devait être toléré dans les maisons (Ex 12:19). Chaque jour des sacrifices spéciaux devaient être ajoutés aux sacrifices ordinaires (No 28:19-23). Une cérémonie particulière était l'offrande de la première gerbe de la moisson nouvelle, que le prêtre présentait à Dieu en l'agitant de côté et d'autre, suivant le rituel usité pour de semblables offrandes. Jusqu'alors il n'était pas permis de manger soit pain, soit épis provenant de la récolte nouvelle. Cette cérémonie avait lieu le lendemain du 15 nisan, qui était un jour sabbatique (ou le lendemain du sabbat qui tombait dans la semaine sainte), et c'était de ce jour-là qu'on partait pour compter les sept semaines qui devaient s'écouler jusqu'à la fête suivante. On voit que même dans P, qui insiste sur la signification historique de Matsoth, la fête avait conservé une attache avec le cycle agricole de la Palestine.

La fête des Semaines (Chebouoth, Pentecôte dans le N.T., précédemment fête de la moisson) se célébrait sept semaines après la présentation de la première gerbe à Matsoth. Elle ne durait qu'un jour mais avec repos sabbatique ; la cérémonie caractéristique était l'offrande de deux pains levés que l'on apportait du dehors, tels qu'on les mangeait dans les maisons, et que le prêtre présentait à Dieu en les agitant de côté et d'autre.

La fête des Tabernacles (Soukkoth, ancienne fête des récoltes), fixée du 15 au 22 tisri (sept. -oct.), durait huit jours et non plus sept comme auparavant. A noter cependant que, dans Le 23:33-36 39-43 il y a oscillation entre les chiffres 7 et 8, mais dans No 28, le chiffre 8 est seul admis et n'a plus varié dès lors. P précise d'autre part que les huttes de feuillage qui ont donné à la fête son nom définitif devaient rappeler les tentes sous lesquelles le peuple israélite habitait pendant son séjour au désert (Le 23:41-43).

Dans P, la fête des Tabernacles est encore la plus grande fête de l'année, comme le montre No 29, qui indique pour chaque jour, à côté des sacrifices ordinaires, des sacrifices spéciaux différents les uns des autres. Ces sacrifices spéciaux, sans compter les sacrifices ordinaires, comportaient l'immolation de 199 taureaux, béliers, boucs ou agneaux. Le premier et le huitième jour étaient des jours de sainte convocation avec repos sabbatique.

Aux anciennes fêtes, P en a ajouté deux autres : la fête du Premier tisri (sept. -oct.) et le grand Jour des Expiations (10 tisri).

Fête du Premier tisri (septième mois). Nous avons dit que, dans les temps anciens, la fête des récoltes (Tabernacles) marquait sans doute le commencement de l'année nouvelle (en automne). Quand, vers la fin de la période anté-exilique, le commencement de l'année fut transporté au printemps, suivant la coutume babylonienne, que donc le mois de nisan (ou abib, mois des épis) devint le premier des mois, (cf. Ex 12:1) et le premier nisan le premier jour de l'année, la fête des Tabernacles ne pouvait plus être la fête du Nouvel An. Mais l'ancienne manière de compter les années à partir de l'automne n'en demeura pas moins vivante dans le peuple. On laissa donc la fête des Tabernacles à sa date habituelle et on institua, à côté, une fête spéciale, le premier jour (nouvelle lune) du mois de tisri, ou plus exactement on donna à la nouvelle lune de ce mois-là une importance plus grande qu'aux autres fêtes de nouvelle lune qui continuaient à subsister. Tandis que pour celles-ci No 28:11,15 se borne à prescrire des sacrifices spéciaux, qui étaient l'affaire des prêtres plutôt que du peuple, le premier jour du septième mois, introduit par le son des trompettes, devint un jour de sainte convocation avec repos sabbatique (Le 23:23-25, No 29:1-6). C'était une manière de marquer le commencement de la seconde partie de l'année, autrefois la première, et de rappeler sur le terrain religieux, indépendamment des réjouissances populaires de l'ancien Nouvel An, l'antique coutume de placer en automne le début d'une année nouvelle. On sait que l'antique coutume a fini par reprendre le dessus et qu'elle a persisté jusqu'à aujourd'hui chez les Juifs, qui appellent le premier tisri le rosch hasch-schana =le premier jour de l'année.

Le grand Jour des Expiations (yôm hakkip-pouritn). Quoiqu'il y ait lieu d'admettre qu'un jour d'expiation, tout au moins des cérémonies d'expiation aient existé en Israël, à l'occasion du renouvellement de l'année en automne, dès les temps anciens, le grand jour des expiations n'est mentionné nulle part avant la législation sacerdotale, et encore est-il probablement une des parties les plus récentes de cette législation.

Il est mentionné, mais sans son rituel spécial, dans Le 23:22-32 et No 29:7-9, où ne se trouvent que des prescriptions analogues à celles des autres jours de fête : sacrifices, sainte convocation, repos sabbatique. Les prescriptions caractéristiques ne se trouvent que dans Le 16 (chapitre qui offre quelques difficultés aux interprètes). Le rituel est extrêmement curieux. Le grand-prêtre (souverain sacrificateur) opère seul, revêtu non pas de son costume spécial, mais uniquement de fin lin. Cinq animaux figurent dans les sacrifices : un taureau, deux boucs et deux béliers. Le sort est jeté sur les deux boucs et l'un est désigné pour l'Éternel, l'autre pour Azazel (voir ce mot), démon du désert qui représente la puissance malfaisante. Le grand-prêtre égorge tout d'abord le taureau en expiation pour lui et pour sa maison, mais il n'en porte pas le sang sur l'autel ordinaire ; il le porte, en ayant soin de se munir d'un brasier dont la fumée doit le couvrir devant l'Éternel, dans le lieu très-saint, et il en fait du doigt l'aspersion sur le propitiatoire (couvercle de l'arche) et sept fois devant le propitiatoire. Il prend ensuite le bouc destiné à l'Éternel, l'égorgé, en porte de même le sang dans le lieu très-saint, où il fait l'aspersion sur et devant le propitiatoire. C'est ainsi, dit le texte (verset 16), qu'il fera l'expiation pour le sanctuaire, à cause des impuretés des enfants d'Israël et de toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché. Il doit en faire de même pour le lieu saint et pour l'autel des holocaustes (verset 18 ; non pas autel des parfums). Après cela, il doit prendre le second bouc vivant, poser les mains dessus, confesser sur lui toutes les iniquités d'Israël, les mettre sur la tête du bouc, puis le chasser dans le désert à l'aide d'un homme qui aura cette charge. Le bouc devait emporter dans le désert (le domaine du péché et de l'impureté) les iniquités d'Israël et les faire retomber, avec le châtiment qu'elles avaient mérité, sur Azazel. Il y a là une curieuse cérémonie encore non expliquée ; elle a sans doute des origines lointaines, mais nous ne les connaissons pas, car Azazel n'est pas nommé ailleurs dans tout l'A.T. ; il figure dans les écrits juifs postérieurs comme chef de la puissance du mal (autre nom de Satan). --Le bouc était, même dans les temps postérieurs, vraiment chassé dans le désert ; on mettait sur les murs du temple et sur la route du désert des sentinelles qui devaient annoncer quand l'homme chargé de le conduire avait atteint les limites du pays.

Quand avaient été accomplies toutes ces premières cérémonies, qui étaient les principales, le grand-prêtre quittait ses habits de lin, se lavait le corps, revêtait son costume sacerdotal et offrait les deux béliers en holocaustes ordinaires pour lui et pour le peuple : c'étaient les premiers sacrifices de la communauté purifiée.

Le grand Jour des Expiations était à la fois une purification du sanctuaire, souillé par les péchés du peuple et des prêtres, et une expiation des péchés du peuple, qui devait parfaire toutes les autres expiations des particuliers, des prêtres et de la communauté elle-même. Le sacrifice journalier (thaniid) et les sacrifices des grandes fêtes faisaient expiation, mais il pouvait rester des péchés non expiés et, à la longue, le sanctuaire lui-même prenait quelque chose de la souillure ambiante. Le grand Jour des Expiations devait tout remettre au net, rendre au sanctuaire sa pureté naturelle, éloigner tout ce qui séparait encore le peuple de son Dieu. Il concentrait en une cérémonie uniquement destinée à l'expiation ce que l'on attendait de tous les sacrifices : il était l'expiation par excellence. Il avait sa place marquée au renouvellement de l'année ; il est devenu rapidement le jour le plus saint du calendrier israélite, sans être cependant, au point de vue de la participation, la plus fréquentée et la plus importante des fêtes. Toute la cérémonie est un témoignage du sentiment profond que l'Israélite avait de son péché et du besoin d'expiation. C'est un des points qui montrent le mieux que l'Évangile ne pouvait naître que sur le terrain de l'A.T.

IV Fêtes postérieures.

Après la clôture de la législation, sur le terrain du judaïsme proprement dit, de nouvelles fêtes ont été instituées. Nous les énumérons brièvement.

1.

Fête de la Dédicace. Cette fête n'a aucun rapport avec la dédicace du premier temple au temps de Salomon (1Ro 8), ni avec celle du deuxième temple au temps de Zorobabel (Esd 6:15-18). Elle a été instituée par Judas Macchabée et ses frères, à l'occasion de la purification du temple le 25 kislev (nov. -déc.) de l'année 165 avant J. -C, après les trois ans pendant lesquels il avait été occupé par les Syriens (Antiochus IV Épiphane) et consacré à Jupiter Olympien. On illuminait les maisons pendant huit jours, à partir du 25 kislev, à Jérusalem et dans toutes les localités. C'est pourquoi l'historien Josèphe a appelé cette fête phôta =la fête des lumières (Ant., XII, 7:7). Voir 1Ma 4 et 2Ma 10.

2.

Jour de Nicanor.

Célébré le 13 adar (févr. -mars), en souvenir de la victoire de Judas Macchabée sur le général syrien Nicanor le 13 adar 161 av. J. -C (1Ma 7:49,2Ma 15:36 et suivants). Mais la fête ne subsista pas longtemps ; elle se confondit avec la fête de Purim, qui la suivait immédiatement.

3.

Fête de Purim.

Elle a été instituée, d'après le livre d'Esther (voir ce mot), en souvenir de la grande délivrance accordée aux Juifs de l'empire perse, sous le règne d'Assuérus (Xerxès) ; cf. Est 9:20-26. Le nom de purim vient, d'après v. 24, d'un mot perse, pur, signifiant sort, parce que le méchant Haman avait jeté les sorts quand il projetait de faire mourir les Juifs. Mais ce mot pur n'existe pas dans la langue perse ; il s'agirait plutôt de l'assyrien puru ou buru (=pierre). La fête était célébrée le 14 et le 15 adar. Elle était précédée d'un jour de jeûne qui, à l'époque chrétienne, fut fixé au 13 adar (ancien jour de Nicanor). C'était essentiellement une fête de famille, accompagnée de grandes réjouissances et d'échanges de cadeaux. Mais elle avait passé également dans la synagogue, où on lisait alors le livre d'Esther, au milieu des applaudissements de l'assemblée. Il y a de sérieuses raisons de penser que le livre d'Esther a été écrit non pas avant l'introduction de la fête dans les milieux juifs de l'empire perse, mais une fois que la fête était bien établie, et qu'il est un essai d'explication bien plus qu'un écrit absolument historique. Aussi a-t-on cherché la véritable origine de cette fête dans le Nouvel An persan ou le Nouvel An babylonien, que les Juifs auraient célébré avec la population au milieu de laquelle ils vivaient et qu'ils auraient ensuite transformé en une fête à eux, en lui donnant, à la suite de circonstances que nous ne connaissons pas, une signification nationale. C'est possible mais non certain. Elle est mentionnée pour la première fois en Palestine dans 2Ma 15:36, mais elle est devenue rapidement très populaire.

V Au temps de Jésus et des apôtres.

Ni la fête du Premier tisri, ni le jour de Nicanor, ni la fête de Purim ne sont nommés dans le N.T. ; cependant il est très probable que la fête mentionnée Jn 5:1 était une fête de Purim, quoique l'obligation de monter à Jérusalem n'existât pas pour ces jours-là et que rien, dans l'ensemble du chapitre, ne fasse penser aux réjouissances qui les accompagnaient (voir Chronol. du N.T., I, 3). Il est fait allusion au grand Jour des Expiations dans Heb 9:7,25 ; la fête de la Dédicace est mentionnée Jn 10:22, celle des Tabernacles Jn 7 2, celle de Pentecôte à plusieurs reprises (Ac 2, 1Co 16:8, Ac 20:16), et la fête de Pâque plus souvent encore, puisque ce fut à cette époque de Pâque que mourut Jésus. Nous attirons l'attention sur trois points :

1.

La fête de Pentecôte, qui ne jouait qu'un rôle secondaire, a acquis une plus grande importance qu'autrefois. Preuve en soient les nombreux pèlerins dont parle Ac 2 et le fait que Paul tenait beaucoup, dans son dernier voyage à Jérusalem, à arriver pour Pentecôte dans la ville sainte (Ac 20:16). C'est ce que l'historien Josèphe relève aussi à plusieurs reprises (Ant., XIV, 13:4, XVII, 10:2 ; G. J., II, 3:1). Cette plus grande importance lui venait sans doute du fait qu'on avait, nous ne savons exactement quand, ajouté à sa première signification celle de mémorial du don de la loi sur le Sinaï. La loi n'ordonnait qu'un jour de fête ; un deuxième a été introduit dans le calendrier, on ne sait pas non plus à quelle époque ; les Juifs en célèbrent actuellement deux.

2.

La fête de Pâque (comprenant à la fois la Pâque proprement dite et Matsoth) était devenue déjà avant l'ère chrétienne la principale des fêtes juives, celle qui attirait à Jérusalem le plus grand nombre de pèlerins. L'historien Josèphe estime à plus de deux millions le nombre d'hommes qui pouvaient être, à cette occasion, réunis dans la ville sainte (G.J., VI, 9:3). La délivrance de la servitude d'Egypte, dont elle rappelait le souvenir, était la plus grande oeuvre de Dieu à l'égard de son peuple, et elle avait pris dans la conscience d'Israël la place qu'a pour nous le salut en Jésus-Christ. C'est donc à Pâque avant tout que le peuple juif devait célébrer la grandeur et la miséricorde de son Dieu.

Une coutume spéciale peut être rattachée à l'idée de délivrance qui dominait les esprits : celle de libérer pendant la durée de la fête un prisonnier menacé de mort. Elle n'est mentionnée que dans le N.T. (Mr 15:6 et suivants, Mt 27:15 s, Lu 23:17 s, Jn 18:39).

La Pâque proprement dite continuait, quoique célébrée à Jérusalem, à être une fête de famille. L'agneau était immolé dans le temple, mais le repas réunissait à part, dans le local qu'on avait pu trouver, les membres ou les amis d'une même famille. Le rituel du repas pascal au temps de Jésus, qui nous intéresse spécialement puisque c'est dans un semblable repas que le Seigneur institua la sainte Cène, était le suivant : quand tout le monde était assis, le père de famille prenait une première fois la coupe, la bénissait et la passait aux assistants ; c'est la coupe dont parle Lu 22:10-17. Puis chacun mangeait un peu d'herbes amères, et le père lisait la liturgie de fête, passages de la loi et prières, et répondait aux questions de son fils qui lui demandait l'origine et le but de la cérémonie. On passait la deuxième coupe et on chantait les Ps 113 et Ps 114 (première partie du grand Hallel : Ps 113 Ps 114 Ps 115 Ps 116 Ps 117 Ps 118). Puis venait, après une courte prière, le repas proprement dit composé du pain sans levain, rompu préalablement par le père de famille, de la chair rôtie de l'agneau et d'herbes amères. Le repas terminé, (cf. 1Co 11:25 : « après avoir soupé ») le père remplissait la coupe une troisième fois, la bénissait et la passait aux assistants, après en avoir naturellement bu lui-même comme les premières fois. C'est cette troisième coupe qui était spécialement appelée coupe de bénédiction. (cf. 1Co 10:16) On chantait ensuite la fin du grand Hallel (Ps 115 Ps 116 Ps 117 Ps 118, Mt 26:30 et parallèle) ; on buvait une quatrième coupe, puis même, si on voulait, une cinquième, accompagnée du chant des Ps 120 à Ps 137, et la fête se terminait assez avant dans la nuit. Les quatre premières coupes étaient obligatoires ; même les plus pauvres devaient se les procurer, fût-ce aux frais de la communauté.

3.

Nous connaissons, par le traité Soukka du Talmud, différentes cérémonies qui accompagnaient la célébration de la fête des Tabernacles au temps de Jésus et qui ne figurent pas dans l'A.T.

Disons tout d'abord que les participants devaient porter dans la main droite une palme dont les feuilles n'étaient pas encore étendues, entourée d'une branche de myrte et d'une branche de saule (loulab), et dans la main gauche un citron (ethrog), toutes les fois qu'ils montaient au temple en procession solennelle. Pendant les six premiers jours de la fête, il y avait une procession solennelle autour de l'autel des holocaustes, les prêtres marchant en tête de la foule qui agitait les palmes et criait hosanna ; le septième jour, la procession se faisait sept fois. Pendant les sept premiers jours de la fête, mais non pas le huitième comme on l'a cru à tort sur le dire d'un seul rabbi en contradiction avec les autres, un prêtre allait chercher de l'eau à l'étang de Siloé dans une cruche d'or contenant trois logs (=1 litre 1 12) et l'apportait, en passant par la porte des Eaux, dans le parvis du temple, où il était reçu au son des trompettes ; un autre prêtre prenait l'eau, en prononçant Esa 12:3, la mêlait avec du vin employé pour les libations et la versait dans deux trous pratiqués à droite et à gauche de l'autel : le tout au milieu du son des trompettes et d'autres instruments, avec psaumes chantés par les lévites.

C'est à cette cérémonie spéciale que Jésus se réfère sans doute (Jn 7:37-39), quand il s'écrie : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive. » Mais il ne faut pas conclure de la date indiquée : le dernier et grand jour de la fête, que ce fût le 8 e jour de la fête. Plus grand que le 8 e était le 7 e, celui où l'on faisait 7 fois le tour de l'autel. Le 8 e jour était un jour de sainte convocation avec repos sabbatique. C'était comme un appendice à la fête proprement dite.

Le premier jour était aussi un grand jour. Le soir, la foule se réunissait dans le parvis des femmes brillamment éclairé par des candélabres à quatre branches, et là, au milieu de la musique, du chant des psaumes, du son des trompettes, les hommes les plus considérés et les prêtres dansaient en tenant un flambeau à la main, pendant que le peuple regardait et poussait des clameurs de joie. C'était une nuit fort gaie, qui ne se terminait qu'au chant du coq. Serait-ce à l'illumination de la nuit du 15-16 tisri que Jésus se réfère (Jn 8:12), quand il dit : « Je suis la lumière du monde » ? C'est possible, mais il faut se rappeler que l'illumination n'avait lieu que le premier jour de la fête. Elle n'était pas répétée les jours suivants.

La présentation des sacrifices ordinaires était aussi accompagnée du son des trompettes, du jeu des instruments et de chants des lévites, spécialement du chant du grand Hallel, (Ps 113 Ps 114 Ps 115 Ps 116 Ps 117 Ps 118) auquel la foule se mêlait par des répons et des hosannas, avec agitation répétée des palmes.

On le voit, la fête des Tabernacles avait, au temps de Jésus, subi diverses modifications, mais elle n'était pas devenue une fête triste. On ne célébrait plus, avant tout, les dons de Dieu dans la nature, mais l'ensemble des grâces, matérielles et spirituelles, que l'Éternel avait accordées à son peuple et continuait de lui accorder. L. A.

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      Genèse 38

      12 After many days, Shua's daughter, the wife of Judah, died. Judah was comforted, and went up to his sheepshearers to Timnah, he and his friend Hirah, the Adullamite.

      Exode 4

      18 Moses went and returned to Jethro his father-in-law, and said to him, "Please let me go and return to my brothers who are in Egypt, and see whether they are still alive." Jethro said to Moses, "Go in peace."

      Exode 5

      1 Afterward Moses and Aaron came, and said to Pharaoh, "This is what Yahweh, the God of Israel, says, 'Let my people go, that they may hold a feast to me in the wilderness.'"
      2 Pharaoh said, "Who is Yahweh, that I should listen to his voice to let Israel go? I don't know Yahweh, and moreover I will not let Israel go."
      3 They said, "The God of the Hebrews has met with us. Please let us go three days' journey into the wilderness, and sacrifice to Yahweh, our God, lest he fall on us with pestilence, or with the sword."

      Exode 8

      24 Yahweh did so; and there came grievous swarms of flies into the house of Pharaoh, and into his servants' houses: and in all the land of Egypt the land was corrupted by reason of the swarms of flies.

      Exode 10

      7 Pharaoh's servants said to him, "How long will this man be a snare to us? Let the men go, that they may serve Yahweh, their God. Don't you yet know that Egypt is destroyed?"
      11 Not so! Go now you who are men, and serve Yahweh; for that is what you desire!" They were driven out from Pharaoh's presence.
      24 Pharaoh called to Moses, and said, "Go, serve Yahweh. Only let your flocks and your herds stay behind. Let your little ones also go with you."

      Exode 12

      1 Yahweh spoke to Moses and Aaron in the land of Egypt, saying,
      2 "This month shall be to you the beginning of months. It shall be the first month of the year to you.
      3 Speak to all the congregation of Israel, saying, 'On the tenth day of this month, they shall take to them every man a lamb, according to their fathers' houses, a lamb for a household;
      4 and if the household is too little for a lamb, then he and his neighbor next to his house shall take one according to the number of the souls; according to what everyone can eat you shall make your count for the lamb.
      5 Your lamb shall be without blemish, a male a year old. You shall take it from the sheep, or from the goats:
      6 and you shall keep it until the fourteenth day of the same month; and the whole assembly of the congregation of Israel shall kill it at evening.
      7 They shall take some of the blood, and put it on the two doorposts and on the lintel, on the houses in which they shall eat it.
      8 They shall eat the flesh in that night, roasted with fire, and unleavened bread. They shall eat it with bitter herbs.
      9 Don't eat it raw, nor boiled at all with water, but roasted with fire; with its head, its legs and its inner parts.
      10 You shall let nothing of it remain until the morning; but that which remains of it until the morning you shall burn with fire.
      11 This is how you shall eat it: with your belt on your waist, your shoes on your feet, and your staff in your hand; and you shall eat it in haste: it is Yahweh's Passover.
      12 For I will go through the land of Egypt in that night, and will strike all the firstborn in the land of Egypt, both man and animal. Against all the gods of Egypt I will execute judgments: I am Yahweh.
      13 The blood shall be to you for a token on the houses where you are: and when I see the blood, I will pass over you, and there shall no plague be on you to destroy you, when I strike the land of Egypt.
      14 This day shall be to you for a memorial, and you shall keep it a feast to Yahweh: throughout your generations you shall keep it a feast by an ordinance forever.
      15 "'Seven days you shall eat unleavened bread; even the first day you shall put away yeast out of your houses, for whoever eats leavened bread from the first day until the seventh day, that soul shall be cut off from Israel.
      16 In the first day there shall be to you a holy convocation, and in the seventh day a holy convocation; no kind of work shall be done in them, except that which every man must eat, that only may be done by you.
      17 You shall observe the feast of unleavened bread; for in this same day have I brought your armies out of the land of Egypt: therefore you shall observe this day throughout your generations by an ordinance forever.
      18 In the first month, on the fourteenth day of the month at evening, you shall eat unleavened bread, until the twenty first day of the month at evening.
      19 There shall be no yeast found in your houses for seven days, for whoever eats that which is leavened, that soul shall be cut off from the congregation of Israel, whether he be a foreigner, or one who is born in the land.
      20 You shall eat nothing leavened. In all your habitations you shall eat unleavened bread.'"
      21 Then Moses called for all the elders of Israel, and said to them, "Draw out, and take lambs according to your families, and kill the Passover.
      22 You shall take a bunch of hyssop, and dip it in the blood that is in the basin, and strike the lintel and the two doorposts with the blood that is in the basin; and none of you shall go out of the door of his house until the morning.
      23 For Yahweh will pass through to strike the Egyptians; and when he sees the blood on the lintel, and on the two doorposts, Yahweh will pass over the door, and will not allow the destroyer to come in to your houses to strike you.
      24 You shall observe this thing for an ordinance to you and to your sons forever.
      25 It shall happen when you have come to the land which Yahweh will give you, according as he has promised, that you shall keep this service.
      26 It will happen, when your children ask you, 'What do you mean by this service?'
      27 that you shall say, 'It is the sacrifice of Yahweh's Passover, who passed over the houses of the children of Israel in Egypt, when he struck the Egyptians, and spared our houses.'" The people bowed their heads and worshiped.
      28 The children of Israel went and did so; as Yahweh had commanded Moses and Aaron, so they did.
      29 It happened at midnight, that Yahweh struck all the firstborn in the land of Egypt, from the firstborn of Pharaoh who sat on his throne to the firstborn of the captive who was in the dungeon; and all the firstborn of livestock.
      30 Pharaoh rose up in the night, he, and all his servants, and all the Egyptians; and there was a great cry in Egypt, for there was not a house where there was not one dead.
      31 He called for Moses and Aaron by night, and said, "Rise up, get out from among my people, both you and the children of Israel; and go, serve Yahweh, as you have said!
      32 Take both your flocks and your herds, as you have said, and be gone; and bless me also!"
      33 The Egyptians were urgent with the people, to send them out of the land in haste, for they said, "We are all dead men."
      34 The people took their dough before it was leavened, their kneading troughs being bound up in their clothes on their shoulders.
      35 The children of Israel did according to the word of Moses; and they asked of the Egyptians jewels of silver, and jewels of gold, and clothing.
      36 Yahweh gave the people favor in the sight of the Egyptians, so that they let them have what they asked. They despoiled the Egyptians.
      37 The children of Israel traveled from Rameses to Succoth, about six hundred thousand on foot who were men, besides children.
      38 A mixed multitude went up also with them, with flocks, herds, and even very much livestock.
      39 They baked unleavened cakes of the dough which they brought out of Egypt; for it wasn't leavened, because they were thrust out of Egypt, and couldn't wait, neither had they prepared for themselves any food.
      40 Now the time that the children of Israel lived in Egypt was four hundred thirty years.
      41 It happened at the end of four hundred thirty years, even the same day it happened, that all the armies of Yahweh went out from the land of Egypt.
      42 It is a night to be much observed to Yahweh for bringing them out from the land of Egypt. This is that night of Yahweh, to be much observed of all the children of Israel throughout their generations.
      43 Yahweh said to Moses and Aaron, "This is the ordinance of the Passover. No foreigner shall eat of it,
      44 but every man's servant who is bought for money, when you have circumcised him, then shall he eat of it.
      45 A foreigner and a hired servant shall not eat of it.
      46 In one house shall it be eaten; you shall not carry out anything of the flesh abroad out of the house; neither shall you break a bone of it.
      47 All the congregation of Israel shall keep it.
      48 When a stranger shall live as a foreigner with you, and will keep the Passover to Yahweh, let all his males be circumcised, and then let him come near and keep it; and he shall be as one who is born in the land: but no uncircumcised person shall eat of it.
      49 One law shall be to him who is born at home, and to the stranger who lives as a foreigner among you."
      50 All the children of Israel did so. As Yahweh commanded Moses and Aaron, so they did.
      51 It happened the same day, that Yahweh brought the children of Israel out of the land of Egypt by their armies.

      Exode 19

      1 In the third month after the children of Israel had gone out of the land of Egypt, on that same day they came into the wilderness of Sinai.

      Exode 21

      1 "Now these are the ordinances which you shall set before them.
      2 "If you buy a Hebrew servant, he shall serve six years and in the seventh he shall go out free without paying anything.
      3 If he comes in by himself, he shall go out by himself. If he is married, then his wife shall go out with him.
      4 If his master gives him a wife and she bears him sons or daughters, the wife and her children shall be her master's, and he shall go out by himself.
      5 But if the servant shall plainly say, 'I love my master, my wife, and my children. I will not go out free;'
      6 then his master shall bring him to God, and shall bring him to the door or to the doorpost, and his master shall bore his ear through with an awl, and he shall serve him for ever.
      7 "If a man sells his daughter to be a female servant, she shall not go out as the male servants do.
      8 If she doesn't please her master, who has married her to himself, then he shall let her be redeemed. He shall have no right to sell her to a foreign people, since he has dealt deceitfully with her.
      9 If he marries her to his son, he shall deal with her as a daughter.
      10 If he takes another wife to himself, he shall not diminish her food, her clothing, and her marital rights.
      11 If he doesn't do these three things for her, she may go free without paying any money.
      12 "One who strikes a man so that he dies shall surely be put to death,
      13 but not if it is unintentional, but God allows it to happen: then I will appoint you a place where he shall flee.
      14 If a man schemes and comes presumptuously on his neighbor to kill him, you shall take him from my altar, that he may die.
      15 "Anyone who attacks his father or his mother shall be surely put to death.
      16 "Anyone who kidnaps someone and sells him, or if he is found in his hand, he shall surely be put to death.
      17 "Anyone who curses his father or his mother shall surely be put to death.
      18 "If men quarrel and one strikes the other with a stone, or with his fist, and he doesn't die, but is confined to bed;
      19 if he rises again and walks around with his staff, then he who struck him shall be cleared: only he shall pay for the loss of his time, and shall provide for his healing until he is thoroughly healed.
      20 "If a man strikes his servant or his maid with a rod, and he dies under his hand, he shall surely be punished.
      21 Notwithstanding, if he gets up after a day or two, he shall not be punished, for he is his property.
      22 "If men fight and hurt a pregnant woman so that she gives birth prematurely, and yet no harm follows, he shall be surely fined as much as the woman's husband demands and the judges allow.
      23 But if any harm follows, then you must take life for life,
      24 eye for eye, tooth for tooth, hand for hand, foot for foot,
      25 burning for burning, wound for wound, and bruise for bruise.
      26 "If a man strikes his servant's eye, or his maid's eye, and destroys it, he shall let him go free for his eye's sake.
      27 If he strikes out his male servant's tooth, or his female servant's tooth, he shall let him go free for his tooth's sake.
      28 "If a bull gores a man or a woman to death, the bull shall surely be stoned, and its flesh shall not be eaten; but the owner of the bull shall not be held responsible.
      29 But if the bull had a habit of goring in the past, and it has been testified to its owner, and he has not kept it in, but it has killed a man or a woman, the bull shall be stoned, and its owner shall also be put to death.
      30 If a ransom is laid on him, then he shall give for the redemption of his life whatever is laid on him.
      31 Whether it has gored a son or has gored a daughter, according to this judgment it shall be done to him.
      32 If the bull gores a male servant or a female servant, thirty shekels of silver shall be given to their master, and the ox shall be stoned.
      33 "If a man opens a pit, or if a man digs a pit and doesn't cover it, and a bull or a donkey falls into it,
      34 the owner of the pit shall make it good. He shall give money to its owner, and the dead animal shall be his.
      35 "If one man's bull injures another's, so that it dies, then they shall sell the live bull, and divide its price; and they shall also divide the dead animal.
      36 Or if it is known that the bull was in the habit of goring in the past, and its owner has not kept it in, he shall surely pay bull for bull, and the dead animal shall be his own.

      Exode 22

      1 "If a man steals an ox or a sheep, and kills it, or sells it; he shall pay five oxen for an ox, and four sheep for a sheep.
      2 If the thief is found breaking in, and is struck so that he dies, there shall be no guilt of bloodshed for him.
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