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JOB

« Le Livre de Job est l'une des oeuvres les plus sublimes que la plume ait jamais tracées... Rien, je crois, de ce qui a été écrit, soit dans la Bible soit ailleurs, n'atteint sa valeur littéraire » (Carlyle). Et il n'est pas moins remarquable par sa vigueur intellectuelle que par sa puissance littéraire. C'est une brillante défense des droits de la personnalité morale et intelligente et une grandiose protestation contre une orthodoxie qui ferme les yeux sur les faits qui la gênent.

La thèse générale du livre peut être ainsi résumée : Le prologue (Job 1) nous montre en Job un modèle de piété scrupuleuse et par suite, conformément à l'antique croyance, un homme comblé de biens matériels. Dans l'assemblée des habitants du ciel, Satan insinue que si la prospérité de Job lui était enlevée, sa piété disparaîtrait en même temps. Jéhovah, sûr de la fidélité de son serviteur Job, consent a laisser Satan le dépouiller de tout ce qu'il a, afin qu'il puisse découvrir tout ce qu'il est. Job supporte les quatre catastrophes successives et cruelles, qui le privent de tout ce qu'il possédait, avec une admirable soumission. Satan a échoué. Il suggère maintenant que l'épreuve n'a pas été assez dure : Job n'a été atteint que dans ses richesses, il ne l'a pas été dans son corps. Avec la permission de Jéhovah, Satan livre un nouvel assaut et Job frappé de la lèpre, maladie repoussante et incurable, n'a plus rien à espérer ici-bas. Dieu seul lui reste, mais Dieu lui suffira-t-il ? Cette fois encore Job accepte l'épreuve et prononce de nobles, inoubliables paroles (Job 2:10). De nouveau Satan est confondu.

Trois personnages, amis de Job, chefs de tribus, viennent alors lui apporter leurs condoléances et leurs consolations. Suivent trois séries de dialogues entre Job et chacun de ses amis. (Job 3-14,15-21,22-31)

SERIE 1. Job commence par maudire le jour où il est né, il appelle la mort (Job 3). Éliphaz, homme d'âge mûr et de jugement, auquel une révélation a été accordée pendant la nuit, s'efforce avec beaucoup de bienveillance de réconcilier Job avec son sort ; il lui rappelle qu'aucun homme n'est juste devant Dieu et l'assure que le bonheur lui sera rendu s'il accepte ses souffrances comme un châtiment (Job 4 Job 5). Job repousse cet optimisme commode, il soupire après une mort rapide, car la vie ici-bas n'est qu'un misérable train de guerre (Job 6 Job 7).

--Bildad, qui blâme le défi que Job semble porter à la justice de Dieu, affirme que ceux qui commettent le mal seront sûrement détruits ; mais, à la fin de son discours, il concède implicitement, en lui promettant un brillant avenir, que Job est innocent.

--Celui-ci devient alors ironique. (Job 8) « Assurément, dit-il, le Tout-Puissant a raison. Il est juste en faisant périr également l'innocent et le coupable. » Job désire ardemment voir Dieu et apprendre de Lui pourquoi Il impose à la créature merveilleuse qu'il a formée, un traitement aussi incompréhensible (Job 9 Job 10).

--Tsophar blâme avec rudesse ces paroles de Job et le presse de se repentir. Cependant, comme ses amis, il prédit l'aurore de jours meilleurs, bien que les derniers mots de son discours semblent présager un autre dénouement. (Job 11)

--Job fait un éloge sarcastique de la sagesse de ses amis ; il réclame le droit de juger en toute indépendance et défie l'édifice entier de la morale sur lequel repose le monde. Mieux vaut être franc. Dieu n'a pas besoin qu'aucun homme dénature les faits pour Le justifier. Job soupire après une rencontre avec Dieu afin de L'écouter ou de Lui parler. Mais il ne reçoit aucune réponse et se lamente à nouveau sur le caractère tragique d'une vie que la mort doit anéantir. (Job 12-14)

SERIE 2. Éliphaz, concluant de ce qui précède que Job méprise la piété, décrit en termes énergiques le sort des impies. (Job 15)

--Job se plaint de la persécution cruelle dont il est l'objet de la part de Dieu. II en appelle dans une même supplication de ce Dieu qui se cache au Dieu juste qui, dans les cieux, est son témoin et son garant, puis il retombe dans la tristesse et l'accablement (Job 16 Job 17).

--Bildad lui répond en décrivant le sort des méchants et fait maintes allusions évidentes au cas de Job. (Job 18)

--Celui-ci est profondément blessé. Il éclate en accents d'une détresse infinie. Ces ténèbres sont cependant traversées d'un soudain et fugitif éclair de confiance : un jour, Dieu le justifiera. (Job 19)

--Non, répond Tsophar : le triomphe du méchant est de peu de durée. (Job 20)

--En termes fiers et courroucés, Job attaque les arguments de ses amis, nie l'économie morale du monde et affirme que celui-ci n'est qu'un chaos (Job 21).

SERIE 3.

Aux yeux de ses amis. Job semble maintenant avoir prononcé sa propre condamnation. Éliphaz se met à l'accuser froidement de péchés déterminés (Job 22), ce qui réduit Job au désespoir. Il souhaite ardemment rencontrer le Dieu qui se dérobe, afin de plaider sa cause devant Lui. Pourquoi n'intervient-Il pas ? Une fois encore il lance à la loi morale qui régit le monde un audacieux défi (Job 23 et Job 24).

--Peu à peu l'argumentation des amis s'épuise et Bildad se borne à répondre qu'en présence de l'infinie majesté de Dieu, l'homme est un être souillé (Job 25 Job 26).

--Job n'en affirme pas moins son innocence.

--Tsophar (Job 27:1,6) rappelle une fois encore le sort réservé aux méchants d'après l'antique croyance (Job 27:7-23 ; bien des critiques, en effet, attribuent ce passage à Tsophar, dont le nom aura disparu entre le verset 6 et le verset 7).

--Job se dresse alors comme un géant et présente avec ampleur sa dernière défense. Il décrit sa prospérité passée et sa misère actuelle et, dans un développement qui atteint aux sommets les plus sublimes de la morale de l'A.T., il affirme en détail les principes qui ont formé son caractère et guidé sa conduite. Il termine par un cri passionné, adjurant le Tout-Puissant de l'écouter (Job 29 Job 30 Job 31). Le Tout-Puissant écoute ; Il répond, non pas en jugeant le cas particulier de Job, moins encore son péché, mais par une série de questions. Il lui dépeint, en face de Sa puissance, de Sa sagesse, de Son amour manifestés dans le monde, l'ignorance et la faiblesse de l'homme (Job 38,39,40:2,8). A la lumière de cette révélation de Dieu, Job reconnaît humblement l'insuffisance de ses critiques (Job 40:3-5 42:2-6). Ainsi se termine le poème. L'épilogue (Job 42:7-17), écrit en prose, raconte comment Jéhovah, après avoir blâmé sévèrement les discours prononcés par les trois amis, fait l'éloge de son serviteur Job qui a parlé de son Maître selon la justice, et lui rend au double sa prospérité passée.

Cette analyse rapide n'a pas tenu compte des chap. Job 28, Job 32:1-37:24 et Job 40:10-41:25. Ils sont généralement considérés comme une addition postérieure au livre de Job. L'accent de sérénité qui anime le ch. 28 avec sa belle description de la sagesse, précédant le Job 29 où Job se répand en lamentations, paraît peu vraisemblable. Les discours d'Élihu (Job 32:1-37:24), dont le nom n'est mentionné ni dans le prologue (Job 2:11) ni dans l'épilogue (Job 42), interrompent le dernier plaidoyer de Job (Job 31) et la réponse du Tout-Puissant (Job 38), et n'apportent qu'un faible argument nouveau. En exaltant la grandeur de Dieu, ils ne font qu'anticiper sur les paroles de Jéhovah ; et, en exaltant la valeur du châtiment en tant que discipline (Job 36:16), ils ne font que développer le sujet déjà traité par Éliphaz (Job 5:17). De même les descriptions (Job 40:10-41:25) du rhinocéros (hébreu béhc-moth) et du crocodile (hébreu léviathan) ne semblent pas, malgré leur beauté technique, faire partie intégrante du livre ; elles retardent sans nécessité le drame final qui met Jéhovah et Job face à face et auquel le lecteur sympathique est impatient d'assister.

Ce livre fut probablement écrit environ quatre cents ans av. J. -C. Non seulement les malédictions et les lamentations de Job au ch. 3 rappellent celles de Jérémie et seraient alors postérieures à l'an 586 av. J. -C, mais encore la doctrine fataliste de la rétribution, défendue par Ézéchiel (Eze 18), y est énergiquement combattue. Il serait alors postérieur à l'an 570. De plus, la tristesse et le doute qui caractérisent le livre rappellent étrangement les sentiments des contemporains de Malachie (cf. Mal 2:17 3:14) qui écrivait vers le milieu du V e siècle av. J. -C. Nous ne sommes pas en mesure de préciser davantage ces détails chronologiques.

Un prédicateur pourrait utiliser avec fruit le livre de Job en le divisant en cinq parties et en traitant chacune dans une prédication, comme suit :

Un juste accablé par le malheur (Job 1 et Job 2).

Comment en découvrir la cause ? (trois séries d'entretiens : (Job 3-14,15-21,22-27) ; --ou bien l'on pourrait consacrer une prédication séparée à chacune de ces trois séries, et y ajouter une quatrième, traitant de l'intervention d'Élihu dans le débat : Job 32 à Job 37).

Job en appelle à Dieu (Job 28 à Job 31).

La réponse du Tout-Puissant (Job 38 à Job 40).

La réparation (Job 42).

Aucun livre de la Bible ne peut être comparé à celui de Job pour la sincérité irréductible avec laquelle il envisage les faits troublants du monde moral. A ceux qui sont parvenus trop facilement à la foi ou à ceux qui manquent de sympathie pour les lutteurs en quête de la lumière, sa logique inflexible devrait rappeler que le monde, après tout, est une énigme qu'aucun homme n'est capable, par ses seules études, de déchiffrer entièrement (Job 11:7). Job a la mentalité et l'esprit protestants. Il ne lui suffit pas d'admettre comme Bildad qu'étant « nés d'hier nous ne savons rien » (Job 8:8 et suivant). Non ! Il a comme ses pères non seulement le droit mais, plus encore, le devoir d'examiner. Négliger ce devoir serait se rendre coupable de trahison envers Dieu et envers sa propre conscience. « Comme son palais goûte les aliments, son oreille jugera les discours » (Job 12:11).

Le problème posé par le livre de Job a plusieurs aspects. On peut y voir un essai de réponse à cette question : existe-t-il une piété désintéressée ? (Job 1:9) Il répond en nous montrant un être qui, dépouillé de tout ce que l'homme aime avec fierté, reste quand même attaché à Dieu. Mais à un point de vue plus large, ce problème est le suivant : Comment la prospérité des méchants et, plus encore, le malheur des hommes de bien, peuvent-ils se concilier avec la justice de Dieu ? Dans l'un de ses pires accès d'amertume, Job affirme sans détours que Dieu ne fait pas de distinctions entre les hommes. « Il fait périr également l'innocent et l'impie » (Job 9:22). « La paix règne sous les tentes des brigands » (Job 12:6). Le chap. 21 est un acte d'accusation terrifiant et ininterrompu contre toute l'ordonnance de l'univers.

Quelle sera l'explication du problème ? L'auteur du livre était sans doute un homme de trop grande valeur et un penseur trop profond pour s'attribuer le mérite d'avoir trouvé une solution parfaite. La paix à laquelle il parvient est due à ses révélations et à sa foi, non à sa science consommée.

L'épilogue qui montre Job rentrant en possession de ses chameaux, de ses brebis et de ses boeufs, est une peinture poétique de redressement de la justice, mais non--sauf dans des cas très exceptionnels--de la vie réelle telle que nous la connaissons. Pour qui a suivi avec attention la sublime argumentation du livre, ce dénouement comporte presque un désappointement.

1.

Mais si ce livre n'apporte pas une solution complète du problème soulevé, il contient de précieuses suggestions, de brillants éclairs projetés dans des ténèbres épaisses. Le chap, 1 déjà nous offre le premier de ces aperçus lumineux. Les cinq premiers versets décrivent la piété et la prospérité de Job. Au verset 6 le lecteur est transporté de la terre, où vit une famille heureuse, au milieu des habitants du ciel qui délibèrent. En voici la conséquence : aussitôt que Satan les a quittés, des épreuves cruelles, nombreuses, précipitées, fondent sur le patriarche. Ni Job, ni ses amis n'en comprennent la cause. Ceux-ci prétendent que c'est en lui-même, en son péché, qu'il faut chercher l'origine de tous ses malheurs. Job le nie fièrement. Ce n'est pas ici-bas, c'est plus haut qu'il faut chercher l'explication du mystère, non pas dans le péché de Job mais dans un plan de Dieu. Herder a eu cette formule heureuse : « En-haut l'action, en bas la discussion. » Job et ses amis ne connaissent pas le plan divin, ce qui explique l'incohérence et l'animosité de leurs entretiens. Cette observation ne nous aidera-t-elle pas à trouver la solution du problème ? Il ne faut pas envisager les douleurs et les infortunes de ce monde sans tenir compte d'un plan divin. Pour expliquer ce qui se passe ici-bas, oserions-nous oublier ce qui se passe Là-haut ? Il existe une pensée divine qui, s'il nous était donné de la pénétrer, expliquerait et transformerait les souffrances d'ici-bas. La terre et ses tragédies sont incompréhensibles si on les sépare du ciel et des desseins de Dieu.

2.

Une lumière plus vive est projetée sur le mystère de la souffrance par la pensée qu'elle est une épreuve de la fidélité. Satan avait insinué que Job était pieux uniquement parce que sa piété était lucrative. La preuve de sa sincérité ne serait établie que si sa prospérité lui était enlevée. Le vieil Hébreu était trop enclin à identifier Dieu et ses dons. Le jour où Dieu lui restera seul, on saura avec certitude si Job l'aime pour Lui-même ou pour les biens dont Il l'a comblé. Avec Dieu seul, sera-t-il satisfait ? La façon dont il supportera cette épreuve sera la pierre de touche de sa piété. Dépouillez-le de ce qu'il a, alors seulement nous saurons ce qu'il est. A coup sûr, voici le moyen de mettre la souffrance à profit. Elle révèle l'homme à lui-même. Quelle somme de malheurs pourra-t-il supporter sans voir sombrer sa foi en Dieu ? Ils sont rares ceux qui conservent leur foi quand la terre chancelle sous leurs pieds et que le ciel est d'airain au-dessus de leur tête. La souffrance constitue une épreuve décisive de la fidélité. L'homme dont la piété est superficielle fléchira devant elle. Le vrai croyant la supportera sans perdre la foi. De plus, la fidélité dans la souffrance est un moyen pour l'homme de glorifier Dieu en prouvant à ceux qui l'entourent la puissance et la réalité de la vraie piété. Combien doit être grand et glorieux le Dieu dans lequel Job persiste à croire, bien que toutes les marques extérieures de Sa bonté aient disparu et auprès duquel il est heureux quoique dépouillé de tout !

3.

Éliphaz, ainsi qu'Élihu (Job 33:19,28), considère la souffrance comme un châtiment (Job 5:17). Il est vrai ; mais Job, qui est plusieurs fois qualifié « homme intègre et droit, craignant Dieu et se détournant du mal » (Job 1:1 2:3), mérite-t-il ce châtiment ? Ceux-ci l'affirment, ils l'accusent d'un orgueil qui appelle une répression. Mais les qualités que Job s'attribue

sont conformes à la réalité (Job 29:23-25). Ce n'est point par orgueil qu'il les énumère, (cf. Job 29:12-17) en sorte que la valeur de la souffrance en tant que châtiment, si vivement défendue par Éliphaz, ne peut en bonne justice, bien que vraie dans son principe, être appliquée à Job.

4.

Mais si une explication satisfaisante du problème en question peut être donnée dans le livre de Job, on s'attendrait tout naturellement à la trouver dans les sublimes paroles de Jéhovah aux chap. 38 et 39. Le lecteur cependant est, dès l'abord, surpris et désappointé. Job qui, plein d'espoir, tourne ses regards vers le ciel, est accueilli par une grêle de questions impitoyables dont l'ironie acérée dut briser le coeur du malheureux. Ces questions, qui n'ont aucun rapport avec le cas particulier de Job, semblent presque cruelles. Elles signifieraient, d'après certains savants, qu'en présence de l'univers, la seule attitude raisonnable est celle d'un complet agnosticisme. Mais cette conception pessimiste n'est-elle pas de qualité inférieure ? Il est logique de supposer que la solution de l'énigme sera donnée par Jéhovah quand Job et ses amis auront épuisé leur argumentation. A vrai dire, bien qu'elles ne soient pas dès l'abord apparentes, le discours de Jéhovah renferme des allusions lumineuses à la solution du problème.

(a) Première suggestion : Job est appelé à détourner ses regards de sa propre misère pour les arrêter sur les merveilles de l'immense univers dont lui-même et sa misère font partie. En présence du panorama splendide qui se déroule devant lui, il ne trouve de réponse à aucune des questions qui le glacent d'épouvanté. S'il ne comprend pas les phénomènes les plus simples du monde physique, comment peut-il espérer pénétrer les secrets du monde moral que Dieu gouverne ? Le mystère des souffrances de Job n'est qu'une infime partie du mystère universel, et la leçon qui s'en dégage est que, même dans la piété de l'homme, il y a place pour un agnosticisme mêlé de respect. L'auteur anglais A.C. Benson a dit : « Je ne sais pourquoi notre vie est semée de tant de difficultés, de peines et de tristesses, mais je vois--du moins il me le semble--qu'il devait en être ainsi. » Apprenons, en tout cas, en lisant ces discours, qu'il nous est bon, quand nous sommes en proie à l'inquiétude ou accablés par le chagrin, de sortir de nous-mêmes, de « nous oublier nous-mêmes, comme on l'a dit, au sem de la création merveilleuse dont nous faisons partie ». Le sens de la grande vie qui anime l'univers est un appel à l'abnégation, il comporte un blâme de l'esprit égoïste et personnel.

(b) Au coeur du mystère règne la Sagesse : « Quel est donc celui qui obscurcit ainsi mes desseins par des discours sans discernement ? » (Job 38:2). Par delà le monde visible, habite une intelligence infinie. Dans ce monde ordonné par elle, chaque chose est à sa place. Il n'est pas permis à la mer de sortir des bornes qui lui ont été assignées et de dévaster le pays (Job 38:8). De même la souffrance, comme la mer, a sa place marquée ; mais à elle non plus, il n'est pas permis d'être un instrument de perdition et de ruine. Nous pouvons avoir confiance en l'ordre qui régit l'univers au sein duquel nous vivons.

(c) Enfin dans ce monde invisible ne régnent pas seulement la sagesse, l'ordre, mais encore l'amour. Jamais cette pensée ne fut exprimée avec plus de tendresse et de beauté que dans Job 38:25-27. Le Dieu qui prodigue son amour même aux terres désolées et désertes en les arrosant de la pluie du ciel, ne saurait oublier les êtres humains, ses créatures, dont le coeur est désolé comme un désert aride. Si Dieu se soucie des solitudes inhabitées, combien plus sûrement se souviendra-t-il des régions habitées par l'homme ! N'y a-t-il pas ici comme une prescience des paroles de Jésus ? (Mt 6:30) On l'a dit avec raison : cette solution du problème ne supprime pas notre incertitude, mais elle l'ensevelit en quelque sorte sous le flot d'une plénitude de vie et de joie en Dieu. Au centre de ce monde qu'habite Job avec ses souffrances incompréhensibles, régnent la sagesse, l'ordre, l'amour.

5.

Il est possible aussi, mais non certain, que l'un des éléments de la solution du problème réside dans la croyance en une vie future. Cette noble espérance était peut-être entrevue dans l'admirable profession de foi (Job 19:25-27) vers laquelle Job 14:13 et Job 16:18 nous acheminent graduellement. Mais les passages Job 7:8-10 et Job 14:7-12 démontrent avec une clarté suffisante que la croyance en l'immortalité ne faisait pas partie du credo de l'auteur. Si c'eût été le cas, le livre n'aurait probablement jamais été écrit. Mais si le texte et l'interprétation du passage cité (Job 19:25-27) paraissent fort obscurs, en voici une explication très défendable : Job, qui descend rapidement vers la tombe, dans une agonie de souffrances et d'humiliations, est consolé par la grande et magnifique espérance de rencontrer au delà du voile, Dieu, son Défenseur. Avec surprise, émotion et sympathie, on lit ces mots ajoutés à la fin du livre, dans la version des LXX : « Il est écrit que Job ressuscitera avec ceux que le Seigneur veut élever. » Quel qu'il soit, l'auteur de cette adjonction avait dû sentir que les mots : « Ainsi mourut Job, âgé et rassasié de jours », ne pouvaient s'appliquer à la destinée définitive du patriarche qui, accablé de malheurs et de souffrances, était resté si fermement attaché à son Dieu.

6.

On a souvent reproché à l'épilogue (Job 42:7,16), qui dépeint Job recouvrant au double sa prospérité passée, de donner une solution invraisemblable de tout le problème soulevé par le livre ; cette critique ne tient pas compte des éléments les plus importants qui le constituent, car la vraie justification de Job n'est pas dans la restitution de ses richesses, mais :

dans cette caractéristique donnée de lui à quatre reprises : « mon serviteur Job » (Job 42:7) ; Dieu se glorifie de la fidélité de son serviteur ;

dans l'efficacité de sa prière d'intercession en faveur de ses amis, qui l'élève à la hauteur des prophètes. (cf. Ge 20:7, Am 7:2,5) a côté du redressement poétique de la justice, il y a dans l'épilogue comme un regard intérieur d'une haute spiritualité.

L'un des enseignements essentiels du livre est que Dieu aime la pensée indépendante. Les amis orthodoxes qui professent les traditionnelles opinions reçues tombent sous le coup de sa condamnation (Job 42:7 et suivant), tandis que Job, dont les défis étrangement audacieux confinent parfois au blasphème, est loué par Dieu Lui-même pour avoir parlé selon la vérité ! (Job 42:7) Étonnante constatation pour qui se souvient que Job avait imité, presque dans les mêmes termes, l'exclamation du psalmiste : (Ps 8:5) « Qu'est-ce que l'homme, pour que tu daignes prendre garde à lui ! » (Job 7:17) ; qu'il avait dit que Dieu faisait périr également l'innocent et l'impie (Job 9:22) ; qu'avec amertume et colère, il avait attaqué l'économie morale de ce monde (Job 21). Mais c'est d'une affection passionnée pour la vérité que jaillissent ces paroles violentes de Job. Il en appelle de la théorie au fait, des préjugés pieux à la réalité religieuse, du Dieu conventionnel au Dieu de la conscience ; et c'est cette attitude loyale et éprise de liberté que Dieu marque du sceau de son approbation.

Éliphaz appuie ses arguments sur une « révélation » qui lui a été. accordée (Job 4:12,21). Bildad en appelle à l'expérience des générations passées (Job 8:8). Tsophar incarne un gros bon sens assez rude. La préoccupation dominante de Job, c'est la piété ; celle de ses amis, la doctrine. Telle est entre eux la grande divergence. Eux, avec leur intelligence, mettent au premier plan la théorie spéculative ; lui, de toute son âme, s'attache à la réalité d'un Dieu personnel. Eux s'intéressent aux systèmes ; pour lui l'intérêt suprême est d'être l'ami de Dieu. « Oh ! si je savais où le trouver ! » (Job 23:3). Tel est le soupir de ce coeur blessé et tourmenté, et l'on peut imaginer le ravissement avec lequel il aurait accueilli Celui qui disait : « Venez à moi et je vous donnerai du repos. »

C'est ce caractère passionnément individuel de la piété de Job qui conserve à son esprit une si intense vitalité. En Dieu, Job a « la vie, le mouvement et l'être ». Il est debout pour l'action, le progrès, la critique, l'édification. Ses amis gardent l'attitude du statu quo qui ne cesse pas d'être uniquement conventionnelle. L'attitude de Job est libre, personnelle, affranchie. J.E. McF.

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      6 Ils seront saints pour leur Dieu et ne déshonoreront pas leur Dieu, car ce sont eux qui offrent à l’Eternel les aliments de leur Dieu consumés par le feu. C’est pourquoi ils seront saints.
      7 Ils n’épouseront pas une femme *prostituée ou déshonorée ou divorcée, car le prêtre est saint pour son Dieu.
      8 Vous le considérerez comme saint, car c’est lui qui offre l’aliment de ton Dieu, et il sera pour toi quelqu’un de saint, car je suis saint, moi, l’Eternel, qui vous rends saints.
      9 Si une fille de prêtre se déshonore en s’adonnant à la prostitution, elle profane son père, elle périra par le feu.
      10 Le prêtre qui a la prééminence sur les autres prêtres, sur la tête duquel a été répandue l’huile d’onction et qui a reçu sa charge pour porter les vêtements sacrés, ne décoiffera pas sa tête et ne déchirera pas ses vêtements.
      11 Il ne s’approchera d’aucun corps mort ; il ne se rendra même pas impur, pour son père ou sa mère.
      12 Il ne quittera pas le sanctuaire pour ne pas profaner le sanctuaire de son Dieu, car il a été consacré par l’huile d’onction de son Dieu. Je suis l’Eternel.
      13 Il prendra pour femme une jeune fille.
      14 Il n’épousera ni une veuve ni une femme divorcée, déshonorée ou prostituée, mais une jeune fille de son peuple.
      15 Il ne profanera pas sa descendance au milieu de son peuple, car moi, l’Eternel, je le rends saint.
      16 Puis l’Eternel s’adressa à Moïse en ces termes :
      17 —Parle à Aaron et dis-lui : Aucun homme parmi tes descendants, dans toutes les générations, qui serait atteint d’une malformation corporelle ne s’approchera pour offrir l’aliment de son Dieu.
      18 En effet, sont exclus du service tous ceux qui ont une infirmité : quelqu’un qui est aveugle ou boiteux, qui est défiguré ou qui a des membres disproportionnés,
      19 qui est estropié de la jambe ou du bras,
      20 bossu ou nain, affligé d’une taie sur l’œil, qui a la gale, des plaies purulentes ou les testicules écrasés.
      21 Aucun descendant du prêtre Aaron ayant une malformation n’offrira à l’Eternel les sacrifices consumés par le feu ; du moment qu’il a une malformation en lui, il ne s’approchera pas pour offrir les aliments de son Dieu.
      22 Il pourra consommer l’aliment de son Dieu, les offrandes saintes et très saintes,
      23 mais il ne s’avancera pas jusqu’au voile et ne s’approchera pas de l’autel, à cause de sa malformation ; ainsi il ne profanera pas mes lieux saints, car moi, l’Eternel, je les rends saints.
      24 Moïse transmit ces paroles à Aaron, à ses fils et à tous les Israélites.

      Job 1

      1 Il y avait, au pays d’Outs, un homme appelé Job. C’était un homme intègre et droit, un homme qui révérait Dieu et qui évitait de faire le mal.
      2 Il avait sept fils et trois filles.
      3 De plus, ses troupeaux comptaient : sept mille moutons et chèvres, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, et cinq cents ânesses. Il possédait aussi des serviteurs en très grand nombre. Cet homme était le personnage le plus important des régions de l’est du *Jourdain.
      4 Or, chacun de ses fils recevait à tour de rôle ses frères pour un festin. Ils invitaient leurs trois sœurs à manger et à boire avec eux.
      5 Quand ces jours de festin étaient achevés, Job faisait venir ses enfants, afin d’accomplir pour eux les rites de purification. Il se levait de grand matin et offrait un *holocauste pour chacun d’eux. Car il se disait : —Peut-être mes fils ont-ils commis quelque faute et dit du mal de Dieu dans leur cœur. Job agissait toujours ainsi.
      6 Or, un jour, les *anges de Dieu se rendirent au conseil de l’Eternel. *Satan (l’Accusateur) vint aussi parmi eux.
      7 L’Eternel dit à Satan : —D’où viens-tu donc ? Celui-ci lui répondit : —Je viens de parcourir la terre et de la sillonner.
      8 Alors l’Eternel demanda à Satan : —As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre : c’est un homme intègre et droit, un homme qui révère Dieu et qui évite de mal faire.
      9 Satan lui répondit : —Est-ce vraiment pour rien que Job révère Dieu ?
      10 N’as-tu pas élevé comme un rempart de protection autour de lui, autour de sa maison, et autour de tous ses biens ? Tu as fait réussir ses entreprises : ses troupeaux se sont multipliés dans le pays !
      11 Mais porte donc la main sur ses biens et sur les siens, et l’on verra s’il ne te maudit pas en face.
      12 Alors l’Eternel dit à Satan : —Tous ses biens sont en ton pouvoir, ainsi que les siens, mais ne porte pas la main sur sa personne ! Alors Satan se retira de la présence de l’Eternel.
      13 Or, un jour, les fils et les filles de Job s’étaient mis à manger et à boire du vin ensemble chez leur frère aîné.
      14 C’est alors qu’un messager vint trouver Job et lui annonça : —Les bœufs étaient en train de labourer, et les ânesses paissaient à leurs côtés,
      15 quand les Sabéens se sont jetés sur eux, et s’en sont emparés. Ils ont massacré tes serviteurs. Je suis le seul qui ait pu leur échapper et je viens t’annoncer la nouvelle.
      16 Il n’avait pas fini de parler qu’un autre messager arriva et annonça : —La foudre est tombée du ciel, et elle a foudroyé tes brebis et tes serviteurs. Elle a tout consumé. Je suis le seul qui ait pu y échapper et je viens t’annoncer la nouvelle.
      17 Il parlait encore, lorsqu’un autre messager arriva et annonça : —Trois bandes de Chaldéens se sont jetées sur les chameaux, et s’en sont emparés. Ils ont massacré tes serviteurs. Je suis le seul qui ait pu leur échapper et je viens t’annoncer la nouvelle.
      18 Il parlait encore, lorsqu’un autre messager arriva et annonça : —Tes fils et tes filles étaient en train de manger et de boire du vin ensemble chez leur frère aîné,
      19 lorsqu’un vent très violent s’est levé du côté du désert. Il s’est rué contre les quatre coins de la maison qui s’est effondrée sur tes enfants. Ils sont tous morts. Je suis le seul qui ait pu m’échapper et je viens t’annoncer la nouvelle.
      20 Alors Job se leva, il déchira son manteau, se rasa la tête, puis se jeta par terre pour se prosterner.
      21 Et il dit : —Je suis sorti nu du ventre de ma mère, et j’y retournerai nu. L’Eternel a donné, l’Eternel a repris : que l’Eternel soit loué !
      22 Au milieu de tous ces malheurs, Job ne commit pas de péché et n’attribua rien d’inconvenant à Dieu.

      Job 2

      1 Un autre jour, où les *anges de Dieu se rendirent au conseil de l’Eternel, *Satan (l’Accusateur) vint aussi parmi eux au conseil de l’Eternel.
      2 L’Eternel lui demanda : —D’où viens-tu donc ? Celui-ci lui répondit : —Je viens de parcourir la terre et de la sillonner.
      3 Alors l’Eternel reprit : —As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre : c’est un homme intègre et droit, un homme qui révère Dieu et qui évite de mal faire. Il persévère toujours dans son intégrité. C’est pour rien que tu m’as incité à l’accabler.
      4 Mais Satan répondit : —Peau pour peau, tout ce qui est à lui, l’homme y renoncera en échange de sa vie.
      5 Mais porte donc la main sur son corps et l’on verra s’il ne te maudit pas en face !
      6 L’Eternel dit à Satan : —Il est en ton pouvoir, mais épargne sa vie.
      7 Alors Satan se retira de la présence de l’Eternel et il infligea à Job une douloureuse maladie de peau qui s’étendit de la plante des pieds jusqu’au crâne.
      8 Job prit un morceau de poterie pour se gratter, et resta assis au milieu de la cendre.
      9 Sa femme lui dit : —Tu persévères toujours dans ton intégrité ! Maudis donc Dieu et meurs !
      10 Mais il lui répondit : —Tu parles comme une *insensée. Quoi ! nous recevrions de Dieu le bonheur, et nous ne recevrions pas aussi le malheur ! Au milieu de tous ces malheurs, Job ne commit pas de péché dans tout ce qu’il dit.
      11 Or, trois amis de Job apprirent que tous ces malheurs venaient de fondre sur lui. Ils vinrent chacun de son pays. C’était Eliphaz de Témân, Bildad de Chouah, et Tsophar de Naama. En effet, ils décidèrent ensemble d’aller lui témoigner leur sympathie et le consoler.
      12 Lorsqu’ils l’aperçurent de loin, ils ne le reconnurent pas, et ils se mirent à pleurer à grand bruit. Ils déchirèrent leur manteau et jetèrent de la poussière en l’air, au-dessus de leur tête.
      13 Puis ils restèrent là, assis par terre, à ses côtés, sept jours et sept nuits. Aucun d’eux ne lui dit un mot car ils voyaient bien combien sa souffrance était grande.

      Job 3

      1 Après cela, Job prit la parole et se mit à maudire le jour de sa naissance.
      2 Il parla en ces termes :
      3 Que périsse le jour où je fus enfanté et la nuit qui a dit : « Un garçon est conçu ! »
      4 Ce jour, qu’il se change en ténèbres, que Dieu là-haut ne s’en occupe plus, oui, que nulle clarté ne rayonne sur lui !
      5 Que d’épaisses ténèbres et l’ombre de la mort le réclament pour elles ! Que des nuées pèsent sur lui, que des éclipses de soleil le chargent d’épouvante !
      6 Oh ! que l’obscurité saisisse cette nuit, qu’elle n’ait pas sa place au milieu des jours de l’année et qu’elle n’entre point dans le compte des mois !
      7 Que cette nuit-là soit stérile et que nul cri de joie n’y résonne jamais.
      8 Oui, que cette nuit-là soit exécrée par ceux qui maudissent les jours et savent réveiller le grand monstre marin !
      9 Que les ténèbres masquent ses astres du matin ! Oui, qu’elle attende en vain la lumière du jour et qu’elle ne voie pas l’aurore s’éveiller,
      10 pour n’avoir pas fermé le ventre maternel et n’avoir pas caché le malheur à mes yeux !
      11 Pourquoi ne suis-je donc pas mort dans le sein de ma mère ? Pourquoi n’ai-je expiré en sortant de ses flancs ?
      12 Pourquoi ai-je trouvé deux genoux accueillants et une mère pour me donner le sein ?
      13 Car maintenant je serais couché, et tranquille, je dormirais
      14 en compagnie des rois et des grands de la terre qui s’étaient fait bâtir de vastes monuments dont il ne reste que des ruines,
      15 avec les chefs des princes, ceux qui détenaient l’or et entassaient l’argent dans leurs demeures.
      16 Je n’existerais pas tel l’avorton enfoui sous terre, tel un enfant qui n’a pas vu le jour.
      17 Là, ceux qui sont *méchants cessent de tourmenter, et ceux qui sont à bout peuvent se reposer.
      18 Les prisonniers, de même, se trouvent là paisibles car ils n’entendent plus la voix de leur geôlier,
      19 petits et grands sont là, et de son maître l’esclave est affranchi.
      20 Pourquoi, oui, pourquoi donc donne-t-il la lumière au pauvre malheureux ? Pourquoi donner la vie aux hommes accablés ?
      21 Ils attendent la mort et elle ne vient pas, alors qu’ils la recherchent plus que tous les trésors,
      22 ils seraient pleins de joie et ils jubileraient s’ils trouvaient le tombeau.
      23 Pourquoi donner la vie à l’homme qui ne voit aucune route à suivre parce que Dieu lui-même le cerne de tous les côtés ?
      24 Car mes gémissements ont remplacé mon pain et mes cris de douleur déferlent comme l’eau.
      25 Tout ce que je redoute, c’est cela qui m’arrive, les maux que je craignais ont tous fondu sur moi.
      26 Je n’ai ni paix ni trêve, ni repos ni relâche. Je suis sans cesse en proie à de nouveaux tourments.

      Job 4

      1 Alors Eliphaz de Témân prit la parole et dit :
      2 Peut-on risquer un mot ? Tu es si abattu ! Mais qui peut garder le silence ?
      3 Tu as instruit beaucoup de gens et tu as fortifié ceux qui baissaient les bras.
      4 Tes propos relevaient celui qui trébuchait, et tu raffermissais ceux dont les genoux fléchissaient.
      5 Maintenant qu’il s’agit de toi, tu es découragé ! Maintenant que cela te touche, te voilà tout désemparé !
      6 Ta foi en Dieu n’est-elle pas la source de ton assurance ? Et ton intégrité n’est-elle pas ton espérance ?
      7 Cherche dans ta mémoire : quel est donc l’innocent qui jamais a péri ? Où sont les hommes droits qui ont été détruits ?
      8 D’après ce que j’ai vu, les artisans d’iniquité et ceux qui sèment le malheur en moissonnent les fruits :
      9 sous le souffle de Dieu, les voilà qui périssent, dans son courroux, il les consume.
      10 Le lion a beau rugir et le fauve gronder, Dieu leur brise les crocs.
      11 Le lion périt faute de proie, et les lionceaux sont dispersés.
      12 Un oracle furtif s’est glissé jusqu’à moi, et mon oreille en a saisi le murmure léger :
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