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MOÏSE 5.

VI Point de départ et inspiration première de l'oeuvre de Moïse.

Quel a été le point de départ de tout le développement religieux auquel le nom de Moïse a été attaché par la tradition nationale ? Peut-on l'expliquer par des raisons inhérentes, d'une part à sa préparation antérieure, à ses aspirations personnelles, à ses prédispositions de l'ordre psychologique et religieux et, de l'autre, au milieu d'où il est sorti et au temps où il a vécu ? Sa venue correspondait-elle à un mouvement d'opinion, à des besoins qui, à ce moment-là, se seraient fortement manifestés parmi les gens de sa race ? Les textes de Ex 3 font à ces diverses questions une réponse qui, en elle-même, apparaît assez catégorique, mais qu'il convient de contrôler dans la mesure du possible, en examinant ce que nous pouvons savoir des conditions historiques au sein desquelles il est apparu.

Comme on l'a déjà rappelé plus haut, on a prétendu qu'au moment où Moïse intervint dans les affaires des clans hébreux il se serait manifesté un fort courant qui aurait entraîné ces clans, d'abord vers l'indépendance nationale, puis aussi vers un retour à la religion ancestrale, et que cette double aspiration de l'ordre patriotique et religieux serait venue inspirer et seconder l'oeuvre de libération politique et de restauration religieuse accomplie par Moïse, lequel n'aurait ainsi fait que donner satisfaction aux besoins des tribus asservies.

Mais à ce double point de vue, il faut reconnaître que les textes ne laissent guère supposer de tendances aussi marquées et d'aspirations aussi caractéristiques ; le peuple gémit, certes, sous le poids des corvées (Ex 2:23), mais il ne cherche pas la délivrance auprès de ce dieu des pères dont il semble avoir bien oublié le culte. Lorsque Moïse paraît et entre en lutte avec le pharaon oppresseur pour obtenir la liberté de son peuple, on le voit, au contraire, obligé de compter avec le mauvais vouloir de ses compatriotes et avec leur mécontentement ; après le premier essai, infructueux, tenté par Moïse, les clans l'accusent même de les avoir exposés à la colère du monarque : (Ex 5:21) « L'angoisse et la dure servitude les empêchèrent d'écouter Moïse » (Ex 6:9). Et nulle part on ne les voit amenés, sous le coup de l'épreuve et de l'oppression, à rechercher le secours auprès du dieu des ancêtres ; à tel point que, lorsque Yahvé adresse à Moïse sa vocation de libérateur, celui-ci demande d'abord sous quel nom il devra rappeler son souvenir aux clans opprimés et le leur présenter (Ex 3:13 et suivants) ; il prévoit même que cela ne suffira pas pour réveiller en eux une confiance et des besoins dès longtemps disparus : « Ils ne me croiront pas et n'écouteront pas ma voix » (Ex 4:1).

Bien plus encore : des textes tels qu'Ezekiel Eze 20:7 23:3 laissent entendre qu'une partie des clans aurait adressé un culte à des dieux égyptiens, et Jos 24:14 parle aussi « des dieux qu'ont servis vos pères de l'autre côté du fleuve (Mésopotamie) et en Egypte ».

--Non, l'oeuvre de Moïse ne s'explique pas comme étant la réponse aux aspirations politiques et religieuses des clans hébreux qui, alors, ne constituaient pas encore un peuple conscient de son unité nationale, ni un milieu travaillé par des besoins religieux. Il a fallu à ces clans les expériences réitérées sur le terrain des faits qui précédèrent, accompagnèrent et suivirent le grand acte libérateur de la servitude égyptienne, pour comprendre la réalité et la puissance du Dieu qui était venu à leur secours et dont Moïse leur avait révélé l'intervention providentielle au moment de la sortie d'Egypte.

VII Influence des idées religieuses de l'Egypte.

On a cru pouvoir affirmer que l'oeuvre de Moïse aurait été le résultat de l'influence exercée sur lui par les idées religieuses de l'Egypte et qu'en particulier on y retrouverait les traces de ces doctrines ésotériques, enseignées à des initiés et dans le mystère desquelles il aurait été instruit (voir l'affirmation de Manéthon rappelée ci-dessus et d'après laquelle Moïse aurait d'abord été prêtre d'Osiris à Héliopolis). Mais on a fait observer à bon droit que la position de Moïse vis-à-vis du pharaon et des sages d'Egypte a toujours été celle d'un combattant, d'un adversaire, et « nullement celle d'un homme qui aurait trahi les doctrines ésotériques dans lesquelles il aurait été élevé »... et que « ce n'est pas auprès du temple d'Osiris, mais bien dans la solitude de la montagne du Sinaï que les souvenirs populaires lui font entendre la voix divine » (H. Schultz). L'opinion à laquelle il est fait allusion ici semble d'ailleurs aujourd'hui assez généralement abandonnée, et c'est avec raison qu'Ewald déjà a pu dire que la lutte engagée par Moïse avec le pharaon et les Égyptiens fut « une véritable guerre de religion » ; No 33:4 contient cette déclaration, qui exprime la même pensée : « Yahvé exerçait aussi des jugements contre leurs dieux.  » Si l'on avait pu songer à supposer une influence de la religion égyptienne sur la pensée de Moïse, ce n'eût sans doute été possible que sous le règne de ce monarque qu'on a appelé « le pharaon hérétique », Aménophis IV (1375-1360), qui prit le nom d'Akenaton, lorsqu'il voulut introduire la réforme religieuse consistant à substituer au culte de tous les dieux égyptiens celui du seul Disque solaire, Aton. Mais, comme on l'a remarqué très justement, ce qui fait le caractère propre de la religion yahviste instituée par Moïse est essentiellement différent ; en effet, le côté moral de la divinité, si accentué dans le yahvisme, n'apparaît pas dans le système religieux que ce monarque a voulu imposer à l'Egypte ; sa réforme (qui n'eut, d'ailleurs, qu'une durée très éphémère) relevait, comme l'a fort bien observé Lods, « soit du panthéisme, soit du polythéisme monarchique », et elle était par conséquent « d'une autre nature que le monothéisme moral des Israélites » (voir notre art. Egypte).

On a quelquefois aussi signalé des points de contact réels entre les lois d'Israël et les prescriptions du Livre des Morts égyptien ; mais ici encore l'esprit qui a inspiré les unes et les autres apparaît bien différent, et l'on respire dans les premières un souffle bien plus élevé de piété, de liberté et de respect de la dignité humaine. --Et si même on admet qu'il existe dans les institutions cultuelles d'Israël certains traits de détail qui pourraient faire croire à une influence étrangère et, dans l'espèce, égyptienne, il resterait encore à établir à quelle époque, pas forcément mosaïque, cette influence a pu se faire sentir.

VIII Yahvé dieu des Kéniens.

Enfin, on a émis l'hypothèse, acceptée par un grand nombre de critiques (Tiele, Budde, Stade, Valeton, Lods et d'autres), que Yahvé, avant d'être le dieu des clans hébreux, aurait été l'élohim protecteur de Jéthro et des Madianites-Kéniens, et que la religion d'Israël dérivait de la sagesse sacerdotale de ces peuples. On remarque d'abord que toute la région madianite est voisine de Kadès, dont le nom même indique une localité particulièrement sacrée depuis longtemps, et auprès de laquelle il y avait une source appelée « fontaine du jugement (ou de l'Oracle) » dans Ge 14:7, texte qui la met en relation avec Kadès ; ce nom indiquerait donc une localité où l'on se rendait pour faire trancher des questions de droit devant la divinité du lieu ; ce sanctuaire aurait été le siège d'une sorte de tribunal divin, auprès duquel résidait sans doute une confrérie de prêtres considérés comme les interprètes de la divinité.

De nombreux critiques ont donc émis l'opinion que cette localité, dans le district de laquelle se trouvait le territoire de Madian et peut-être aussi, pour un bon nombre de savants, la montagne d'Élohim (=le Sinaï), avait dû être, depuis long-temps, le centre de culte des tribus habitant cette région ; que Ex 18:10-12 semble permettre d'affirmer que Jéthro, chef des prêtres qui desservaient le sanctuaire de Kadès, reconnaissait Yahvé comme son dieu, puisqu'il lui offre alors un sacrifice, et que la scène racontée dans ces versets représente une véritable cérémonie « d'initiation des principaux chefs israélites » au culte de Yahvé ; pour quelques critiques même, le sacerdoce lévitique aurait eu pour patrie Kadès, d'où il aurait passé en Canaan (voir la réponse faite à cette hypothèse par Kittel, Gesch. des Volkes Israël, p. 549s.) ; enfin, que la fête religieuse pour la célébration de laquelle Moïse demande au pharaon de laisser les clans hébreux faire trois jours de marche au désert (Ex 3:18 5:3 8:27) était une de celles qui se célébraient à Kadès.

--Cette série d'affirmations paraît prêter à des objections sérieuses. On reconnaîtra tout d'abord, d'une façon générale, que la tradition hébraïque, telle que les différents documents la reflètent, n'a conservé aucun souvenir positif de cette origine madianite-kénienne du culte de Yahvé ; qu'elle ne dit nulle part qu'il ait été le dieu des Kéniens et que ce dieu, cet El-Kadès, ait porté le nom de Yahvé ; que si Jéthro, dans Ex 18:11, déclare : « Maintenant je sais que Yahvé est plus grand que tous les dieux », cela ne veut pas signifier que Yahvé son Dieu lui apparaît désormais comme étant supérieur à ceux des nations (de cela Jéthro aurait dû être persuadé depuis longtemps et, d'ailleurs, il ne l'appelle nulle part Yahvé son Dieu) : cela signifie, ou bien que Jéthro en est venu, à la suite des expériences faites récemment par Israël, à reconnaître, lui aussi, Yahvé pour son dieu à lui ; ou bien qu'ayant adressé jusqu'à présent son culte aussi à Yahvé en même temps qu'à d'autres dieux, il finit par reconnaître que Yahvé est plus fort que tous les autres et qu'il mérite seul d'être adoré. « L'hypothèse des Kéniens, dit Bertholet (Hist. Civ. Isr., p. 154, note),... ne me paraît admissible qu'en reconnaissant que Yahvé fut aussi le dieu des Kénites. Mais qu'il ait été à l'origine le dieu des Kéniens seuls soulève, à mon avis, de fortes objections. Je ne me risque pas à ramener la tradition du « dieu père » (Ex 3:6 etc.) à une simple égalisation de la légende mosaïque avec celles de la Genèse. »

--Et, dans No 10:29-32 (le parallèle élohiste de Ex 18, qui est de J) où est raconté l'entretien de Moïse avec son beau-père, on voit Moïse, pour persuader ce dernier d'accom­pagner les tribus dans leur voyage au désert, lui montrer que s'il accepte il deviendra ainsi participant des bienfaits que Yahvé a promis à Israël : or, si Yahvé avait été, déjà auparavant, le dieu ou l'un des dieux des Kéniens, Moïse n'aurait pas eu besoin d'un tel argument pour encourager son beau-père à guider Israël dans le désert ; les grâces de Yahvé, son dieu avant d'être celui des tribus israélites, lui étaient, en effet, dès longtemps acquises.

--Enfin, si Yahvé avait été le dieu d'une peuplade étrangère aux clans hébreux, il semble bien difficile d'admettre que Moïse eût pu entraîner les tribus dans une lutte en vue de leur libération, au nom de ce dieu étranger, et en le présentant comme identique au dieu des ancêtres ; or, c'est sur ce titre-là que Yahvé s'appuie et met l'accent, lorsqu'il adresse son appel à Moïse : « le dieu de vos pères, le dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob... »

--Que, sur une montagne qui était déjà sacrée aux yeux de quelques tribus du désert, Moïse ait reçu la première révélation du dieu qui se présente à lui comme le dieu des pères, ce fait n'implique pas forcément la conclusion que le dieu qui y était adoré eût porté le nom même sous lequel il se présente à Moïse. D'ailleurs, la forme volontairement vague sous laquelle la divinité répond à la question parler la proclamation d'un nom propre déterminé et qui aurait été courant dans la région où se faisait cette déclaration ; elle constitue avant tout une solennelle affirmation de ce qu'est l'essence véritable du dieu qui se révèle ainsi et qui possède la Vie, la Réalité absolue.

M. Westphal résume d'une façon très juste et incisive l'hypothèse qui vient d'être examinée : « Jéhovah serait le dieu de l'orage, résidant au Sinaï ; son adorateur et son prêtre aurait été Jéthro ou Réuel, beau-père de Moïse, et Moïse, influencé par son beau-père et prédispose par sa connaissance de la religion égyptienne à la conception de la monolâtrie, aurait « confisqué à son profit les attributs d'une pauvre petite divinité spéciale et sans valeur ». Avec lui, nous avouons avoir de la peine à trouver là « l'origine historique de la religion qui a donné au monde le Décalogue, le commandement de l'amour, la loi de la sainteté et l'apostolat des prophètes » (Jéhovah, pp. 176, 177). Et avec bon nombre de critiques, nous demanderons encore, si la religion mosaïque n'a été, à l'origine, qu'une religion naturiste ayant pour dieu un Yahvé emprunté aux Madianites-Kéniens, comme tant d'autres qui ont vu le jour sur le sol du vieux paganisme sémitique, pourquoi le développement religieux et moral si extraordinaire qui s'est poursuivi en Israël dès les temps mosaïques jusqu'à la fin de la période prophétique n'aurait pas pu se produire tout aussi bien dans l'une ou l'autre des religions des peuples voisins d'Israël, sous l'action d'un Kémos dieu des Moabites, ou d'un Milcom dieu des Ammonites, ou du Baal cananéen ? A quelles conclusions faut-il donc aboutir, en ce qui concerne la genèse de l'œuvre religieuse et nationale de Moïse ? On est assez généralement d'accord pour admettre, comme étape première et préliminaire de toute cette œuvre, un ensemble de conditions de l'ordre spirituel et psychologique, que l'on peut déduire de l'étude des textes et de l'examen du milieu dans lequel se forma la personnalité de Moïse.

On concevra volontiers, avec Dillmann et la plupart des critiques et historiens, que Moïse était, de sa nature, un puissant esprit, un homme présentant des prédispositions de l'ordre religieux particulièrement marquées, un véritable héros parmi sa génération, enrichi, du fait de son éducation égyptienne, de tout ce que la civilisation de l'époque avait pu ajouter encore à ses dons et qualités naturelles. On admettra aussi que durant son long séjour dans les solitudes de Madian, sa pensée dut se porter constamment sur les questions intéressant l'avenir matériel et religieux de ses compatriotes, qu'il avait laissés en Egypte, gémissant sous le joug de l'oppression ; on pourra ajouter encore qu'en réfléchissant au spectacle que lui avait offert le culte adressé par les Égyptiens à une multitude de dieux et qu'en le comparant à celui, plus simple et plus rudimentaire, qu'il contemplait en Madian, il en était venu à ressentir une aversion toujours plus forte pour les dieux du panthéon égyptien et à éprouver un attrait d'autant plus grand pour le dieu de ses pères.

On a été plus loin encore, et l'on a suggéré que si le nom de sa mère Jokébed (Ex 6:20) doit être considéré comme vraiment authentique et, par conséquent, comme composé avec une abréviation du nom divin Yahvé, on pourrait supposer possible le fait que ce nom de Yahvé aurait été propre à la religion du clan auquel appartenait Moïse lui-même, puisque, d'après Ex 3:6, Dieu lui dit : « Je suis le dieu de ton père » et que, dans le cantique de Ex 15:2, Moïse dit : « Il est le dieu de mon père. » Mais cette hypothèse elle-même se heurte à des difficultés réelles, provenant d'abord du sens peu clair que présente ce nom, et il se pourrait fort bien (Kittel, ouvr. cit., p. 556) qu'il fût le résultat d'une défor­mation du nom primitif inspirée par le désir de l'adapter à la foi yahviste des tribus.

--On a constaté, il est vrai, dans les textes cunéiformes antérieurs à l'époque de Moïse, la présence de noms propres dans la composition desquels entrent certaines syllabes qui rappelleraient d'assez près le nom de Yahvé abrégé. Mais ces éléments représentent-ils réellement le nom divin Yahvé ? La certitude n'en est pas absolument acquise et beaucoup de savants très autorisés sont d'accord pour déclarer que, jusqu'à plus ample information, il y a lieu de se montrer très circonspect dans l'usage que l'on fait de semblables données. Toutes ces considérations ne font qu'établir la base préliminaire générale sur laquelle a pu s'édifier la grande œuvre de Moïse ; et si l'on en restait là, on n'aurait pas pénétré le secret de cette œuvre, de cette initiative religieuse qui a fait faire à l'humanité un si immense pas en avant. Pour expliquer cette transformation profonde de la notion de Dieu, telle qu'elle apparaît en Israël à partir de la période dite mosaïque, nous ne craignons pas d'affirmer qu'il n'a rien fallu de moins qu'un contact personnel et direct avec la personne divine, en un mot : une révélation semblable à celle dont parlent nos documents dans Ex 3 Ex 6.

C'est ce contact, ce sont ces faits de révélation intérieure, cette expérience intime de la présence et de la toute-puissance du Dieu qui se manifestait à lui, qui ont pu lui donner une notion claire de ce qu'était la vraie nature du Dieu qui s'identifiait à celui des pères, qui lui confiait une mission libératrice solennelle et qui, en la lui confiant, lui infusait les forces et le courage nécessaires pour l'accomplir et lui donnait l'impulsion intérieure sans laquelle il n'aurait pas quitté les plaines de Madian pour se jeter, comme il le fit, en pleine mêlée et pour se révéler à Israël comme le guide sûr, le réformateur religieux qui l'a fait parvenir des bas-fonds d'une religion vague et sans force, jusque sur les hauteurs de l'hénothéisme moral qui aboutira plus tard à la religion toute spirituelle et nettement monothéiste des prophètes. Pour aboutir à un tel résultat, il fallait plus que des dispositions religieuses favorables, plus qu'un heureux concours d'antécédents et de situations extérieures : il fallait une intervention venant de plus haut et dans laquelle on pût discerner l'action providentielle de Dieu. C'est bien là ce que nous montre la vision révélatrice qui inaugure le ministère de Moïse, vision nécessaire et sans laquelle, quoi qu'on fasse, ce ministère et l'œuvre qui en est résultée restent une énigme inexplicable.

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      Genèse 14

      7 They returned, and came to En Mishpat (the same is Kadesh), and struck all the country of the Amalekites, and also the Amorites, that lived in Hazazon Tamar.

      Exode 2

      23 It happened in the course of those many days, that the king of Egypt died, and the children of Israel sighed because of the bondage, and they cried, and their cry came up to God because of the bondage.

      Exode 3

      1 Now Moses was keeping the flock of Jethro, his father-in-law, the priest of Midian, and he led the flock to the back of the wilderness, and came to God's mountain, to Horeb.
      2 The angel of Yahweh appeared to him in a flame of fire out of the midst of a bush. He looked, and behold, the bush burned with fire, and the bush was not consumed.
      3 Moses said, "I will turn aside now, and see this great sight, why the bush is not burnt."
      4 When Yahweh saw that he turned aside to see, God called to him out of the midst of the bush, and said, "Moses! Moses!" He said, "Here I am."
      5 He said, "Don't come close. Take your sandals off of your feet, for the place you are standing on is holy ground."
      6 Moreover he said, "I am the God of your father, the God of Abraham, the God of Isaac, and the God of Jacob." Moses hid his face; for he was afraid to look at God.
      7 Yahweh said, "I have surely seen the affliction of my people who are in Egypt, and have heard their cry because of their taskmasters, for I know their sorrows.
      8 I have come down to deliver them out of the hand of the Egyptians, and to bring them up out of that land to a good and large land, to a land flowing with milk and honey; to the place of the Canaanite, the Hittite, the Amorite, the Perizzite, the Hivite, and the Jebusite.
      9 Now, behold, the cry of the children of Israel has come to me. Moreover I have seen the oppression with which the Egyptians oppress them.
      10 Come now therefore, and I will send you to Pharaoh, that you may bring my people, the children of Israel, out of Egypt."
      11 Moses said to God, "Who am I, that I should go to Pharaoh, and that I should bring the children of Israel out of Egypt?"
      12 He said, "Certainly I will be with you. This will be the token to you, that I have sent you: when you have brought the people out of Egypt, you shall serve God on this mountain."
      13 Moses said to God, "Behold, when I come to the children of Israel, and tell them, 'The God of your fathers has sent me to you;' and they ask me, 'What is his name?' What should I tell them?"
      14 God said to Moses, "I AM WHO I AM," and he said, "You shall tell the children of Israel this: 'I AM has sent me to you.'"
      15 God said moreover to Moses, "You shall tell the children of Israel this, 'Yahweh, the God of your fathers, the God of Abraham, the God of Isaac, and the God of Jacob, has sent me to you.' This is my name forever, and this is my memorial to all generations.
      16 Go, and gather the elders of Israel together, and tell them, 'Yahweh, the God of your fathers, the God of Abraham, of Isaac, and of Jacob, has appeared to me, saying, "I have surely visited you, and seen that which is done to you in Egypt;
      17 and I have said, I will bring you up out of the affliction of Egypt to the land of the Canaanite, the Hittite, the Amorite, the Perizzite, the Hivite, and the Jebusite, to a land flowing with milk and honey."'
      18 They will listen to your voice, and you shall come, you and the elders of Israel, to the king of Egypt, and you shall tell him, 'Yahweh, the God of the Hebrews, has met with us. Now please let us go three days' journey into the wilderness, that we may sacrifice to Yahweh, our God.'
      19 I know that the king of Egypt won't give you permission to go, no, not by a mighty hand.
      20 I will reach out my hand and strike Egypt with all my wonders which I will do in its midst, and after that he will let you go.
      21 I will give this people favor in the sight of the Egyptians, and it will happen that when you go, you shall not go empty-handed.
      22 But every woman shall ask of her neighbor, and of her who visits her house, jewels of silver, jewels of gold, and clothing; and you shall put them on your sons, and on your daughters. You shall plunder the Egyptians."

      Exode 4

      1 Moses answered, "But, behold, they will not believe me, nor listen to my voice; for they will say, 'Yahweh has not appeared to you.'"

      Exode 5

      3 They said, "The God of the Hebrews has met with us. Please let us go three days' journey into the wilderness, and sacrifice to Yahweh, our God, lest he fall on us with pestilence, or with the sword."
      21 and they said to them, "May Yahweh look at you, and judge, because you have made us a stench to be abhorred in the eyes of Pharaoh, and in the eyes of his servants, to put a sword in their hand to kill us."

      Exode 6

      1 Yahweh said to Moses, "Now you shall see what I will do to Pharaoh, for by a strong hand he shall let them go, and by a strong hand he shall drive them out of his land."
      2 God spoke to Moses, and said to him, "I am Yahweh;
      3 and I appeared to Abraham, to Isaac, and to Jacob, as God Almighty; but by my name Yahweh I was not known to them.
      4 I have also established my covenant with them, to give them the land of Canaan, the land of their travels, in which they lived as aliens.
      5 Moreover I have heard the groaning of the children of Israel, whom the Egyptians keep in bondage, and I have remembered my covenant.
      6 Therefore tell the children of Israel, 'I am Yahweh, and I will bring you out from under the burdens of the Egyptians, and I will rid you out of their bondage, and I will redeem you with an outstretched arm, and with great judgments:
      7 and I will take you to me for a people, and I will be to you a God; and you shall know that I am Yahweh your God, who brings you out from under the burdens of the Egyptians.
      8 I will bring you into the land which I swore to give to Abraham, to Isaac, and to Jacob; and I will give it to you for a heritage: I am Yahweh.'"
      9 Moses spoke so to the children of Israel, but they didn't listen to Moses for anguish of spirit, and for cruel bondage.
      10 Yahweh spoke to Moses, saying,
      11 "Go in, speak to Pharaoh king of Egypt, that he let the children of Israel go out of his land."
      12 Moses spoke before Yahweh, saying, "Behold, the children of Israel haven't listened to me. How then shall Pharaoh listen to me, who am of uncircumcised lips?"
      13 Yahweh spoke to Moses and to Aaron, and gave them a command to the children of Israel, and to Pharaoh king of Egypt, to bring the children of Israel out of the land of Egypt.
      14 These are the heads of their fathers' houses. The sons of Reuben the firstborn of Israel: Hanoch, and Pallu, Hezron, and Carmi; these are the families of Reuben.
      15 The sons of Simeon: Jemuel, and Jamin, and Ohad, and Jachin, and Zohar, and Shaul the son of a Canaanite woman; these are the families of Simeon.
      16 These are the names of the sons of Levi according to their generations: Gershon, and Kohath, and Merari; and the years of the life of Levi were one hundred thirty-seven years.
      17 The sons of Gershon: Libni and Shimei, according to their families.
      18 The sons of Kohath: Amram, and Izhar, and Hebron, and Uzziel; and the years of the life of Kohath were one hundred thirty-three years.
      19 The sons of Merari: Mahli and Mushi. These are the families of the Levites according to their generations.
      20 Amram took Jochebed his father's sister to himself as wife; and she bore him Aaron and Moses: and the years of the life of Amram were a hundred and thirty-seven years.
      21 The sons of Izhar: Korah, and Nepheg, and Zichri.
      22 The sons of Uzziel: Mishael, and Elzaphan, and Sithri.
      23 Aaron took Elisheba, the daughter of Amminadab, the sister of Nahshon, as his wife; and she bore him Nadab and Abihu, Eleazar and Ithamar.
      24 The sons of Korah: Assir, and Elkanah, and Abiasaph; these are the families of the Korahites.
      25 Eleazar Aaron's son took one of the daughters of Putiel as his wife; and she bore him Phinehas. These are the heads of the fathers' houses of the Levites according to their families.
      26 These are that Aaron and Moses, to whom Yahweh said, "Bring out the children of Israel from the land of Egypt according to their armies."
      27 These are those who spoke to Pharaoh king of Egypt, to bring out the children of Israel from Egypt. These are that Moses and Aaron.
      28 It happened on the day when Yahweh spoke to Moses in the land of Egypt,
      29 that Yahweh spoke to Moses, saying, "I am Yahweh. Speak to Pharaoh king of Egypt all that I speak to you."
      30 Moses said before Yahweh, "Behold, I am of uncircumcised lips, and how shall Pharaoh listen to me?"

      Exode 8

      27 We will go three days' journey into the wilderness, and sacrifice to Yahweh our God, as he shall command us."

      Exode 15

      2 Yah is my strength and song. He has become my salvation. This is my God, and I will praise him; my father's God, and I will exalt him.

      Exode 18

      1 Now Jethro, the priest of Midian, Moses' father-in-law, heard of all that God had done for Moses, and for Israel his people, how that Yahweh had brought Israel out of Egypt.
      2 Jethro, Moses' father-in-law, received Zipporah, Moses' wife, after he had sent her away,
      3 and her two sons. The name of one son was Gershom, for Moses said, "I have lived as a foreigner in a foreign land".
      4 The name of the other was Eliezer, for he said, "My father's God was my help and delivered me from Pharaoh's sword."
      5 Jethro, Moses' father-in-law, came with his sons and his wife to Moses into the wilderness where he was encamped, at the Mountain of God.
      6 He said to Moses, "I, your father-in-law Jethro, have come to you with your wife, and her two sons with her."
      7 Moses went out to meet his father-in-law, and bowed and kissed him. They asked each other of their welfare, and they came into the tent.
      8 Moses told his father-in-law all that Yahweh had done to Pharaoh and to the Egyptians for Israel's sake, all the hardships that had come on them on the way, and how Yahweh delivered them.
      9 Jethro rejoiced for all the goodness which Yahweh had done to Israel, in that he had delivered them out of the hand of the Egyptians.
      10 Jethro said, "Blessed be Yahweh, who has delivered you out of the hand of the Egyptians, and out of the hand of Pharaoh; who has delivered the people from under the hand of the Egyptians.
      11 Now I know that Yahweh is greater than all gods because of the thing in which they dealt arrogantly against them."
      12 Jethro, Moses' father-in-law, took a burnt offering and sacrifices for God. Aaron came with all of the elders of Israel, to eat bread with Moses' father-in-law before God.
      13 It happened on the next day, that Moses sat to judge the people, and the people stood around Moses from the morning to the evening.
      14 When Moses' father-in-law saw all that he did to the people, he said, "What is this thing that you do for the people? Why do you sit alone, and all the people stand around you from morning to evening?"
      15 Moses said to his father-in-law, "Because the people come to me to inquire of God.
      16 When they have a matter, they come to me, and I judge between a man and his neighbor, and I make them know the statutes of God, and his laws."
      17 Moses' father-in-law said to him, "The thing that you do is not good.
      18 You will surely wear away, both you, and this people that is with you; for the thing is too heavy for you. You are not able to perform it yourself alone.
      19 Listen now to my voice. I will give you counsel, and God be with you. You represent the people before God, and bring the causes to God.
      20 You shall teach them the statutes and the laws, and shall show them the way in which they must walk, and the work that they must do.
      21 Moreover you shall provide out of all the people able men, such as fear God: men of truth, hating unjust gain; and place such over them, to be rulers of thousands, rulers of hundreds, rulers of fifties, and rulers of tens.
      22 Let them judge the people at all times. It shall be that every great matter they shall bring to you, but every small matter they shall judge themselves. So shall it be easier for you, and they shall share the load with you.
      23 If you will do this thing, and God commands you so, then you will be able to endure, and all of these people also will go to their place in peace."
      24 So Moses listened to the voice of his father-in-law, and did all that he had said.
      25 Moses chose able men out of all Israel, and made them heads over the people, rulers of thousands, rulers of hundreds, rulers of fifties, and rulers of tens.
      26 They judged the people at all times. They brought the hard causes to Moses, but every small matter they judged themselves.
      27 Moses let his father-in-law depart, and he went his way into his own land.

      Nombres 10

      29 Moses said to Hobab, the son of Reuel the Midianite, Moses' father-in-law, "We are journeying to the place of which Yahweh said, 'I will give it to you.' Come with us, and we will treat you well; for Yahweh has spoken good concerning Israel."
      30 He said to him, "I will not go; but I will depart to my own land, and to my relatives."
      31 He said, "Don't leave us, please; because you know how we are to encamp in the wilderness, and you can be our eyes.
      32 It shall be, if you go with us, yes, it shall be, that whatever good Yahweh does to us, we will do the same to you."

      Nombres 33

      4 while the Egyptians were burying all their firstborn, whom Yahweh had struck among them: on their gods also Yahweh executed judgments.

      Josué 24

      14 "Now therefore fear Yahweh, and serve him in sincerity and in truth. Put away the gods which your fathers served beyond the River, in Egypt; and serve Yahweh.

      Ezéchiel 20

      7 I said to them, Cast away every man the abominations of his eyes, and don't defile yourselves with the idols of Egypt; I am Yahweh your God.

      Ezéchiel 23

      3 and they played the prostitute in Egypt; they played the prostitute in their youth; there were their breasts pressed, and there was handled the bosom of their virginity.
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