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SERVITEUR

(hébreu èbèd, naar, mecharéth ; grec doulos, païs, thérapôn, leitourgos, diaconos, latreûs)

doulos, voir Esclave ;

païs, c-à-d, enfant, est employé par extension pour les serviteurs et les esclaves envisagés comme appartenant à la famille :

les serviteurs d'Hérode (Mt 14:2), David serviteur de Dieu (Lu 1:69, Ac 4:25), Jésus en tant que Messie (Mt 12:18, Ac 3:13,26 4:27 30).
thérapôn n'est employé qu'une fois (Heb 3:5), pour désigner Moïse, serviteur, en tant qu'administrateur de la maison de Dieu (équiv, à leitourgos dans Heb 8:2, cf. Mt 24:45, Lu 12:42) ;

leitourgos, serviteur, ministre, plutôt dans le sens d'un service public (Heb 8:2, Ro 13:6), d'un sacerdoce (Ro 15:16, cf. Heb 1:7) ;

diaconos, employé surtout dans les épîtres de Paul et dans les Actes pour désigner un office se rapportant à l'activité pour Christ (1Th 3:2,1Co 3:5,2Co 3:6 6:4 11:23, Eph 3:7, Col 1:7,23,25 4:7 1Ti 4:6, cf. Jn 12:26), ou à un ministère de charité (Phi 1:1,1Ti 3:8,12, Ac 6:3, cf. Mt 4:11 où il est question du ministère des anges), d'où le mot et la fonction de diacre ;

latreûs n'est pas employé dans le N.T., mais le mot latreïa et le verbe latreueïn s'y retrouvent plusieurs fois pour indiquer le service de Dieu dans ses attributions morales, religieuses et cultuelles (Ro 9:4, Heb 9:1 Ro 12:1, où le mot est employé par opposition au service des idoles, cf. 1Ma 1:43 etc.) : cependant, traduire latreïa par « culte » au lieu de « service », c'est rétrécir la notion renfermée dans le texte et courir le risque de laisser croire que le service de Dieu peut s'enfermer dans la dévotion cultuelle. Ainsi, dans Mt 4:10 (qui vient directement de De 6:13) et dans Ro 12:1, le mot service répond mieux que le mot culte à l'idée exprimée dans le grec.

De tous ces textes et d'autres qu'on aurait pu citer, ressort le fait que la notion de servir, de serviteur, est une des données les plus importantes de la Bible, un mot d'ordre nouveau.

Notre humanité, dont l'origine est dans une rébellion de la créature contre les ordres du Créateur, confond volontiers le service avec la servitude. Servir, pour elle, c'est s'abaisser, s'asservir. « Ni Dieu ni maître ! » Cette formule moderne d'un sentiment qui est vieux comme le monde s'explique par le fait que le « service » a commencé dans la société humaine par l'esclavage, continué par le servage, et que l'Église, dans son histoire, a fait tout ce qui dépendait d'elle pour accréditer l'idée que Dieu protège les grands au détriment des petits. Le discrédit qui s'attache au mot servir n'en vient pas moins d'une fausse notion de la liberté ; ou, si l'on veut, d'une confusion entre la liberté véritable et une façon erronée de comprendre l'égalité. En dépit des mauvais bergers, le bon sens populaire se rend fort bien compte qu'une armée ne peut pas se composer que de généraux ni une usine ne renfermer que des directeurs. Il en est du corps social comme du corps humain. On ne peut s'y passer ni d'un cerveau qui pense ni de membres qui agissent sous son impulsion. Mais si le cerveau se comportait vis-à-vis des membres comme se comportent dans la société ceux qui commandent vis-à-vis de ceux qui obéissent, il n'y aurait pas sur la terre un seul corps en forme et en santé. Voilà pourquoi les chrétiens authentiques ne peuvent prendre leur parti de l'état de choses qui régit l'ensemble des hommes.

Mais ici, le point de vue de l'humanité selon l'Esprit est tout l'opposé du point de vue de l'humanité selon la chair. Celle-ci voudrait supprimer le service ; celle-là veut l'étendre à tous. Bien loin de voir dans le service un abaissement, une servitude, elle y voit une marque de grandeur et une source d'affranchissement. Il est frappant de voir la Bible, --écrite dans un milieu où régnait l'esclavage, où les mots serviteur et domestique sont dans la plupart des cas tant dans l'A. T, que dans le N.T. synonymes d'esclave--, établir des lois, formuler des revendications, développer une religion qui d'un bout à l'autre ont pour fondement la notion du service pour tous et l'égalité morale de tous les serviteurs devant Dieu.

La Bible ne flatte point l'homme ; elle ne l'illusionne pas. Elle lui dit que la créature déchue n'est pas libre par nature. Qu'elle a été créée par un Dieu bon, qu'elle a été déroutée par un pouvoir malfaisant, qu'elle n'a d'autre liberté que de choisir qui elle veut servir : l'infernal suggesteur qui achèvera de la perdre en la corrompant, ou le Créateur qui l'a faite à son image et qui la rétablira dans la liberté des enfants de Dieu en lui rendant le Saint-Esprit, si elle le sert avec fidélité. Ayant ainsi posé l'alternative du service humain, Jéhovah choisit pour la divine expérience le peuple d'Israël dont il entreprend l'éducation. L'histoire d'Israël n'est pas autre chose qu'un drame de service ; Israël est béni ou châtié suivant qu'il sert ou ne sert pas le Dieu bon qui l'appelle à être l'entraîneur de tous les peuples dans la voie du bien. La révélation aux patriarches, appelés serviteurs de Dieu (Ge 15:1,6 28:20-22 De 9:27), n'est pas autre chose qu'une révélation de service. Point de contenu nouveau de religion ou de morale ; ceci sera plus tard l'affaire de Moïse.

Pour le moment, Dieu ne demande à ses premiers témoins que la marche par la foi : « Quitte ton pays, ta patrie..., va dans le pays que je te montrerai..., et je te bénirai. » La récompense va toute à la fidélité du serviteur (Ge 12:1 17:3 28:20 et suivant, De 9:27). Moïse apporte aux tribus fugitives les principes religieux et moraux dans un décalogue qui fonde le droit divin sur le service rendu par Jéhovah aux enfants de Jacob (Ex 20) ; il ajoute à ses lois le commandement de l'amour : amour pour Dieu (De 6:5), amour pour le prochain (Le 19:18). L'amour est le nerf du service. Pour bien servir, il faut aimer (Jésus a fixé les rapports de l'amour et du service dans Jn 14:15-21). L'Israélite est donc par définition le serviteur de Jéhovah (De 10:12, Jos 24:14,1Sa 12:20 etc.). Serviteurs de Jéhovah, les Hébreux se doivent des services mutuels (Ex 20:12,26 Ex 21 Ex 22).

Les prophètes, développant la doctrine du service, montrent que dans la religion de Jéhovah, le Père du peuple élu, devoirs filiaux et devoirs fraternels sont inséparables (Am 5 Am 8, Os 4 et Os 5, Mic 6 et Mic 7, Esa 1, Jer 2, etc.). Israël doit même étendre ses services aux étrangers, à toute personne qui est dans le dénuement (Le 19:33, De 24:10 et suivants, etc.), car Jéhovah est aussi le Père de tous les hommes (Am 9:7, Mal 1:11) et veut que par l'exemple d'Israël toutes les nations arrivent à le servir (Esa 56:6 19:23 et suivants). En Israël, la vie fraternelle entre ceux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas, entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent, doit être telle que personne ne doit souffrir de la pauvreté (De 15:4) ; et cette coopération dans le service mutuel ne doit pas avoir une cause intéressée comme ce fut le cas au Moyen âge pour l'amélioration du sort de l'état de servage depuis l'édit de Louis le Hutin en 1315 ; elle doit être inspirée par les sentiments du coeur et tout spécialement par la reconnaissance envers Dieu, qui depuis la sortie d'Egypte rend tous les jours à son peuple des services magnifiques (De 4:7 5:15, Os 2:10, Ps 116:12). Enfin la prophétie, se dépassant elle-même, annonce que l'oeuvre suprême de la compassion de Dieu sera la manifestation du Serviteur de Jéhovah (voir art.), dont le service sera de se dévouer, de souffrir, de mourir pour apporter à l'humanité, par son sacrifice volontaire, la lumière, la délivrance, le salut (Esa 42:1,9 52:13-53:12, cf. Ac 3:13-26 4:27 et suivants, Mt 12:17 et suivant).

Jésus paraît. Il vient, Fils unique de Dieu (Jn 3:16) porteur du message de réconciliation. Décidé à ramener les hommes dans le service de Dieu, mais décidé aussi à n'employer pour accomplir son oeuvre sainte que des moyens de sainteté, il se présente « non pour être servi, mais pour servir » (Mt 20:28). Serviteur parfait de son Père et serviteur parfait de ses frères, il parle, il agit, il censure, il appelle, il court le risque suprême (méditer le « peut-être » de la parabole des vignerons, Lu 20:13). Si les hommes refusent le service, il se substituera à eux et, dans son service, paiera la rançon de tous (de Mt 20:28, rapprocher 1Co 6:20 7:23, Heb 9:12 et Jn 12:32) ; voir Expiation. Par l'horreur et par l'attirance de sa mort, service d'avance accepte (Jn 10:18 12:27), il reconquerra pour Dieu le coeur des hommes, il les arrachera au service corrupteur de Satan pour les donner au service sanctifiant de Dieu (voir Régénération), --car il sait bien qu'on ne peut servir deux maîtres : Dieu et Mammon (Lu 16:13). Au cours d'un ministère de trois années consacré avant tout à former ses disciples au service, il leur montre ce qu'il en coûte de servir Dieu au sein d'une humanité déchue, malheureuse et rebelle. Celui qui sert n'aura pas à espérer recevoir de ses semblables ce qu'il mérite, mais il devra servir en aimant comme Jésus (Jn 15:12), en se dévouant pour les autres, pour relever les autres et les entraîner vers « la stature parfaite du Christ » (Eph 4:13). « Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc moi... Je suis au milieu de vous comme celui qui sert... Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme j'ai fait. Le serviteur n'est pas plus grand que son maître » (Jn 13:13 et suivants, Lu 22:24 et suivants). Par ces paroles et par son geste, Jésus associe ses disciples à l'oeuvre rédemptrice : « Vous boirez la coupe que je bois » (Mr 10:39), en attendant de pouvoir les associer à sa gloire : « Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera » (Jn 12:26,17:24, Mt 25:21), gloire à laquelle ils se prépareront en accomplissant les plus humbles services fraternels (Mt 10:42 25:31 et suivants). Pour le moment, et dans les conditions de la vie présente, servir est donc prendre l'attitude la plus noble qu'on puisse avoir sur la terre, puisque c'est s'identifier à Jésus-Christ et collaborer au sauvetage de l'humanité pour laquelle il a donné sa vie. Mais cela porte très loin ; car Satan se défendra, il ameutera contre les serviteurs de Dieu tous les forces du mal (Mt 10:24, Jn 15:20). Le service où l'on s'engage fera éclater les cadres où l'égoïsme et l'orgueil de la société humaine, parfois même de l'Église, ont établi leurs ambitions, leurs luttes, leur bien-être... (Mr 10:30, Mt 5:10:34 16:24 24:1-14)

Après son Maître, l'apôtre Paul, qui s'intitule dans ses épîtres le serviteur, l'esclave du Christ (doulos), marche héroïquement dans la voie royale du service. Rien de plus émouvant que son intérêt pour l'Église de Jérusalem qui, il le sait, n'a pas de sympathie pour lui. Il risque même sa vie pour apporter lui-même aux frères de Judée la collecte qu'il a provoquée en Macédoine et en Achaïe (Ro 15:26).

Aux Corinthiens, il rappelle le respect que l'on doit aux familles qui, comme celle de Stéphanas, se vouent « au service des saints » (1Co 16:15 et suivant ; voir aussi 2Co 9).

Dans l'épître aux Galates, il « développe longuement et ardemment l'idée que si Dieu a arraché le croyant à la servitude de la loi et l'a fait un homme libre, c'est en vue de ce grand et magnifique événement : cet homme se sert de sa liberté pour se faire par charité le serviteur des autres. » (Ga 5:13) (P. Doumergue, Servir, 1929, p. 313.)

Dans l'épître aux Philippiens, il montre en Jésus l'idéal du serviteur et exhorte ses lecteurs à lui ressembler (Php 2:5 et suivants). Dans Ro 12:9,21, il écrit la charte du service chrétien ; dans 1Co 13, il en chante l'hymne ; dans Ro 12:1, il en donne le principe : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps en sacrifice vivant, saint, et que Dieu puisse agréer ; c'est là votre service rationnel » (tên logikên latreïan humôn). On voit ici combien le chrétien, appelé à être le serviteur de Dieu et, pour Dieu, de ses frères, à la façon de Jésus-Christ, trahit la cause qui lui a été confiée, quand, réduisant le service aux dévotions, il se contente de célébrer des cultes et s'imagine être en règle avec Dieu quand il a bâti des temples, chanté des cantiques, accompli des rites, offert des prières et des dons.

Servir, ce n'est point non plus partager les utopies des théoriciens de ce monde qui s'imaginent, par des lois démocratiques ou par l'impérialisme de la force, par les progrès de la civilisation ou par le sang des révolutions, détruire l'inégalité et l'injustice qui régnent au sein des nations. Servir, c'est montrer aux gens du monde qu'on peut constituer dans ce monde, par la grâce du Christ, une société différente du monde, où ne règne plus la soif de jouir, de s'enrichir, de dominer (Lu 22:25-27). Ce service introduit ici-bas le serviteur, à l'imitation de son Maître, sur le chemin du renoncement et du sacrifice ; prêcher la croix n'y suffit plus, il faut la porter (Mt 10:38 16:24, Jn 15:20 etc.) ; mais en même temps ce service lui assure dès ici-bas, par la communion de son Maître, une double récompense : la puissance et la joie (Ac 1:8, Ro 8:37, Php 4:13 etc.).

Quand Jésus dit à ses disciples : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jn 4:34), il leur révéla que l'obéissance à Dieu est un aliment pour l'âme. Le service des hommes épuise, le service de Dieu fortifie et rend le plus faible invincible. (cf. 2Co 12:9) Le sentiment de cette force, l'expérience de victoire qu'elle assure, les espérances qu'elle légitime remplissent le coeur d'une allégresse que le monde ne connaît pas et qui domine les tribulations du monde. « Nul ne vous ravira votre joie » (Jn 16:22,15:11, et les Béatitudes : Mt 5:12). C'est ainsi que Pierre et Jean se retirèrent de devant le Sanhédrin pleins de joie d'avoir été jugés dignes de souffrir pour le nom de Dieu (Ac 5:41), que Paul et Silas chantaient des cantiques dans la nuit du cachot (Ac 16:25), que les huguenots entonnaient sur le chemin du supplice : « La voici l'heureuse journée », et qu'à la fin de sa vie Whitefield pouvait dire : « O Dieu, je me suis fatigué à ton service, mais non pas de ton service. » Alex. W.

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Versets relatifs

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      Genèse 12

      1 Et l'Éternel avait dit à Abram : Va-t'en hors de ton pays, et de ta parenté, et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai.

      Genèse 15

      1 Après ces choses, la parole de l'Éternel fut adressée à Abram dans une vision, en disant : Ne crains point, Abram, je suis ton bouclier, et ta très grande récompense.
      6 Et Abram crut à l'Éternel, qui lui imputa cela à justice.

      Genèse 17

      3 Alors Abram tomba sur sa face ; et Dieu lui parla, et lui dit :

      Genèse 28

      20 Et Jacob fit un voeu, en disant : Si Dieu est avec moi, et me garde dans ce voyage que je fais, et me donne du pain pour manger, et des habits pour me vêtir,

      Exode 20

      1 Alors Dieu prononça toutes ces paroles, en disant :
      2 Je suis l'Éternel ton Dieu, qui t'ai retiré du pays d'Égypte, de la maison de servitude.
      3 Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face.
      4 Tu ne te feras point d'image taillée, ni aucune ressemblance des choses qui sont là-haut dans les cieux, ni ici-bas sur la terre, ni dans les eaux sous la terre ;
      5 Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car je suis l'Éternel ton Dieu, un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants, jusqu'à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent,
      6 Et qui fais miséricorde jusqu'à mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements.
      7 Tu ne prendras point le nom de l'Éternel ton Dieu en vain ; car l'Éternel ne tiendra point pour innocent celui qui aura pris son nom en vain.
      8 Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier ;
      9 Tu travailleras six jours, et tu feras toute ton oeuvre ;
      10 Mais le septième jour est le repos de l'Éternel ton Dieu ; tu ne feras aucune oeuvre en ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes ;
      11 Car l'Éternel a fait en six jours les cieux et la terre, la mer et tout ce qui est en eux, et il s'est reposé le septième jour ; c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié.
      12 Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre que l'Éternel ton Dieu te donne.
      13 Tu ne tueras point.
      14 Tu ne commettras point adultère.
      15 Tu ne déroberas point.
      16 Tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain.
      17 Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui soit à ton prochain.
      18 Or, tout le peuple entendait les tonnerres et le son de la trompette, et voyait les éclairs et la montagne fumante. Le peuple donc, voyant cela, tremblait et se tenait loin.
      19 Et ils dirent à Moïse : Parle-nous toi-même, et nous écouterons ; mais que Dieu ne parle point avec nous, de peur que nous ne mourions.
      20 Et Moïse dit au peuple : Ne craignez point, car Dieu est venu pour vous éprouver, et afin que sa crainte soit devant vous, en sorte que vous ne péchiez point.
      21 Le peuple donc se tint loin ; et Moïse s'approcha de l'obscurité où était Dieu.
      22 Et l'Éternel dit à Moïse : Tu diras ainsi aux enfants d'Israël : Vous avez vu que je vous ai parlé des cieux.
      23 Vous ne ferez point, à côté de moi, des dieux d'argent, et vous ne ferez point des dieux d'or.
      24 Tu me feras un autel de terre, sur lequel tu sacrifieras tes holocaustes et tes sacrifices de prospérité, tes brebis et tes taureaux. En tout lieu où je ferai célébrer mon nom, je viendrai à toi et je te bénirai.
      25 Que si tu me fais un autel de pierres, tu ne les emploieras point taillées ; car si tu levais sur elles ton fer, tu les souillerais.
      26 Et tu ne monteras point à mon autel par des degrés, afin que ta nudité n'y soit pas découverte.

      Exode 21

      1 Ce sont ici les lois que tu leur présenteras :
      2 Si tu achètes un esclave hébreu, il servira six années, mais la septième il sortira libre, sans rien payer.
      3 S'il est venu seul, il sortira seul ; s'il avait une femme, sa femme sortira avec lui.
      4 Si son maître lui donne une femme, et qu'elle lui enfante des fils ou des filles, la femme et ses enfants seront au maître, et il sortira seul.
      5 Que si l'esclave dit : J'aime mon maître, ma femme et mes enfants ; je ne veux pas sortir pour être libre ;
      6 Alors son maître l'amènera devant Dieu et le fera approcher de la porte ou du poteau, et son maître lui percera l'oreille avec un poinçon, et il le servira toujours.
      7 Si quelqu'un vend sa fille pour être esclave, elle ne sortira point comme sortent les esclaves.
      8 Si elle déplaît à son maître, qui se l'était destinée, il la fera racheter ; il n'aura point le pouvoir de la vendre à un peuple étranger, après l'avoir trompée.
      9 Mais s'il la destine à son fils, il fera pour elle selon le droit des filles.
      10 S'il en prend une autre, il ne retranchera rien pour la première à la nourriture, au vêtement, ni à la cohabitation.
      11 Et s'il ne lui fait pas ces trois choses, elle sortira gratuitement, sans argent.
      12 Celui qui frappe un homme à mort, sera puni de mort.
      13 Que s'il ne lui a point dressé d'embûches, mais que Dieu l'ait fait se rencontrer sous sa main, je t'établirai un lieu où il se réfugiera.
      14 Mais si quelqu'un s'est élevé contre son prochain, pour le tuer par ruse, tu le prendras même d'auprès de mon autel, afin qu'il meure.
      15 Celui qui frappe son père ou sa mère, sera puni de mort.
      16 Celui qui dérobe un homme et le vend, et celui entre les mains duquel il est trouvé, sera puni de mort.
      17 Celui qui maudit son père ou sa mère, sera puni de mort.
      18 Quand des hommes se querelleront, et que l'un frappera l'autre d'une pierre, ou du poing, de telle sorte qu'il n'en meure pas, mais qu'il soit obligé de se mettre au lit ;
      19 S'il se lève, et marche dehors, appuyé sur son bâton, celui qui l'aura frappé sera absous ; seulement il paiera son chômage, et le fera guérir entièrement.
      20 Quand un homme frappera son serviteur, ou sa servante, avec le bâton, et qu'ils mourront sous sa main, il ne manquera pas d'être puni.
      21 Mais s'ils survivent un jour ou deux, il ne sera pas puni, car c'est son argent.
      22 Si des hommes se battent, et frappent une femme enceinte, et qu'elle en accouche, sans qu'il arrive malheur, celui qui l'aura frappée sera condamné à l'amende que le mari de la femme lui imposera ; et il la donnera devant des juges.
      23 Mais s'il arrive malheur, tu donneras vie pour vie,
      24 Oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied,
      25 Brûlure pour brûlure, plaie pour plaie, meurtrissure pour meurtrissure.
      26 Et si quelqu'un frappe l'oeil de son serviteur ou l'oeil de sa servante, et le leur gâte, il les laissera aller libres pour leur oeil.
      27 Que s'il fait tomber une dent à son serviteur ou à sa servante, il les laissera aller libres pour leur dent.
      28 Si un boeuf heurte de sa corne un homme ou une femme, qui en meure, le boeuf sera lapidé, et l'on ne mangera point sa chair, et le maître du boeuf sera absous.
      29 Mais si auparavant le boeuf avait accoutumé de heurter de sa corne, et que son maître en ait été averti, et qu'il ne l'ait point surveillé, et qu'il tue un homme ou une femme, le boeuf sera lapidé, et son maître aussi sera mis à mort.
      30 Si on lui impose un prix pour se racheter, il donnera en rançon de sa vie tout ce qui lui sera imposé.
      31 Si le boeuf heurte de sa corne un fils ou une fille, on le traitera selon cette même loi.
      32 Si le boeuf heurte de sa corne un esclave, soit homme, soit femme, le possesseur du boeuf donnera trente sicles d'argent à son maître, et le boeuf sera lapidé.
      33 Si quelqu'un ouvre une fosse ou si quelqu'un creuse une fosse, et ne la couvre point, et qu'il y tombe un boeuf ou un âne,
      34 Le maître de la fosse fera restitution ; il rendra de l'argent à leur maître ; mais ce qui est mort sera à lui.
      35 Et si le boeuf de quelqu'un blesse le boeuf de son prochain, et qu'il en meure, ils vendront le boeuf vivant et en partageront l'argent, et ils partageront aussi le boeuf mort.
      36 S'il est notoire qu'auparavant le boeuf avait accoutumé de heurter de sa corne, et que son maître ne l'ait point gardé, il devra rendre boeuf pour boeuf ; mais le boeuf mort sera à lui.

      Exode 22

      1 Si un homme dérobe un boeuf, ou un agneau, et le tue ou le vend, il restituera cinq boeufs pour le boeuf, et quatre agneaux pour l'agneau.
      2 Si le larron est trouvé faisant effraction, et est frappé à mort, celui qui l'aura frappé ne sera point coupable de meurtre.
      3 Mais si le soleil était levé sur lui, il sera coupable de meurtre. Le voleur fera donc restitution ; s'il n'a pas de quoi, il sera vendu pour son vol.
      4 Si ce qui a été dérobé est trouvé vivant entre ses mains, soit boeuf, soit âne, soit agneau, il rendra le double.
      5 Si quelqu'un fait du dégât dans un champ, ou dans une vigne, et lâche son bétail, qui paisse dans le champ d'autrui, il rendra le meilleur de son champ et le meilleur de sa vigne.
      6 Si le feu sort et trouve des épines, et que du blé en gerbes, ou la moisson, ou le champ, soit consumé, celui qui aura allumé le feu rendra entièrement ce qui aura été brûlé.
      7 Si un homme donne à son prochain de l'argent ou des objets à garder, et qu'on les dérobe de sa maison ; si le larron est découvert, il rendra le double.
      8 Si le larron ne se trouve point, le maître de la maison sera amené devant Dieu, pour jurer s'il n'a point mis la main sur le bien de son prochain.
      9 Dans toute affaire où il y a prévarication, pour un boeuf, pour un âne, pour un agneau, pour un vêtement, pour tout objet perdu, dont on dira : c'est cela, la cause des deux parties viendra devant Dieu ; celui que Dieu condamnera, rendra le double à son prochain.
      10 Si quelqu'un donne à garder à son prochain un âne ou un boeuf, ou un agneau, ou quelque bête que ce soit, et qu'elle meure, ou se casse quelque membre, ou soit emmenée sans que personne le voie,
      11 Le serment de l'Éternel interviendra entre les deux parties, pour savoir s'il n'a point mis la main sur le bien de son prochain ; le maître de la bête acceptera le serment, et l'autre ne fera pas restitution.
      12 Mais si elle lui a été dérobée, il la rendra à son maître.
      13 Si elle a été déchirée par les bêtes sauvages, il l'apportera en preuve ; il ne rendra point ce qui a été déchiré.
      14 Si quelqu'un emprunte de son prochain une bête, et qu'elle se casse quelque membre, ou qu'elle meure, son maître n'étant point avec elle, il en fera la restitution.
      15 Si son maître est avec elle, il n'y aura pas de restitution ; si elle a été louée, elle est venue pour son salaire.
      16 Si quelqu'un suborne une vierge qui n'était point fiancée, et couche avec elle, il faudra qu'il paie sa dot et la prenne pour femme.
      17 Si le père de la fille refuse absolument de la lui donner, il lui paiera l'argent qu'on donne pour la dot des vierges.
      18 Tu ne laisseras point vivre la sorcière.
      19 Quiconque couchera avec une bête, sera puni de mort.
      20 Celui qui sacrifie à d'autres dieux qu'à l'Éternel seul, sera voué à l'extermination.
      21 Tu ne maltraiteras point l'étranger, et tu ne l'opprimeras point ; car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte.
      22 Vous n'affligerez aucune veuve ni aucun orphelin.
      23 Si tu les affliges, et qu'ils crient à moi, certainement j'entendrai leur cri ;
      24 Et ma colère s'enflammera, et je vous tuerai par l'épée, et vos femmes seront veuves, et vos enfants orphelins.
      25 Si tu prêtes de l'argent à mon peuple, au malheureux qui est avec toi, tu n'agiras point avec lui comme un usurier ; vous ne lui imposerez point d'intérêt.
      26 Si tu prends en gage le vêtement de ton prochain, tu le lui rendras avant que le soleil soit couché ;
      27 Car c'est sa seule couverture, c'est son vêtement pour couvrir sa peau. Dans quoi coucherait-il ? Et s'il arrive qu'il crie à moi, je l'entendrai, car je suis miséricordieux.
      28 Tu ne blasphémeras point Dieu, et tu ne maudiras point le prince de ton peuple.
      29 Tu ne différeras point le tribut de ce qui remplit ton grenier et de ce qui découle de ton pressoir. Tu me donneras le premier-né de tes fils.
      30 Tu en feras de même de ton boeuf, de tes brebis ; leur premier-né sera sept jours avec sa mère, au huitième jour tu me le donneras.
      31 Vous me serez des hommes saints, et vous ne mangerez point de chair déchirée aux champs par les bêtes sauvages, vous la jetterez aux chiens.

      Lévitique 19

      18 Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de ressentiment contre les enfants de ton peuple ; mais tu aimeras ton prochain comme toi-même : Je suis l'Éternel.
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