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SYMBOLISME

Symbole, Langage rationnel et Langage symbolique.

Le sumbolon (de sumballeïn =jeter ensemble, joindre, mettre en contact) était un objet séparé en deux parties et dont les morceaux rapprochés servaient de signe de reconnaissance à ceux qui les possédaient. Par extension, un symbole est un signe concret représentant, par un rapport d'analogie établi naturellement ou conventionnelle-ment, une réalité qui ne tombe pas sous les sens. Dans une acception spéciale que nous n'avons pas à retenir pour notre étude, un symbole est une confession de foi, c'est-à-dire un signe de ralliement pour ceux qui professent une même foi (ex. : le Symbole des Apôtres, le Symbole de Nicée).

I

Il existe un symbolisme spontané, inhérent à notre nature corporelle. En effet, si, d'une part, le corps rend impossible toute communication directe entre les esprits, il est, d'autre part, le premier et le plus simple moyen d'expression que nous possédions pour faire connaître nos désirs, nos émotions, nos volitions. Par ses attitudes (gestes, mouvements, jeux de physionomie) il représente, il mime des états d'âme qui, inaccessibles en eux-mêmes à toute perception sensible, deviennent ainsi, à travers les signes figuratifs ou symboles qui en sont donnés, l'objet d'une connaissance externe (ex., le bras en avant du corps avec le poing fermé : geste de menace et d'hostilité ; la main tendue ouverte : symbole de paix et d'alliance ; les mains jointes : attitude de supplication ; le pros-ternement : signe de respect et de soumission, etc.).

Ce symbolisme visuel est déjà un langage, mais bien pauvre et bien rudimentaire, car il ne peut exprimer qu'un nombre très limité d'états de conscience, d'ordre affectif surtout, et, en outre, même lorsqu'il est intentionnel, il reste trop particulier et trop dépendant de la cause immédiate qui le suscite pour être capable d'ouvrir à la pensée la voie de l'abstraction et de la généralisation sans lesquelles aucune langue n'est possible.

Le langage proprement dit est constitué par la parole, c'est-à-dire par une suite ordonnée de sons articulés émis pour exprimer la pensée. Or c'est encore le symbolisme que nous trouvons à l'origine du langage parlé, car c'est lui qui a présidé au choix des sons employés dans les premiers efforts de communication à l'aide de signes auditifs. Parmi ces sons, plusieurs se sont imposés à l'esprit parce qu'ils avaient été tout d'abord des sons inarticulés (cris ou interjections) dus à de simples réflexes déclanchés par le plaisir ou la douleur, la joie ou la tristesse et que, reproduits intentionnellement, ils évoquaient des sensations et des sentiments semblables à ceux qui les avaient fait jaillir. D'autres, produits par imitation de cris d'animaux ou de bruits extérieurs (onomatopées), ont servi tout naturellement de symboles pour nommer toute une série d'êtres et de phénomènes physiques. D'autres enfin ont été choisis parce qu'ils offraient à l'imagination des analogies, proches ou lointaines, avec telles ou telles qualités attribuées à des choses, à des actions et à des états d'âme. Dans l'état actuel de nos langues déjà fort évoluées, il ne nous est pas possible de comprendre comment ont pu s'établir la plus grande partie de ces rapprochements entre des sons et des objets ; mais le fait n'en demeure pas moins incontestable : c'est grâce au symbolisme que le génie de l'homme a pu inventer le langage.

Mais ce symbolisme originel, nous le voyons disparaître au fur et à mesure que le langage évolue. Peu à peu l'analogie fait place à la convention. Cette substitution répond autant aux nécessités de l'esprit qu'aux besoins de la vie sociale. En effet, d'une part, les signes, une fois inventés, tendent à se répéter chaque fois que l'action l'exige et acquièrent ainsi, grâce à l'habitude, un caractère de stabilité ; d'autre part, reproduits par imitation, ils sont employés à cause de leur commodité par les individus d'un même groupe comme une sorte de monnaie d'échange pour toutes les relations de la vie collective. Acceptés en vertu d'un contrat implicite, ils prennent un sens conventionnel fixé par la coutume. Ce qui compte désormais, ce n'est plus la similitude des sons avec les objets qu'ils désignent, mais le rapport de correspondance établi par convention entre les mots et les idées, de telle sorte qu'il suffira qu'un mot soit prononcé pour que, dans tous les esprits, l'idée corrélative apparaisse. Ainsi ce qui était au début un symbole naturel n'est plus maintenant qu'un signe conventionnel. Nous en avons une preuve à la fois banale et irrécusable dans la multiplicité des langues qui mettent à la disposition de l'esprit des systèmes de signes fort différents pour exprimer les mêmes pensées.

Si la convention a joué un tel rôle dans l'évolution du langage, elle est loin d'avoir été le seul facteur de cette transformation, car la modification la plus profonde est due, non à la volonté avec les contrats qu'elle peut établir, mais à la raison proprement dite avec ses fonctions d'élaboration. C'est la raison et la raison seule qui a rendu possible le passage du langage émotionnel, que l'homme a en commun avec l'animal, au langage proprement humain. En effet, pour que les signes instinctifs deviennent conventionnels, il faut qu'ils puissent se détacher des choses ou des émotions auxquelles ils adhèrent pour passer à d'autres objets ou à d'autres états de conscience reconnus semblables. Ce transfert des signes n'est possible que grâce aux fonctions d'abstraction et de généralisation. De chaque objet perçu ou remémoré dans sa réalité concrète l'esprit ne retient qu'une qualité particulièrement marquante et qui, extraite de l'ensemble des caractères, devient représentative du tout. Il suffit qu'un mot rappelle cette qualité abstraite pour que la chose tout entière soit identifiée. La raison, établissant en même temps un rapport de comparaison entre des objets, par ailleurs différents mais qui ont en commun une même qualité, réunit ces objets en un même genre. Le mot qui désignait tout d'abord l'un d'entre eux prend ainsi un sens à la fois abstrait et général. Or, c'est grâce à l'emploi de termes de plus en plus abstraits et de plus en plus propres à exprimer des relations générales que les langues ont progressé et que, soumises à la logique de l'esprit, elles sont devenues de plus en plus rationnelles.

L'écriture (voir ce mot) a suivi un développement parallèle. Elle a commencé par être symbolique, exprimant les objets de la pensée par des dessins qui étaient de simples copies-images ou de véritables symboles selon la nature sensible ou intellectuelle des choses ainsi représentées. Cette écriture idéographique a été remplacée par l'écriture phonétique, qui signale non plus les choses ou les idées, mais les éléments de la voix par lesquels on les désigne. Le progrès décisif a été l'invention de l'alphabet qui a permis de traduire les signes oraux (éléments consonants et éléments vocalisants) par des signes écrits en nombre très limité et de fixer ainsi la parole, avec la possibilité de la conserver et de la transmettre à volonté aussi bien dans l'espace que dans le temps. On comprend sans peine comment cette extension indéfinie de la parole par l'écriture a pu accentuer les caractères de convention, d'abstraction et de généralisation du langage et contribuer à faire de lui cet incomparable instrument de travail qui, créé par la raison, l'a si admirablement façonnée à son tour. En effet, la pensée implicite est nécessairement confuse, et ce n'est qu'en s'explicitant grâce au discours, intérieur ou extérieur, qu'elle devient claire et distincte et que, capable d'élaborer des concepts, c'est-à-dire des idées générales, elle peut les unir dans des jugements et des raisonnements. Ainsi s'ouvre devant elle le champ illimité de la connaissance rationnelle.

II

Si le langage rationnel est éminemment apte à rendre intelligibles les relations entre les choses matérielles et à énoncer les rapports entre les idées, par contre il se révèle tout à fait insuffisant quand il s'agit d'exprimer des réalités spirituelles, car ces réalités ne se laissent pas enfermer dans les cadres trop étroits et trop rigides des concepts. De là la difficulté qu'éprouve le croyant quand il essaie de traduire en termes abstraits, d'étaler sur le plan des idées et des mots ce qui, dans son expérience religieuse, est essentiellement esprit et vie. Il constate très vite que la formule intellectuelle qu'il obtient de la sorte n'est qu'une grossière approximation. Il s'efforce alors de serrer de plus près cette réalité qui lui échappe ; mais, avec une nouvelle formule, il n'arrive qu'à une nouvelle approximation. L'intervalle subsiste toujours, variable d'ailleurs suivant la nature des états d'âme car, s'il est facile de parler de sentiments superficiels, il est très difficile et parfois même quasiment impossible d'exprimer les émotions qui ébranlent l'être jusque dans ses fondements les plus profonds.

C'est pour tourner cette difficulté que nous sommes amenés tout naturellement à employer des images qui jouent le rôle de symboles. Ces images ont pour but d'évoquer ce dont nous voulons parler en établissant un rapport de similitude entre les réalités matérielles qu'elles représentent et les réalités spirituelles qu'elles doivent exprimer. Moins élaborées que les concepts, elles restent en contact plus immédiat avec les choses particulières et concrètes et, participant de l'évidence sensible de celles-ci, elles obtiennent aisément le consentement des esprits. D'autre part, à cause de leur souplesse, de leur plasticité, elles sont beaucoup plus expressives que les idées générales car, au lieu de définir la vérité en l'enfermant dans des limites trop étroites, elles la suggèrent avec une très grande force en même temps qu'elles la laissent par certains côtés indéterminée. Leur fonction est d'indiquer à la pensée une direction à suivre et de la laisser ensuite poursuivre seule la route. Le Sadhou Sundar Singh le savait bien quand, voulant montrer que le chrétien doit être dans le monde sans se laisser gagner par l'esprit du monde, il donnait, non une explication abstraite, mais cette admirable image : « Il faut que le bateau soit dans l'eau ; mais il ne faut pas que l'eau soit dans le bateau. »

Si le symbolisme est nécessaire pour exprimer la vie religieuse dans ses manifestations humaines, à fortiori est-il indispensable quand il s'agit de parler de Dieu qui en est le principe et la fin. En effet, nous ne connaissons Dieu que par analogie (voir Connaissance), et son action, qui est par essence surnaturelle et invisible, n'est perceptible qu'au regard de la foi. Mais encore faut-il que la foi qui saisit l'invisible puisse trouver son point d'appui dans le visible car, c'est là notre condition humaine, aucune connaissance, même la plus spirituelle, ne peut nous venir que par le moyen des sens. Pour croire, l'homme naturel a besoin tout d'abord de voir. Ainsi apparaît la nécessité absolue du témoignage, car c'est seulement à travers des hommes, qui sont à la fois âme et corps, que le spirituel peut devenir matériel et que l'amour invisible de Dieu, prenant une figure humaine, peut être perçu par la vue dans sa réalisation naturelle avant d'être connu par la foi dans son origine surnaturelle. Ce témoignage visible est la condition première de tout apostolat, mais, à lui seul, il ne suffit pas. Il faut qu'il soit appuyé, confirmé par le témoignage de la parole. « La foi, dit saint Paul, vient de ce qu'on entend ; et l'on entend, quand la parole du Christ est prêchée » (Ro 10:17). Or, pour apporter le message du salut, le croyant ne peut employer un langage purement spirituel puisque ce langage n'a de sens que pour ceux qui vivent selon l'Esprit. Il faut bien cependant qu'il parle le langage de la foi, sans quoi il ne serait pas un témoin ; mais il faut qu'il le fasse en des termes compréhensibles pour ceux qui n'ont pas la foi. Il faut qu'il prenne les hommes comme ils sont et là où ils sont, dans leur vie habituelle, dans le monde des choses ordinaires et des actions ordinaires, avec la connaissance ordinaire qu'ils en ont et que, choisissant par analogie des exemples, des images, des comparaisons dans ce milieu qui leur est familier, il essaie, par le moyen de ces symboles, de leur faire pressentir la réalité divine dont il témoigne.

Si tout ceci est vrai, il n'est pas étonnant que la Bible, qui est par excellence le livre des inspirés et des témoins, qui est surtout le livre unique dans lequel tout converge vers Celui qui a été « la Parole faite chair », soit en même temps le livre où le symbolisme religieux apparaisse avec un éclat incomparable.

III

Dans la diversité des symboles que nous offre la Bible nous pouvons distinguer plusieurs catégories.

1.

LES IMAGES FIGURATIVES OU METAPHORES, pour exprimer, par exemple, la souveraineté de Dieu : royaume, roi, seigneur, trône, sceptre, main puissante ; la fragilité de la vie humaine : herbe, ombre, songe, fumée ; la sécurité en Dieu : rocher, refuge, forteresse, bouclier ; la recherche de Dieu : faim, soif, terre desséchée ; l'union de Dieu avec son peuple : alliance, fiancé, mari ; l'infidélité du peuple : adultère, prostitution ; l'état de péché : ennemi, rebelle, esclave ; le châtiment : feu, épée ; le salut en Jésus-Christ : réconciliation, rédemption, racheté, affranchi, né de nouveau, adoption, héritier, scellé, lumière opposée à ténèbres ; l'activité chrétienne : planter, semer, moissonner, construire, combattre (armure du chrétien : Eph 6:11,17) ; l'Église et la communion des saints : corps, membres, race élue, sacerdoce royal ; la récompense de la fidélité : couronne, etc.

2.

LES PARABOLES (voir art.) sont des comparaisons, des similitudes présentées sous la forme de courts récits.

3.

LES FABLES appartiennent au même genre que les paraboles, mais sont loin d'avoir leur valeur. La fable, en effet, mettant en scène des animaux et même des êtres inanimés qui se comportent et qui parlent comme des hommes, viole l'ordre de la nature et rend ainsi impossible l'analogie qui fait toute la force de la parabole. De plus, elle ne donne que les conseils d'une sagesse humaine trop souvent terre à terre et égoïste. Nous ne trouvons que deux fables dans toute la Bible : celle des arbres choisissant un roi (Jug 9:8,15) et celle de l'épine et du cèdre (2Ro 14:9).

4.

LES ALLEGORIES sont des métaphores continuées. Il ne faut pas confondre l'allégorie avec la parabole car, tandis que celle-ci maintient distincts le sujet et le terme de la comparaison, celle-là les identifie de telle sorte que le signe devient la chose signifiée.

Voici les principales allégories de la Bible :

« L'Éternel est mon berger... » (Ps 23:1,4).

« Tu avais arraché de l'Egypte une vigne... » (Ps 80:9,17 ; le même thème est repris dans Esa 5:1,7, mais plutôt sous la forme d'une parabole, tandis que le rappel de Esa 27:2 et suivant est nettement allégorique).

« Un grand aigle aux longues ailes... » (Eze 17:1,21 ; ce récit est présenté comme une parabole, mais c'est bien une allégorie).

« Entrez par la porte étroite... » (Mt 7:13 et suivant).

« Je suis le pain de vie... » (Jn 6:32,63).

« Je suis la lumière du monde... » (Jn 8:12).

« Je suis le bon berger... » (Jn 10:1,16).

« Je suis le vrai cep... » (Jn 15:1,8).

On voit par ces exemples que l'allégorie est bien « un discours figuré qui présente à l'esprit un sens caché sous le sens littéral ». Encore faut-il remarquer que l'image peut être assez transparente pour que le sens caché se laisse facilement deviner ; mais, plus l'allégorie est artificielle et compliquée, plus elle risque de devenir obscure et incompréhensible.

Dans l'allégorie le symbolisme est toujours voulu puisque l'image est donnée intentionnellement avec son double sens. L'interprétation allégorique, elle, consiste à prendre un texte qui, en lui-même, est clair et à lui donner un sens caché qu'il n'avait pas dans la pensée de l'auteur.

Ce procédé d'interprétation était fort en honneur chez les rabbins.

L'apôtre Paul l'a parfois employé. Exemples :

le rocher spirituel (1Co 10:1,6), le voile de Moïse (2Co 3:12,16), Agar (Ga 4:21-31).

L'auteur de l'épître aux Hébreux s'en est également servi pour établir la sacrificature éternelle de Jésus-Christ selon l'ordre de Melchisédec (Heb 7:1,28). Mais ce sont surtout les Pères de l'Église et tout particulièrement Origène qui ont usé et parfois abusé de cette méthode d'interprétation des Écritures (voir Bible [Commentaires sur la]), méthode aujourd'hui tombée en discrédit à cause de son caractère arbitraire et de ses résultats trop souvent fantaisistes (ex. : l'interprétation allégorique du Cantique des Cantiques, selon laquelle le bien-aimé serait Jésus-Christ, et la jeune fille son Église).

5.

LES RECITS SYMBOLIQUES, comme celui de la création d'Adam et d'Eve et celui de leur désobéissance dans le jardin d'Éden (Ge 2 et Ge 3). Ces récits, qui par leur langage figuré s'apparentent aux récits babyloniens, expriment des vérités qui, elles, font incontestablement partie du trésor de la Révélation. Les livres de Daniel, de Jonas et de l'Apocalypse peuvent être rangés dans la catégorie des récits symboliques.

6.

LES ACTIONS SYMBOLIQUES.

Exemples :

le prophète se faisant blesser et se plaçant sur le chemin du roi (1Ro 20:35,43) ; Ésaïe détachant le sac de ses reins et ôtant les chaussures de ses pieds (Esa 20:1-4) ;

Jérémie cachant sa ceinture dans la fente d'un rocher (Jer 13:1,11), allant chez un potier (Jer 18:1,6), achetant un vase de terre et le brisant (Jer 19:1,14), se chargeant d'un joug (Jer 27:1-15 28:12,17), achetant vin champ (Jer 32:6,15), invitant les Récabites à boire du vin ! (Jer 35:1,19)

Ézéchiel mettant une chaudière sur le feu (Eze 24:3-14) ; l'action n'a peut-être pas été réellement accomplie ; ce serait alors une allégorie ;

Osée prenant une femme prostituée et donnant à ses enfants des noms symboliques (Os 1:1,9) ;

Jésus plaçant un enfant au milieu de ses disciples pour leur donner une leçon d'humilité (Mr 9:33,37), maudissant le figuier qui n'a pas de fruits (Mr 11:12-14 19-25), lavant les pieds de ses disciples (Jn 13:1,20) ;

Agabus s'attachant les pieds et les mains avec la ceinture de saint Paul (Ac 21:8,14).

Dans cette catégorie doivent aussi être compris des symboles en action, tels que : l'onction d'huile comme signe de consécration (Ex 29:7-21 40:9,15,1Sa 10:1 16:13) ; la célébration de la Pâque, qui était un acte à la fois commémoratif et figuratif (Ex 12:1-36 13:1,10) ; le baptême, et surtout l'institution de la sainte Cène, l'action symbolique par excellence avec toute la réalité spirituelle qu'elle représente (voir Cène).

7.

LES OBJETS SYMBOLIQUES.

Le mot objet désignant « ce qui se présente devant les yeux, s'offre au regard », il est naturel qu'on ait choisi des objets comme symboles visibles des réalités invisibles. Exemples : l'arc-en-ciel, signe de l'alliance entre Dieu et tous les êtres vivants ; l'arche, symbole de la présence de Jéhovah ; les chérubins d'or, symbole de l'adoration et de la prière perpétuelles ; les vêtements sacerdotaux de fin lin, symbole de la sainteté de l'Éternel ; l'eau du baptême, symbole de la grâce qui purifie l'âme ; le pain et la coupe de la sainte Cène, symboles de la communion au corps et au sang du Christ.

8.

LES VISIONS SYMBOLIQUES.

Exemples :

l'échelle de Béthel (Ge 28:10-17) ; le buisson ardent (Ex 3:1,6) ; le Seigneur assis sur son trône (Esa 6:1,7) ; la branche d'amandier et la chaudière bouillante (Jer 1:11,19) ; les deux paniers de figues (Jer 24:1,10) ; les quatre animaux (Eze 1:1,28) ; les ossements desséchés (Eze 37:1,14) ; les sauterelles, le feu, le niveau (Am 7:1-9) ; la corbeille de fruits (Am 8:1,3) ; les chevaux, les cornes, etc. (Za 1:7-6 8) ; la nappe remplie d'animaux (Ac 10:9,16-28).
On sait quel rôle ont joué les visions dans la littérature apocalyptique en général et, pour ne citer que les écrits canoniques, dans le livre de Daniel et dans l'Apocalypse en particulier. Ici triomphe le symbolisme avec ses obscurités parfois, mais aussi avec ses richesses inépuisables pour représenter des réalités qui, inaccessibles en elles-mêmes, ne peuvent être connues que par analogie. Comment, en effet, sans le secours des symboles eût-il été possible au Voyant de Patmos, transporté en esprit dans le ciel, d'exprimer dans une langue humaine ce qu'aucun oeil n'a vu, ce qu'aucune oreille n'a entendu ? (Ap 7:9-17 Apo 21 22:1-5) Alb. D.

Révision Yves Petrakian 2005

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      Genèse 2

      1 Ainsi furent achevés le ciel, la terre et toute leur armée.
      2 Le septième jour toute l’œuvre que Dieu avait faite était achevée et il se reposa au septième jour de toute l’œuvre qu’il avait faite.
      3 Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car en ce jour Dieu s’était reposé de toute l’œuvre qu’il avait créée.
      4 Voici les origines du ciel et de la terre, quand ils furent créés. Lorsque l’Éternel Dieu fit la terre et le ciel il n’y avait encore
      5 aucun arbuste de la campagne sur la terre, et aucune herbe de la campagne ne germait encore : car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour cultiver le sol.
      6 Mais une vapeur s’éleva de la terre et arrosa toute la surface du sol.
      7 L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière du sol ; il insuffla dans ses narines un souffle vital, et l’homme devint un être vivant.
      8 Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé.
      9 L’Éternel Dieu fit germer du sol toutes sortes d’arbres d’aspect agréable et bons à manger, ainsi que l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
      10 Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.
      11 Le nom du premier est Pichôn ; c’est celui qui contourne tout le pays de Havila, où l’on trouve de l’or
      12 d’excellente qualité ainsi que le bdellium et la pierre d’onyx.
      13 Le nom du second fleuve est Guihôn ; c’est celui qui contourne tout le pays de Kouch.
      14 Le nom du troisième fleuve est Hiddéqel ; c’est celui qui coule à l’orient de l’Assyrie. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate.
      15 L’Éternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder.
      16 L’Éternel Dieu donna ce commandement à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ;
      17 mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.
      18 L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui sera son vis-à-vis.
      19 L’Éternel Dieu forma du sol tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel. Il les fit venir vers l’homme pour voir comment il les appellerait, afin que tout être vivant porte le nom que l’homme lui aurait donné.
      20 L’homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs ; mais, pour l’homme, il ne trouva pas d’aide qui fût son vis-à-vis.
      21 Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme qui s’endormit ; il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place.
      22 L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise à l’homme et il l’amena vers l’homme.
      23 Et l’homme dit : Cette fois c’est l’os de mes os, La chair de ma chair. C’est elle qu’on appellera femme, Car elle a été prise de l’homme.
      24 C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.
      25 L’homme et sa femme étaient tous les deux nus et n’en avaient pas honte.

      Genèse 3

      1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?
      2 La femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.
      3 Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.
      4 Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez pas du tout !
      5 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal.
      6 La femme vit que l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et propre à donner du discernement. Elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea.
      7 Les yeux de tous deux s’ouvrirent ; ils prirent conscience du fait qu’ils étaient nus. Ils se firent des ceintures avec des feuilles de figuier cousues ensemble.
      8 Alors ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu qui parcourait le jardin avec la brise du soir. L’homme et sa femme allèrent se cacher devant l’Éternel Dieu, parmi les arbres du jardin.
      9 L’Éternel Dieu appela l’homme et lui dit : Où es-tu ?
      10 Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur, parce que je suis nu ; je me suis donc caché.
      11 l’Éternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ?
      12 L’homme répondit : C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé.
      13 Alors l’Éternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m’a induite en erreur, et j’en ai mangé.
      14 L’Éternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, Tu seras maudit entre tout le bétail Et tous les animaux de la campagne, Tu marcheras sur ton ventre Et tu mangeras de la poussière Tous les jours de ta vie.
      15 Je mettrai inimitié entre toi et la femme, Entre ta descendance et sa descendance : Celle-ci t’écrasera la tête, Et tu lui écraseras le talon.
      16 Il dit à la femme : Je rendrai tes grossesses très pénibles, C’est avec peine que tu accoucheras. Tes désirs (se porteront) vers ton mari, Mais il dominera sur toi.
      17 Il dit à l’homme : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger, Le sol sera maudit à cause de toi ; C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture Tous les jours de ta vie,
      18 Il te produira des chardons et des broussailles, Et tu mangeras l’herbe de la campagne.
      19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, Jusqu’à ce que tu retournes dans le sol, D’où tu as été pris ; Car tu es poussière, Et tu retourneras à la poussière.
      20 L’homme donna à sa femme le nom d’Ève : car elle a été la mère de tous les vivants.
      21 L’Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, dont il les revêtit.
      22 L’Éternel Dieu dit : Maintenant que l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal, évitons qu’il tende la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre éternellement.
      23 L’Éternel Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il cultive le sol d’où il avait été tiré.
      24 Après avoir chassé l’homme, il mit à demeure à l’est du jardin d’Éden, les chérubins et la flamme de l’épée qui tournoie, pour garder le chemin de l’arbre de vie.

      Genèse 28

      10 Jacob partit de Beér-Chéba et s’en alla à Harân.
      11 Il atteignit un endroit où il passa la nuit, car le soleil était couché. Il prit l’une des pierres de l’endroit, il la plaça sous sa tête, et il se coucha à cet endroit.
      12 Il eut un rêve. Voici qu’une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait au ciel ; et les anges de Dieu y montaient et y descendaient.
      13 Or l’Éternel se tenait au-dessus d’elle ; il dit : Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donnerai à toi et à ta descendance.
      14 Ta descendance sera (innombrable) comme la poussière de la terre ; tu t’étendras à l’ouest et à l’est, au nord et au sud. Toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta descendance.
      15 Voici : je suis moi-même avec toi, je te garderai partout où tu iras et je te ramènerai dans ce territoire ; car je ne t’abandonnerai pas, avant d’avoir accompli ce que je te dis.
      16 Jacob s’éveilla de son sommeil et dit : Certainement, l’Éternel est présent dans cet endroit, et moi, je ne le savais pas !
      17 Il eut de la crainte et dit : Que cet endroit est redoutable ! Ce n’est rien moins que la maison de Dieu, c’est la porte des cieux !

      Exode 3

      1 Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian ; il mena le troupeau au-delà du désert et se rendit à la montagne de Dieu, à Horeb.
      6 Et il ajouta : C’est moi le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de diriger ses regards vers Dieu.

      Exode 12

      1 L’Éternel dit à Moïse et à Aaron dans le pays d’Égypte :
      2 Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois ; il sera pour vous le premier des mois de l’année.
      3 Parlez à toute la communauté d’Israël et dites : Le 10 de ce mois, on prendra un agneau pour chaque famille, un agneau par maison.
      4 Si la famille est trop peu nombreuse pour un agneau, on le prendra avec son voisin le plus proche de la maison, selon le nombre des personnes ; vous répartirez cet agneau d’après ce que chacun peut manger.
      5 Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d’un an ; vous pourrez prendre un agneau ou un chevreau.
      6 Vous l’aurez en garde jusqu’au quatorzième jour de ce mois ; et toute l’assemblée de la communauté d’Israël l’immolera entre les deux soirs.
      7 On prendra de son sang et l’on en mettra sur les deux poteaux et sur le linteau (de la porte) des maisons où on le mangera.
      8 Cette même nuit, on en mangera la chair, on la mangera rôtie au feu avec des pains sans levain et des herbes amères.
      9 Vous ne le mangerez pas à demi cuit, ni bouilli dans l’eau ; mais il sera rôti au feu, la tête avec les pattes et les entrailles.
      10 Vous n’en laisserez rien jusqu’au matin ; et, s’il en reste quelque chose le matin, vous le brûlerez au feu.
      11 Voici comment vous le mangerez : une ceinture à vos reins, vos sandales aux pieds et votre bâton à la main ; et vous le mangerez à la hâte. C’est la Pâque de l’Éternel.
      12 Cette nuit-là, je parcourrai le pays d’Égypte et je frapperai tous les premiers-nés du pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail, et j’exercerai des jugements contre tous les dieux de l’Égypte. Je suis l’Éternel.
      13 Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez ; je verrai le sang, je passerai au-dessus de vous, et il n’y aura pas sur vous de fléau destructeur, quand je frapperai le pays d’Égypte.
      14 Ce jour sera pour vous un souvenir, et vous le célébrerez comme une prescription perpétuelle dans chaque génération.
      15 Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain. Dès le premier jour, vous supprimerez le levain de vos maisons ; car toute personne qui mangera du pain levé, du premier jour au septième jour, sera retranchée d’Israël.
      16 Le premier jour, vous aurez une sainte convocation ; et le septième jour, vous aurez une sainte convocation. On ne fera aucun ouvrage ces jours-là ; vous pourrez seulement préparer la nourriture de chaque personne.
      17 Vous observerez (la fête) des pains sans levain, car c’est en ce jour précis que j’aurai fait sortir vos troupes du pays d’Égypte ; vous observerez ce jour comme une prescription perpétuelle pour toutes vos générations.
      18 Le premier (mois), le quatorzième jour du mois au soir, vous mangerez des pains sans levain jusqu’au soir du vingt et unième jour.
      19 Pendant sept jours, il ne se trouvera pas de levain dans vos maisons ; car toute personne qui mangera du pain levé sera retranchée de la communauté d’Israël, que ce soit dans le pays un immigrant ou un autochtone.
      20 Vous ne mangerez aucun pain levé ; dans tous les lieux où vous habiterez, vous mangerez des pains sans levain.
      21 Moïse appela tous les anciens d’Israël et leur dit : Allez prendre du petit bétail pour vos familles, et immolez la Pâque.
      22 Vous prendrez ensuite un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin, et vous toucherez le linteau et les deux poteaux (de la porte) avec le sang qui sera dans le bassin. Nul de vous ne sortira de sa maison jusqu’au matin.
      23 Quand l’Éternel traversera l’Égypte pour frapper et qu’il verra le sang sur le linteau et sur les deux poteaux, l’Éternel passera par-dessus la porte et ne laissera pas le destructeur entrer dans vos maisons pour (vous) frapper.
      24 Vous observerez cela comme une prescription pour vous et pour vos fils à perpétuité.
      25 Quand vous serez entrés dans le pays que l’Éternel vous donnera, selon sa parole, vous observerez ce rite.
      26 Et lorsque vos fils vous diront : Que signifie pour vous ce rite ?
      27 vous répondrez : C’est le sacrifice de la Pâque en l’honneur de l’Éternel, qui a passé par-dessus les maisons des Israélites en Égypte, lorsqu’il frappa les Égyptiens et qu’il préserva nos maisons. Le peuple s’inclina et se prosterna.
      28 Et les Israélites s’en allèrent ; ils firent exactement ce que l’Éternel avait ordonné à Moïse et Aaron.
      29 Au milieu de la nuit, l’Éternel frappa tout premier-né dans le pays d’Égypte, depuis le premier-né du Pharaon assis sur son trône, jusqu’au premier-né du captif dans sa prison, et jusqu’à tout premier-né du bétail.
      30 Le Pharaon se leva de nuit, lui, tous ses serviteurs et tous les Égyptiens ; et il y eut de grands cris en Égypte, car il n’y avait point de maison où il n’y eût un mort.
      31 Dans la nuit même, (le Pharaon) appela Moïse et Aaron et leur dit : Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, vous et les Israélites aussi. Allez, servez l’Éternel comme vous l’avez dit.
      32 Prenez aussi votre petit et votre gros bétail, comme vous l’avez dit ; allez, et bénissez-moi aussi.
      33 Les Égyptiens pressaient le peuple ; ils avaient hâte de le laisser partir du pays, car ils disaient : Nous périssons tous.
      34 Le peuple emporta sa pâte avant qu’elle soit levée. Leurs pétrins étaient enveloppés dans leurs vêtements, sur leurs épaules.
      35 Les Israélites firent ce que Moïse avait dit : ils demandèrent aux Égyptiens des objets d’argent, des objets d’or et des vêtements.
      36 L’Éternel fit en sorte que le peuple obtienne la faveur des Égyptiens, qui se rendirent à leur demande, et ils enlevèrent cela aux Égyptiens.

      Exode 13

      1 L’Éternel parla à Moïse et dit :
      10 Tu observeras cette prescription au temps fixé, d’année en année.

      Exode 29

      7 Tu prendras l’huile d’onction, tu en verseras sur sa tête et tu l’oindras.
      8 Tu présenteras ses fils et tu les revêtiras des tuniques.
      9 Tu ceindras Aaron et ses fils d’une écharpe, et tu leur attacheras des tiares. Le sacerdoce leur appartiendra par une prescription perpétuelle. Tu investiras donc Aaron et ses fils.
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